Notes de Prod. : Soie

    en DVD le 09 Février 2010

Notes de production

Petite introduction

Adapté du best-seller planétaire d’Alessandro Baricco, SOIE est un drame romantique aussi rare et précieux que la matière autour de laquelle il a été tissé. Quête épique aventureuse et amoureuse, SOIE nous entraîne sur les pas d’un explorateur parti à la recherche d’un trésor et qui va, au cours de son périple, rencontrer autant de dangers que d’amour...

Le roman d’Alessandro Baricco, « Soie », fut publié en 1996 et traduit en 26 langues. La coproductrice Nadine Luque explique : « C’est un roman très court qui se lit en quelques heures. Il est fascinant de penser qu’une histoire si dense tienne dans un livre si mince, mais elle est écrite dans un langage épuré d’une grande poésie. La difficulté a été de transposer à l’image cette histoire racontée avec une si extraordinaire légèreté dans l’écriture. »

François Girard a dirigé l’adaptation de cette passionnante histoire d’amour. Ce réalisateur et metteur en scène de théâtre mondialement reconnu poursuit son ascension après « Thirty Two Short Films About Glenn Gould » (1993) et le film oscarisé Le Violon Rouge (1998), un drame traversant les siècles. Pour Soie, François Girard a rassemblé la plupart des membres de l’équipe de production qui ont contribué à rendre ses précédents films si uniques. On note la présence du directeur de la photographie Alain Dostie et du chef décorateur François Seguin. Tous deux ont reçu un Genie Award pour Le Violon Rouge.

Le producteur Niv Fichman contribue à apporter une homogénéité aux films de François Girard. Il explique : « Le tournage de Le Violon Rouge a été fabuleux car il nous a permis de voyager dans beaucoup de lieux extraordinaires et de vivre à travers ce magnifique objet, témoin de tant d’événements du passé. En un sens, Soie s’inscrit dans la continuité de ce film : il s’agit d’un explorateur, un voyageur qui observe et écoute le monde qui l’entoure. Il respecte son environnement sans tenter de le modifier ni de le dominer. Il veut juste le connaître et le comprendre ».

François Girard avait déjà travaillé sur l’univers d’Alessandro Baricco en mettant en scène une pièce de théâtre intitulée « Novecento : Pianiste », jouée au Canada et au festival d’Edimbourg en 2002. L’auteur-réalisateur explique à propos du film : « Le récit se déroule dans une période précise de l’Histoire mais il est au-delà du temps. Cette histoire raconte chacun de nous. Elle traite des relations entre les hommes et de leur complexité. Sous cet angle, je trouve qu’il s’agit d’une expérience cinématographique très riche. D’un côté, le film nous plonge dans l’intimité de l’histoire d’amour d’Hervé et Hélène et nous révèle l’obsession que le jeune homme nourrit à l’égard de la jeune Japonaise – l’histoire est globalement très secrète et intimiste – et d’un autre côté, il décrit l’épopée d’un long voyage entre la France et le Japon au milieu du XIXe siècle. »

Il trouva Baldabiou chez Verdun, au billard. Baldabiou jouait toujours seul, contre lui- même. Des parties bizarres. Le valide contre le manchot, il les appelait. Il faisait un coup normalement, et le coup suivant d’une seule main. Le jour où le manchot gagnera – disait-il –, je m’en irai de cette ville. — « Soie » d’Alessandro Baricco

Le tissage de soie

Le coscénariste Michael Golding raconte : « Je n’avais pas mesuré la difficulté d’adapter un roman aussi magnifique et poétique. Généralement, il s’agit de sélectionner les passages que vous allez supprimer, faute de quoi le film durerait entre 12 et 20 heures... Mais avec « Soie », c’est différent. Je perçois ce livre comme une collection d’impressions, une mosaïque extraordinaire faite de minuscules éléments qui s’additionnent pour donner naissance à une histoire d’un impact émotionnel extrêmement fort. » Si l’œuvre originelle d’Alessandro Baricco s’apparente à un poème en prose – un genre qui peut paraître au premier abord impossible à transposer sous une autre forme – elle n’en est pas moins riche en contrastes au fort potentiel cinématographique. Ainsi, dans Soie, l’Orient s’oppose à l’Occident, la fragilité des œufs des vers à soie tranche avec la puissante industrie textile, l’inexpérience de la jeunesse s’oppose au grand saut vers l’inconnu, et un voyage épique par-delà les pays et les mers contraste avec d’intimes révélations sentimentales. Michael Golding explique : « En aucun cas, je n’ai voulu trahir le roman. J’ai désiré le transformer – davantage que le transposer – en quelque chose qui fonctionne sur un média différent, et c’était là le plus difficile. Les films sont des histoires qui doivent posséder un fil conducteur solide. Alors comment raconter celle-ci ? Sur quoi devions-nous insister et que devait-on laisser au second plan ? J’ai pensé que l’un des éléments les plus importants était le personnage d’Hélène. Elle apparaît comme une ombre dans le livre bien qu’elle joue un rôle central. Et puis, son personnage est présent tout au long du récit. »

