La Malchance ne frappe jamais au hasard
C'est en 1997 que
Jason Smilovic, le scénariste, imagina d'abord un personnage incroyablement malchanceux. Progressivement, son idée s'étoffa pour évoluer vers un thriller beaucoup plus retors qu'il l'avait lui-même supposé au départ, pour finir sur une histoire peuplée de personnages denses, forts, tous convaincus d'être les maîtres de la situation. Robert S. Kravis, l'un des producteurs du film, raconte : « Lorsque nous avons découvert le scénario, la remarquable écriture nous a tout de suite frappés. L'intrigue vous prend et ne vous lâche pas, et cette histoire vous emmène loin de ce à quoi vous pouvez vous attendre. Le mélange des genres, les fausses pistes, y compris dans le ton, offraient une alliance unique.»
C'est FilmEngine, une société de production réunissant de jeunes producteurs proches de
Josh Hartnett, qui prit en main le projet et décida de le proposer à Ascendant Pictures. Christopher Eberts, également producteur, confie : « Tout est allé très vite. Il était évident que l'histoire était excellente et que le potentiel de jeu du script était exceptionnel.» Le réalisateur écossais
Paul Mcguigan, qui avait développé une solide relation professionnelle avec
Josh Hartnett sur
Rencontre À Wicker Park, accepta rapidement de mettre le film en scène.
Paul Mc Guigan confie : « Tous les personnages ont un parcours très particulier. Leurs destins vont se croiser et donner lieu à des rencontres, des chocs de personnalités qui sont souvent de véritables duels. Tous les protagonistes dépendent les uns des autres, d'une manière assez étroite, mais l'histoire avance d'abord par ce qu'ils se disent ou se font deux à deux. Du coup, le spectateur a toujours un coup d'avance sur les personnages. En termes de mise en scène, cette structure offrait la promesse de face-à-face spectaculaires ».
Ceux qui tirent les coups de feu, ceux qui tirent les ficelles…
Tyler Mitchell, producteur, explique : «
Josh Hartnett était idéal pour le rôle de Slevin. Il a un tel charisme que l'on s'attache à son personnage aussi bien quand il est malchanceux que lorsqu'il réagit. La gamme de ce qu'il avait à jouer était incroyablement large et il devait pourtant rester cohérent par rapport à son personnage. Il est tout simplement brillant ».
Paul Mcguigan ajoute : «Tous les personnages ont quelque chose à cacher, tous possèdent leur part d'ombre et quelques cartes dans leur manche. On assiste à une partie dont on ignore le but mais où tous les coups sont permis. Slevin est au milieu et essaie juste de s'en sortir vivant ».
Jason Smilovic confie : «Pour le personnage du Rabbin, j'ai toujours imaginé Sir
Ben Kingsley. Il a cette classe, cette extrême intelligence et joue à merveille le côté potentiellement menaçant. J'ai eu la chance d'être sur le plateau le premier jour où il endossé le rôle et j'ai été fasciné par la façon qu'il avait d'incarner cet individu ».
Ben Kingsley commente : «C'est un scénario très malin, inventif, qui vous promène dans des sentiments et une intrigue où rien n'est prévisible. On se perd avec Slevin dans ce labyrinthe de motivations, d'enjeux, jusqu'à ce que tout s'éclaire. Le film devient alors jubilatoire. C'est une histoire qui vous oblige à réfléchir, à vous souvenir, à observer. J'adore les films qui ne prennent pas les spectateurs pour des imbéciles. Celui-là leur demande un peu d'attention, mais il leur donnera beaucoup en retour. Mon personnage est à l'image du film, un mélange iconoclaste, c'est un religieux et un gangster. L'alliance est assez étrange et il la justifie de manière imparable...».
Mettre en place le puzzle
Le tournage du film a débuté en janvier 2005 à Montréal, avant que l'équipe du film ne déménage pour une semaine de tournage en extérieurs à New York. Les prises de vues se sont achevées ensuite à Toronto. Les deux immeubles qui abritent face à face le Boss et le Rabbin ont été inspirés au scénariste par des bâtiments qu'il avait découverts à Abingdon Square à New York. Pour le film, ce sont en fait deux façades d'un seul immeuble qui ont été numériquement placées de chaque côté d'une rue. Le superviseur des effets spéciaux Eric Robertson a utilisé des trucages invisibles pour créer l'univers de ces deux ennemis. L'effet a été incrusté à diverses vues de la ville pour obtenir un paysage réaliste. Le chef décorateur
François Séguin s'est vu confier la lourde tâche de recréer l'univers des années 70. Les deux immenses appartements du Boss et du Rabbin ont été construits dans les mêmes décors. Pour limiter les coûts, c'est le cadre de vie du Boss qui a d'abord été aménagé, et toutes les scènes avec
Morgan Freeman ont été tournées.
Paul Mcguigan a ensuite filmé la rencontre entre les deux caïds et l'ensemble du plateau a été redécoré pour devenir l'appartement du Rabbin. Chaque décoration reflète le pouvoir et les goûts du maître des lieux.