Notes de Prod. : Soul power

    en DVD le 02 Décembre 2009

Le Festival

Durant l’automne 1974, les plus grands noms de la soul et du r&b américain se sont retrouvés aux côtés des stars de la musique africaine sur une scène gigantesque montée à Kinshasa, au Zaïre, pour trois soirs de concerts totalisant douze heures de show.

Ce festival musical fut conçu et organisé par Hugh Masekela, fameux musicien sud-africain, et par le producteur Stewart Levine, et se concrétisa lorsque le promoteur de boxe Don King eut l’idée de combiner l’événement live avec le match qu’il comptait organiser entre Mohamed Ali et George Foreman, une baston épique connue sous le nom de « Rumble In The Jungle ». Ce combat de titans a été montré dans le documentaire réalisé en 1996 par Leon Gast, When We Were Kings, qui gagna un Oscar.

Rarement poignées de secondes auront été aussi cruciales dans l’histoire de notre société faite d’images symboles que celles qui virent Muhammad Ali mettre au tapis George Foreman une nuit d’octobre 1974 dans l’ex-Congo belge devenu Zaïre sous la pression du colonel Joseph Mobutu. Cet instant hors du temps qui mène à la chute de Terminator Foreman, ce n’est pas un coup de poing balancé par un boxeur qui sait danser, c’est le triomphe d’une utopie panafricaine, le début et la fin d’un rêve confus de retour à la terre mère, d’une fierté retrouvée.

Pourtant, Soul Power ne s’attarde guère sur ce combat historique, mais plutôt sur l’événement musical qui le précéda : le concert gigantesque donné dans le stade de Kinshasa avec une affiche de rêve mélangeant la musique noire américaine et africaine. Soul Power, c’est le côté caché de cet événement sportif qui remit Ali au cœur du monde de la boxe : en 93 minutes, Jeffrey Levy-hinte nous replonge au cœur de l’ouragan, dans les préparatifs et la magie de ces concerts chargés d’énergie, de funk, de soul et de furie. Car Soul Power est bien plus qu’un remake de When We Were Kings : là où le documentaire de Leon Gast s’attardait avant tout sur le match Ali/Foreman, accordant une importance dérisoire aux artistes, celui de Jeffrey Levy-hinte se consacre presque exclusivement à la musique. Et quelle musique ! Zaïre 74, nom de code de ces trois shows donnés à Kinshasa plusieurs semaines avant le match (qui devait avoir lieu juste après les shows mais fut reporté pour cause de blessure de George Foreman), c’est la réunion sur une même scène d’artistes au sommet de leur art.

On y voit James Brown, au meilleur de sa forme, moins d’un an après la sortie de The Payback, son album le plus crucial, moustachu, vêtu d’un extravagant costume arborant sur sa ceinture GFOS, les initiales de son titre God Father Of Soul, avec un collier siglé JB et un art du maniement de micro inégalé. On croise aussi les Crusaders, auteurs du classique « Street Life » tant repris et samplé, seul groupe multiracial de la programmation qui déroule son funk teinté de jazz. B. B. King, bluesman aux doigts diamantés (au propre comme au figuré), vient exécuter « Lucille », un standard qu’il agrémente d’un solo de guitare déchirant. Miriam Makeba, coiffée d’une crête de fins dreads, représente la musique de l’Afrique du Sud, en plein apartheid quand a lieu le festival.

Le mot du réalisateur

« En 1995, j’ai été engagé pour travailler comme monteur sur le documentaire When We Were Kings, qui traitait du fameux « Rumble in The Jungle », le combat titanesque entre Mohamed Ali et George Foreman, qui s’était déroulé au Zaïre durant l’automne 1974. Tandis qu’on était en train de finir le montage, j’étais obsédé par l’idée que toutes ces images d’une richesse incroyable qui n’avaient pas été utilisées dans le montage final allaient retourner dans les caves du studio.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 79 entrées
  • 1er jour IDF : 511 entrées
  • 1ère semaine IDF : 3 644 entrées
  • Cumul IDF : 4 903 entrées

  • 1er jour France : 618 entrées
  • 1ère semaine France : 4 494 entrées
  • Cumul France : 6 703 entrées