Autrefois, j’ai connu un type qui s’était fait construire un chemin de fer pour lui tout seul, dit-il. Et le plus beau, c’est qu’il l’avait fait tout droit, des centaines de kilomètres sans un seul virage. Il y avait une raison à ça, d’ailleurs, mais je l’ai oubliée. On oublie toujours les raisons. — « Soie » d’Alessandro Baricco

Le jardin d’Hélène

Le développement du personnage d’Hélène, l’épouse fidèle et aimante d’Hervé et son soutien constant, est l’une des grandes réussites de cette adaptation cinématographique. C’est Hélène qui détient la clé de l’histoire. Dans le roman, elle incarne une figure plutôt discrète et sombre. Sa matérialisation à l’écran a nécessité d’étoffer son personnage. Qu’elle soit interprétée par Keira Knightley assurait une présence intense même en quelques scènes. Keira Knightley est adorée du public depuis sa participation à la trilogie Pirates Des Caraïbes et sa nomination à l’Oscar pour son rôle dans l’adaptation du roman de Jane Austen Orgueil & Préjugés. Elle confie : « Je suis une grande admiratrice du livre. Un ami me l’a prêté il y a quelques années ; c’est typiquement le genre de livre qui passe de mains en mains et qui marque profondément. Dans le roman, Hélène est quasi transparente. Elle est souvent mentionnée, mais jamais détaillée. C’était donc intéressant d’essayer de développer son personnage. J’aime l’idée de jouer quelqu’un qui conserve le contrôle de ses émotions et n’exprime rien haut et fort. Je pense avoir joué pas mal de femmes exubérantes jusqu’ici et je souhaitais vraiment interpréter un personnage plus calme et plus intérieur. »

Afin de combler ce qu’Alessandro Baricco avait intentionnellement éludé, les scénaristes ont doté Hélène d’un métier et ont fait d’elle l’inspiratrice de l’une des plus grandes audaces visuelles du film : un jardin fleuri digne de Monet. François Girard observe : « Nous avons dû apporter certaines modifications au personnage d’Hélène. Nous lui avons attribué le jardin d’Hervé afin qu’elle possède son propre univers, et nous l’avons convertie en maîtresse d’école pour qu’elle continue à exister en son absence. Je dirais que notre plus grand défi dans l’écriture du scénario a consisté à chercher encore et encore à faire d’Hélène un personnage bien réel. » Nadine Luque déclare : « Hélène reste un personnage à l’écart de l’action principale. C’est elle cependant qui détient la clé du dénouement final, un ultime rebondissement qui va reteinter toute la vision du spectateur. » Keira Knightley ajoute : « Selon Michael et François, Hélène est le personnage le plus complexe. Je suis fasciné par ce qu’elle ne dit pas. Le plus beau et le plus tragique, c’est qu’on ne la connaît pas vraiment, jusqu’à ce qu’elle meure et qu’Hervé la comprenne enfin. » Le producteur Niv Fichman acquiesce et poursuit : « Nous nous sommes tous accordés sur un autre point : le fait qu’Hélène soutienne son mari en toute circonstance, alors même qu’elle le soupçonne d’adultère, ne nous semblait pas être la bonne attitude, du moins une attitude qui ne s’inscrit pas dans un film moderne. Nous avons donc travaillé à donner plus d’épaisseur au personnage d’Hélène et à le rendre plus complexe, plus profond et volontaire. »

Soie est une coproduction canado-italo-japonaise et sa nature internationale a attiré des acteurs de talent. Michael Pitt est un acteur connu du grand public pour sa participation à des films comme Last Days de Gus Van Sant, Innocents (the Dreamers) de Bernardo Bertolucci, Le Village de M. Night Shyamalan, Bully de Larry Clark et Hedwig And The Angry Inch de John Cameron Mitchell. François Girard déclare : « Avec Michael Pitt, nous avons eu le meilleur Hervé possible. Il avait la sensibilité idéale. À notre première rencontre, j’ai été stupéfait de voir à quel point il était proche du personnage : dans l’âge, le look, l’attitude... Michael n’est pas très bavard. Il prend son temps avant de répondre ou d’émettre une remarque, et c’est exactement comme cela que nous envisagions Hervé ». Michael Pitt note : « Hervé est un personnage qui apparaît principalement comme un observateur et ses plus belles répliques sont des réflexions en voix off. Le personnage est difficile à jouer car il n’est pas très expansif et parfois, ce n’est pas évident. C’est plus facile de brailler parce qu’au moins là, vous avez quelque chose à dire ! Lorsque vous devez exprimer les choses sans prononcer un mot, faire passer toutes les nuances n’est pas du tout évident. »

