Le réalisateur
Sam Raimi raconte : « Le public attend toujours quelque chose de nouveau. Lorsqu’il s’agit d’effets visuels, cela signifie que vous devez soit utiliser la technologie existante et trouver de nouvelles façons de l’appliquer, soit que vous devez développer une nouvelle technologie pour faire quelque chose qui était impossible auparavant. Pour
Spider-Man 3, nous avons dû développer de nouveaux outils permettant de réaliser les effets visuels du film. »
Il a fallu deux ans de travail au superviseur des effets visuels
Scott Stokdyk et à son équipe pour développer les technologies nécessaires qui allaient faire de
Spider-Man 3 le film le plus époustouflant visuellement de la série. Le producteur
Grant Curtis se souvient : « Quand nous avons commencé la phase de préproduction, il n’existait pas encore de programmes suffisamment puissants pour créer l’
Homme-Sable tel que le voulait
Sam Raimi.
Scott Stokdyk et son équipe ont donc dû développer une nouvelle technologie pour manipuler tous les grains de sable du personnage. La technologie existante permettait de manipuler des milliers de particules en même temps, mais pour animer l’Homme-Sable, nous avions besoin de générer des milliards de particules. Au final, une équipe de programmeurs dirigée par
Douglas Bloom, Jonathan Cohen et
Chris Allen a créé le logiciel qui a donné aux animateurs les outils pour faire leur travail. »
Le producteur
Avi Arad précise : « Avant que les animateurs puissent faire quoi que ce soit, il a fallu qu’ils étudient la façon dont se comporte le sable. Ce n’est qu’après qu’ils ont pu travailler sur les équations mathématiques utilisées pour manipuler le sable à l’écran. »
Scott Stokdyk raconte : « Dès le départ, nous avons su que l’animation de l’Homme-Sable allait demander beaucoup d’efforts de la part de toute l’équipe.
Sam Raimi voulait que le sable ait l’air d’être contrôlé naturellement et non pas comme par magie. Il devait s’écouler de façon très réaliste, mais aussi s’envoler et prendre la forme d’un être humain.
« Nous avons commencé par observer comment le sable se déplace au naturel. Avec
Sam Raimi et
Bill Pope, le directeur de la photographie, nous avons filmé sur des fonds noirs et bleus tous les mouvements de sable nécessaires pour le film – écoulement, projection, éparpillement… – afin de pouvoir les décomposer et mieux les comprendre.
John Frazier, le superviseur des effets spéciaux, a projeté du sable sur un cascadeur. Tout ce que nous pouvions penser que le sable ferait dans le film, nous l’avons filmé. La difficulté venait du fait que le sable se comporte tantôt comme un solide – on voit souvent des grains individuels voler – et tantôt comme un liquide. Chaque particule comptait – sur le plan technique, mais aussi sur le plan artistique, lorsqu’il s’agissait de combiner l’animation effets du sable volant dans l’air avec l’animation du personnage. »
Pendant que
Scott Stokdyk et les animateurs effets travaillaient sur la « mécanique du sable », le superviseur de l’animation
Spencer Cook commençait à concevoir le personnage de l’Homme-Sable. Il raconte : « C’est un personnage très intéressant parce qu’il demande une intégration totale entre l’animation de personnage et celle des effets. Le sable, les mouvements du sable sur le corps du personnage et la façon de bouger de l’Homme-Sable sont intimement liés. Il a fallu animer le personnage de façon réaliste en se basant sur l’interprétation de
Thomas Haden Church, tout en tenant compte des paquets de sable qui dégringolent de lui. »
Scott Stokdyk ajoute : « Si le public parvient à ressentir quelque chose pour cet énorme tas de sable, alors nous aurons atteint notre objectif ! »
L’animation de
Spider-Man a aussi été une étape clé pour
Spencer Cook. Il se souvient : « L’animation de Spider-Man avec son costume noir devait intégrer quelques changements pour refléter son côté plus agressif. Il bouge un peu plus vite, a les épaules plus voûtées, lève ses coudes plus haut quand il est collé à un mur. Nous lui avons donné des poses que Spider-Man ne prendrait pas en temps normal. Lorsque Spider-Man porte son costume rouge et bleu, ses mouvements sont pleins de grâce et d’élégance. Lorsqu’il a son costume noir, il devient plus brusque, brutal et méprisant. »
Scott Stokdyk raconte : « La création de
Venom passe par au moins trois stades différents. La première transformation se fait quand Eddie Brock est progressivement recouvert par la substance noire, jusqu’à ce que son visage disparaisse. Lorsqu’il est entièrement recouvert, la colère l’envahit et il devient un monstre, une bête. Les premières phases sont jouées par
Topher Grace. Mais à la fin du film, il devient un personnage entièrement créé en images de synthèse : c’est la véritable apparition de Venom tel qu’on le connaît dans les comics Marvel, avec son énorme bouche hérissée de dents acérées. La difficulté était de faire un personnage monstrueux, très vif et détaillé, mais qui n’ait pas un aspect délicat. Malgré tous les détails, il devait rester menaçant. »
En plus de s’être occupé de l’Homme-Sable, de Spider-Man en costume noir et de Venom,
Scott Stokdyk était très soucieux d’intégrer un maximum d’actions réelles dans les effets visuels. Il explique : « Un humain ne peut pas tout faire, c’est pour cela que certaines scènes sont réalisées avec des images de synthèse. Avec
Sam Raimi, nous voulions que les acteurs ou les cascadeurs fassent le plus de choses possible pour avoir à en synthétiser un minimum. Le but était de trouver un équilibre afin que l’image soit à la fois la plus vraie et la plus fascinante, la plus cinématographique possible. »
Un des exemples les plus frappants de cette volonté du réalisateur et de son responsable des effets visuels, est la scène où Peter Parker est attaqué par le nouveau Bouffon Vert, son ami Harry Osborn. Cette scène a été la première du film à être tournée. Elle commence là où s’est terminé l’épisode 2. Elle a été tournée sur le plateau 30 des Sony Pictures Studios de Culver City, en Californie – le dernier plateau utilisé pour le tournage de
Spider-man 2, pour le décor élaboré du quai, avec Doc Ock. Le dernier plateau du deuxième film est devenu le premier du troisième… Une ruelle a été construite par l’équipe des décorateurs et équipée par l’équipe de cascadeurs pour une bataille dans les airs.
Le producteur
Avi Arad raconte : « C’est
Sam Raimi qui a eu l’idée de faire combattre Peter sous son apparence ordinaire et non pas comme le ferait Spider-Man. C’est un moment terrible car on peut voir sur son visage à quel point ce combat le touche au plus profond de lui-même. »
Tobey Maguire et
James Franco ont réalisé eux-mêmes la plupart des cascades suspendus à des filins au-dessus de la scène. Le coordinateur des cascades
Scott Rogers raconte : «
Tobey Maguire est très adroit pour les cascades, il comprend très vite comment faire.
James Franco est aussi très doué, il a un style bien à lui. Ils sont tous les deux habitués aux exigences physiques que demande ce type de scène et sont vraiment excellents dans ce genre d’exercice. »
Scott Stokdyk conclut : « Je n’aurais jamais pu réaliser un tel travail sans l’aide de mon équipe de Sony Pictures Imageworks. Afin de réaliser les plus de 900 plans à effets du film, l’équipe a compté entre 200 et 250 personnes. Vous vivez et vous avancez grâce à votre équipe. Ils ont toujours été très réactifs. C’est un aspect important du travail avec
Sam Raimi, il faut être toujours disponible et prêt à relever tous les défis qu’il vous propose. »