Notes de Prod. : Sin City

    en DVD le 07 Juin 2006

Présentation du film à Cannes le 18 mai 2005

Violence et Brouhaha…

Basé sur une bande dessinée de Franck Miller, Sin City était l'un des films les plus attendu du festival de Cannes 2005 pour son impressionnant casting (Bruce Willis, Mickey Rourke, Jessica Alba, Brittany Murphy, Clive Owen, Michael Madsen, Elijah Wood, Rosario Dawson, Benicio Del Toro…etc.) mais aussi et surtout à cause de ses fameux effets spéciaux qui s'annonçaient totalement expérimentaux et novateurs.
Et c'est vrai qu'à la vision du film, le spectateur est scotché par ce splendide noir et blanc extrêmement contrasté d'où émanent par moments des couleurs de robes, de draps en satin, de lèvres rouges, d'yeux verts ou de monstre jaune. De ce point de vue, Roberto Rodriguez réalise un sans faute. En effet, rarement un film n'avait aussi bien pu retranscrire sur un écran de cinéma toutes les audaces visuelles offertes par la bande dessinée. La scène où le personnage de Mickey Rourke saute en l'air et « défonce » littéralement des voitures en pleine vitesse, ou celle où Bruce Willis secoure une jeune fille aux prises d'un homme dangereux.

Cependant, en mettant l'accent sur le côté artistique du film, Rodriguez nous rappelle que contrairement à d'autres véritables créateurs d'univers, il n'est pas un esthète. Il est avant tout un cinéaste bricoleur et efficace, capable de faire des merveilles avec un budget dérisoire. Mais on cherche en vain à capter la poésie du film. Même si Rodriguez a bénéficié d'un gros budget, il semble vouloir continuer à mettre en avant son côté « Mac Gyver » du septième art dont les ficelles ne sont pas pardonnables dans un film de cette envergure.
De plus, Rodriguez, qui n'a jamais vraiment misé sur la subtilité, nous donne une vision assez misogyne (à la limite du mauvais goût) d'une ville corrompue par le vice : toutes les femmes sont des prostituées qui se font frapper ou violer par les méchants.

Quant au scénario, là où l'on était en droit de s'attendre à des rebondissements et des croisements de personnages (puisque le film est construit en plusieurs histoires), Rodriguez et Miller (malgré tout le bien que l'on peut penser d'eux) n'utilisent à aucun moment les possibilités narratives du cinéma. Assez décevant pour un film présenté en Compétition Officielle au festival de Cannes et qui s'annonçait comme étant le Pulp Fiction de la sf.

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Matthieu Perrin (Cannes, Le 18 mai 2005)

Visite Guidée de la ville du péché

SIN CITY est un chef d'œuvre de la bande dessinée contemporaine. Son auteur, Frank Miller et Robert Rodriguez font aujourd'hui surgir sur grand écran les aventures qui ont déjà fasciné des milliers de lecteurs. Sin City est une ville en noir et blanc, au propre comme au figuré. Dans cet univers de contrastes absolus, la couleur est rare et les oppositions puissantes. Cette cité imaginaire a été conçue comme un univers sans pitié aux pulsions et émotions brutes. Née en 1991 de l'imagination de Frank Miller, Sin City est devenu l'un des romans graphiques les plus plébiscités de sa génération. Avant de créer Sin City, il a été salué pour son travail sur Daredevil chez Marvel Comics et surtout Batman : The dark Night Returns.

Créer SIN CITY

« Pour rendre à l'image l'atmosphère sombre et pluvieuse de SIN CITY, il fallait absolument retranscrire ce qui est visuellement saisissant dans les livres. Il a fallu tourner devant des écrans verts parce que les images et la lumière des livres de Frank Miller sont impossibles de recréer dans la réalité» explique le réalisateur. Pour la plupart des acteurs, le travail avec un écran vert représentait une expérience nouvelle. Parfois même leurs partenaires dans une scène n'étaient là que de façon virtuelle. La première source d'inspiration restait les dessins de Frank Miller. Benicio Del Toro raconte : « Au début, c'était assez étrange de se trouver dans cet environnement où tout vient uniquement de votre imagination. Rien n'est vraiment là. Il a fallu apprendre à ignorer tout ce vert et à remplir tout ça avec les images que je voyais dans mon cerveau. Travailler ainsi s'est révélé passionnant. Robert et Franck sont des magiciens. » Bruce Willis rajoute : « Ca m'a rappelé quand je faisais Pulp Fiction, parce que jusqu'à la fin, je ne savais pas comment mon rôle allait interagir avec tout le reste. »

Quentin Tarantino à SIN CITY

Robert Rodriguez a invité son ami Quentin Tarantino sur le tournage de SIN CITY… et lui a proposé un dollar pour tourner une séquence complète dans l'histoire du Grand Carnage ! Rappellons-nous que Rodriguez avait composé la musique de Kill Bill (volume 2) pour le même prix ! Mais tous deux sont radicalement opposés sur la question de savoir si le cinéma a un avenir sur pellicule ou dans la vidéo numérique. Pour marquer un point, Robert Rodriguez a montré à Tarantino une sélection de ce qu'il avait tourné au tout début du projet SIN CITY.