Alfred Molina tient le rôle clé de Baldabiou, un entrepreneur cherchant à ramener la prospérité dans la ville en relançant des usines fermées. L’acteur est familier des films d’art et d’essai, des blockbusters estivaux et du théâtre (Faussaire, Frida, Le Chocolat, Da Vinci Code, Spider-man 2 et la récente reprise de Broadway « Un violon sur le toit »). Alfred Molina explique : « Baldabiou est un homme qui semble venir de nulle part. Il débarque, comme ça, et c’est tout... Il est un peu manipulateur. Il ne montre ni respect ni déférence envers l’autorité, contrairement à la plupart des gens. Il est le détonateur de l’aventure qu’Hervé va traverser. » Nadine Luque commente : « Alfred est un magicien. Son personnage est très particulier et personne d’autre au monde n’aurait pu le jouer ainsi. Alfred est merveilleux. »

L’interprète d’Hara Jubei, Koji Yakusho, compte parmi les plus célèbres et les plus charismatiques acteurs japonais. Il est sollicité par les plus grands réalisateurs de son pays, il a été nominé neuf fois et a remporté deux Oscars japonais. Koji Yakusho est sans doute mieux connu du grand public occidental pour ses prestations dans la version originale de Shall We Dance ? La Nouvelle Vie De Monsieur Clark, dans Mémoires D'Une Geisha et plus récemment dans Babel d’Alejandro González Iñárritu.

Le coscénariste Michael Golding observe : « Koji est un superbe acteur. Il a énormément apporté au rôle. Il crève littéralement l’écran et dégage beaucoup de présence et de profondeur. » Pour le rôle capital de la mystérieuse et fascinante jeune fille, François Girard a découvert au Japon, parmi des centaines de candidates, une séduisante novice nommée Sei Ashina. Il raconte : « Je n’ai jamais auditionné autant d’acteurs ou d’actrices pour un rôle. Mais lorsque j’ai rencontré Sei, j’ai su que j’avais découvert quelque chose de rare : ce parfait équilibre entre une grande beauté et une vraie personnalité. La jeune fille devait être belle, mais pas seulement. Elle devait être envoûtante, et c’est une qualité que j’ai trouvée chez Sei ».

Le reste de son temps s’écoulait dans une liturgie d’habitudes qui réussissait à le défendre du malheur. Parfois, les jours de vent, Hervé Joncour descendait jusqu’au lac et passait des heures à le regarder, parce qu’il lui semblait voir, dessiné sur l’eau, le spectacle léger, et inexplicable, qu’avait été sa vie. — « Soie » d’Alessandro Baricco

À l’autre bout du monde

Des voyages en calèche, en train, à cheval, à pied, sur l’océan, la traversée des Alpes et des steppes ukrainiennes, des expéditions sur des bateaux de contrebande, des usines et des jardins à la française, et un village japonais entier du XIXe siècle reconstitué... Trouver des analogies cinématographiques à la prose aérienne d’Alessandro Baricco s’est révélé un défi majeur, et matérialiser les scènes en a constitué un autre. Pour donner naissance à la bourgade française de Lavilledieu et à son environnement, l’équipe de tournage a choisi plusieurs endroits en Italie, notamment Sermoneta, Ronciglione, Vicarello, Pigna, et Rome. Le chef décorateur François Seguin explique : « Nous avons trouvé un superbe village situé à une heure et demie de Rome, nommé Sermoneta et c’est ce qui nous a décidé à tourner en Italie. Sermoneta est un village de pierre traditionnel possédant une petite place qui rappelle la structure des villages français. »

Le village japonais « du bout du monde » a été intégralement construit au Japon. François Seguin confie : « Les décors européens me sont bien sûr plus familiers, j’en connais mieux l’architecture. La partie orientale du film m’a permis de goûter pour la première fois à la culture japonaise et j’ai eu la chance de côtoyer de grands collaborateurs. Ce village sans nom a été notre plus grand décor au Japon. Il est énorme. On dirait un Brigadoon japonais ». Construit près de la petite ville de Matsumoto dans la préfecture de Nagano et implanté sur l’époustouflant « Toit du Japon », le village d’Hara Jubei a été conçu par François Seguin et intégralement bâti par le directeur artistique japonais Fumio Ogawa moyennant l’intervention de soixante ouvriers et artisans japonais. Des décors naturels extraordinaires ont été utilisés dans les montagnes, les forêts et près des sources chaudes volcaniques de Matsumoto. L’équipe a également tourné dans la ville de Sakata, située au bord de la mer du Japon, à l’embouchure du fleuve Mogami dans la préfecture de Yamagata. La construction de ce village a pris deux mois et il comprenait une douzaine de structures. François Seguin détaille : « Chaque bâtiment possédait des fenêtres, des portes coulissantes... Tout était vraiment fonctionnel. Évidemment, l’intérieur des habitations restait inachevé, mais les figurants pouvaient aller et venir partout dans le village, ouvrir les portes, rentrer chez eux, regarder par les fenêtres... C’était vraiment un superbe décor. »

