Notes de Prod. : Skate or Die

    en DVD le 11 Décembre 2008

Mais pourquoi sont-ils si méchants ? Réponse de Passi et Philippe Bas

La toute première fois...
…en salaud intégral
Philippe Bas : C’est un rôle très premier degré qui s’incarne dans l’action et j’ai voulu lui apporter une intensité physique menaçante et ça se ressent (rires). Je respecte beaucoup Miguel, j’aime son style et son éclectisme. Là, c’était ludique : je n’ai pas eu à intellectualiser Lucas, juste à le rendre crédible. C’est un gars infréquentable, mais disons qu’il est cohérent dans sa folie.

… à l’écran
Passi : J’ai déjà joué dans de petites productions, mais avec Sébastien Fechner, on a souvent parlé cinéma et le film est arrivé au bon moment. Miguel est un passionné, un fou au sens artistique et c’est important d’avoir des fous dans la création. J’aime les films qui filent à toute allure, et avec un rôle de «bad cop», tu as la loi pour toi et le vice en toi, j’adore.

Le bon tempo d’un duo
Philippe Bas: Je connaissais le chanteur engagé et j’ai rencontré quelqu’un d’humble et de charismatique. Il a un beau physique qui imprime l’écran, et quand il a un fusil à pompe, ça ne rigole pas! On a trouvé le tempo facilement parce qu’on a été immédiatement plongé dans l’action. Et comme Passi court aussi vite que moi, on a souffert ensemble !
Passi : Philippe ne m’a jamais fait ressentir la différence d’expérience, alors qu’il pouvait se demander sur quel rappeur il allait tomber: un énervé, un mec qui se la pète, va savoir! Il se prend la tête pour entrer dans son rôle, et je le comprends: c’est comme en musique, il faut y croire, rentrer dedans, s’investir, sinon à quoi bon ?

La ripou attitude
Philippe Bas : Miguel savait ce qu’il ne voulait pas: faire de Lucas une caricature. On s’est mis d’accord sur une tenue assez sobre, un look avec des cheveux très courts qui lui donne une allure massive. J’avais déjà tiré avant, mais il y a des jours où j’ai sorti jusqu’à six cent cartouches, notamment quand ça mitraille dans le parking. Il faut avoir de la discipline pour éviter... les mauvaises surprises.
Passi : Le look de Sylla, c’est la veste pour le côté « Nous sommes la police, l’ordre et le sérieux » et le cuir marron, pour le côté gangster. J’ai pas mal observé l’attitude des flics en civil : avoir une arme, ça conditionne ta démarche, comme le fait de braquer quelqu’un guide la manière dont tu vas le regarder. Je me suis vraiment amusé comme un gamin !

Le choc des cultures cinéma / skate / rap
Philippe Bas : Je ne me suis jamais interrogé sur la légitimité de Passi. Au contraire, ça élargit le spectre des acteurs. Mickey et Idriss, je les ai vus arriver avec humilité et exécuter des figures délirantes, comme lorsqu’ils descendent une rue du Ve, façon Bullit : un des moments de grâce du tournage. J’ai fait du skate à 15 ans, c’est un sport sain où l’on apprend sur soi.
Passi : Il y a toujours eu des références aux films dans mon rap, parce qu’en grandissant, je suis devenu cinéphile. Quant à Mickey et Idriss, ce sont des combattants : ils se ramassent, se relèvent avec des cris de douleurs... et repartent ! Bosser, c’est le lien qui nous unit, rappeurs, acteurs ou skateurs. Avec un bon esprit de groupe, le mélange des cultures est une richesse.

LaCrème des «bad guys» au cinéma
Philippe Bas : Ce sont souvent les acteurs qui ont une gueule. Lee Van Cleef, il est terrible chez Sergio Leone. De Niro dans Les Incorruptibles, il a ce don de mimétisme, cette violence à fleur de peau : on y croit absolument.
Passi : Pacino et De Niro quand ils se mettent à péter les plombs, dans Scarface ou Les Incorruptibles, Nicholson en Joker, les dingues dans les films de mafia, les chefs de triade dans les polars asiatiques qui sont de beaux enfoirés (rires).

Notes de tournage...

le 25 juin 2007 - Anglade et Passi : duo underground dans Skate or Die

Skate Or Die réunira à l’écran Jean-Hugues Anglade (37°2 Le Matin) et le chanteur Passi dans un polar au cœur de la capitale. Il s’agit d’une première pour l’ancien chanteur du Ministère Amer, qui « recopie » son copain Stomy Bugsy (Gomez Vs Tavarès). Dès lors, point d’amertume…

Entretien avec Miguel Courtois

Comment aborde-t-on pour la première fois un film de genre, ciblé adolescent ?
J’ai déjà réalisé des films de genre, d’action notamment, mais jamais un film clairement associé aux jeunes et dont les héros sont des skateurs. Le scénario m’autorisait aussi à prendre toutes les libertés en terme de mise en scène. J’ai surtout choisi de faire Skate Or Die, à cause des quatre ans passés en Espagne avec trois films, dont un documentaire sur le terrorisme dans lequel je me suis beaucoup investi. Ça m’a ébranlé et lorsque Sébastien Fechner m’a proposé un «film pop corn», je l’ai pris comme un cadeau. Je n’ai pas de complexe vis-à-vis de ça et, en tant que spectateur, j’en suis friand. Certains trouveront qu’il n’a pas le même intérêt que d’autres films plus profonds, mais ce sont deux cinémas différents, pas ennemis.

Qui est Mickey Mahut ?

Age : 23 ans
Lieu de résidence : Fontainebleau
Signes particuliers : Quelques cicatrices et une petite marque de naissance au coin des lèvres (mais rien à voir avec le skate !)
Ma première planche : J’ai commencé avec celle de mon voisin. C’était dans la rue, et quand tu réussis les figures de base, tu n’as plus envie de t’arrêter. Tu découvres aussi les skateshops, LE point de rendez-vous des jeunes… En hiver, je casse une planche tous les trois mois, et en été, ça monte à trois par semaine.

Qui est Idriss Diop ?

Age : 22 ans
Lieu de résidence : Meudon
Signes particuliers : Des cicatrices et les chevilles qui ont souffert. Mai on verra quand on sera vieux !
Ma première planche : Il y a neuf ans, un copain m’en a donné une, déjà usée, jusqu’à ce que je puisse m’en acheter une. C’est vite devenu une passion, un moyen de déplacement aussi. Aujourd’hui, je pratique avec deux planches par mois.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 340 entrées
  • 1er jour IDF : 2 640 entrées
  • 1ère semaine IDF : 18 548 entrées

  • 1ère semaine France : 55 040 entrées