Résolument iconoclaste
Créée par
Alan Ball, scénariste oscarisé d’
American Beauty,
Six feet under est diffusée depuis 2001 sur la très audacieuse chaîne du câble américain HBO. Non seulement cette série résolument politiquement incorrecte se déroule dans le cadre inhabituel d’une entreprise – familiale – de pompes funèbres, mais elle aborde sans détour la question de l’homosexualité. Mais au-delà de sa dimension anticonformiste, la série séduit par son sens de l’observation des relations humaines : c’est ainsi que le thème de l’engagement affectif revient régulièrement d’un épisode à l’autre ou que se pose la question de la paternité dans les couples homosexuels. Des sujets de société ancrés dans la réalité d’aujourd’hui, mais traités avec un humour ravageur…
Humour et humanisme
C’est sans doute le pari le plus audacieux relevé par la série : faire rire de la mort ! Sur un ton totalement décalé,
Six feet under multiplie les clins d’œil macabres : les personnages dialoguent avec le très regretté Nathaniel Fisher (génialissime
Richard Jenkins) et des spots publicitaires vantent des produits de maquillage pour les défunts… Et pourtant, à travers cet environnement lugubre, l’espoir parvient à filtrer. Car il s’agit bel et bien d’une série résolument humaniste. Comme le dit lui-même
Alan Ball :
« Je voulais que la série soit circulaire, comme peut l’être la vie. Six feet under s’est ouvert sur un décès et s’achève sur une naissance. Bien sûr, c’est l’inverse de la vie réelle. Mais qui connaît vraiment la différence entre la naissance et la mort ? »