Les costumes ont eux aussi été très soignés. Ils établissent un lien délicat entre les cultures et les continents, à l’image du titre du film. Le chef costumier Carlo Poggioli précise : « Pas une scène du film ne montre en même temps un millier de figurants. Pourtant, au total, nous avons utilisé quelque chose comme 2000 costumes. »

Soie est une épopée intimiste au style visuel possédant l’élégance d’une toile de maître. C’est aussi un témoignage du passé aux allures de conte (le film entier est un flashback raconté par Hervé) ; une histoire qui insiste sur les liens entre la lenteur et la mémoire. Keira Knightley confie : « Je n’avais jamais travaillé avec un réalisateur qui me dise : « Doucement, prends ton temps pour jouer cette scène... ». Normalement, c’est « Accélère, laisse tomber cette pause, vite, vite, allez, on fait une autre prise ! ». Mais François est très axé sur la gestuelle et la lenteur. Je trouve cela merveilleux. » Carlo Poggioli commente : « La façon de filmer de François est très proche de la façon d’écrire d’Alessandro Baricco. » Alfred Molina poursuit : « Il s’intéresse à la beauté, à la vulnérabilité des choses. »
Avec ce film, François Girard et son équipe ont créé une œuvre chatoyante et structurée, à l’image de son titre et de la prose dont elle s’inspire. Michael Pitt intervient : « Ce titre convient parfaitement au roman comme au film. Les deux ont quelque chose d’onirique et ils se complètent parfaitement. » Michael Golding conclut : « Je pense que nous avons besoin de plus de beauté au cinéma. Notre monde s’endurcit. La vie est rude et ces dernières années, nous avons vu des images très dures. Je ne veux rien nier et je veux être conscient des choses. Cependant, en tant que cinéphile, j’ai besoin de beauté. Je ne veux pas d’une beauté superficielle. Il ne faut pas que ce soit joli juste pour être joli... Mais lorsque vous tenez une histoire intense et que vous la sublimez par de magnifiques images, je pense que cela apporte un bonheur essentiel dont le monde entier a besoin. François est un maître dans ce domaine. Le simple fait de regarder ses plans, la composition de ses images, est déjà palpitant. »

Les passages en italique sont extraits de « Soie » d’Alessandro Baricco, Traduit de l’italien par Françoise Brun (éditions Folio Gallimard) © Éditions Albin Michel, 1997 pour la traduction française

Notes de tournage...

Le 21 Décembre 2005 - Keira Knightley et Michael Pitt confirmés dans Silk

Keira Knightley (Domino) incarnera Hélène dans l'adaptation cinématographique du roman Soie écrit par l'Italien Alessandro Baricco.
Michael Pitt (Last Days de Gus Van Sant) sera l'acteur vedette du film et jouera le rôle d'Hervé Joncour. En effet, l'histoire suit Hervé Joncour, jeune français marié et contrebandier de ver à soie, au 19ème siècle, qui voyage au Japon pour récupérer sa cargaison clandestine. Arrivé en Asie, il repère une magnifique femme européenne, la concubine d'un baron local, qui devient son obsession. Sans parler la même langue, ils communiquent par lettres jusqu'à ce que la guerre éclate. Leur amour résiste tout de même, bien qu'Hélène, la femme d'Hervé commence à avoir des soupçons…
Le tournage du film devrait débuter au printemps, sous la direction du Canadien François Girard (Le Violon Rouge).
L'actrice britannique Keira Knightley aime les films d'époque. Nous la retrouverons l'été prochain dans le deuxième opus de Pirates des Caraïbes aux côtés des séduisants Johnny Depp et Orlando Bloom, et dès le 18 janvier 2006, dans les salles, dans la comédie dramatique Orgueil et Préjugés de Jeffrey Wright.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 188 entrées
  • 1er jour IDF : 1 230 entrées
  • 1ère semaine IDF : 7 855 entrées
  • Cumul IDF : 11 246 entrées

  • 1ère semaine France : 13 730 entrées
  • Cumul France : 18 380 entrées