Notes de Prod. : Stay

    en DVD le 24 Janvier 2007
Quelque part entre le désir et la peur, entre la réalité et l’illusion, existe un autre monde... STAY est un thriller qui nous emmène ailleurs, au cœur d’une histoire double, trouble, fascinante, qui plonge sous la surface des choses et précipite un homme dans les mystères de l’identité, des rêves et de l’existence…
STAY nous interpelle sur la perception, la conscience, le pardon et la rédemption. Ce qui se passe entre Sam et Henry ne se déroule plus dans notre monde, mais dans une dimension intermédiaire, quelque part entre la vie et la mort. Un endroit où personne ne peut séjourner longtemps…

UN UNIVERS ENTRE DEUX MONDES

Avec STAY, Marc Forster, réalisateur de A L’OMBRE DE LA HAINE et de NEVERLAND, crée un thriller réellement psychologique. Il fait naître un monde intensément symbolique et visuellement hypnotique, fait de rêves et d’illusions.
Dès les premières minutes du film, les événements prennent un cours délibérément irréel. Marc Forster explique : « Je voulais qu’il soit tout de suite évident pour le public que l’histoire ne se déroule pas dans la réalité. Les spectateurs savent dès le départ que les personnages principaux sont liés. Ils peuvent entamer ce voyage dans une réalité alternative imaginaire sans se sentir manipulés. »
Les personnages principaux sont deux hommes qui a priori, semblent avoir peu de choses en commun. Leurs destins sont pourtant inextricablement liés. Sam Foster est un psychiatre réputé, intelligent et doué, un homme réservé qui maîtrise ses émotions. Il traite habituellement des cas évidents, des patients névrotiques. L’une de ses plus belles réussites professionnelles reste à ses yeux sa compagne, Lila, une artiste fragile qu’il a sauvée d’une tentative de suicide.
Henry Letham est une âme torturée, un étudiant universitaire déprimé, fasciné par le côté romantique de la mort. Henry devient le patient de Sam par hasard, lorsque son thérapeute habituel tombe mystérieusement malade. Peu après leur rencontre, Henry choque Sam en révélant son intention de se suicider le samedi suivant à minuit. Sam se lance alors dans une quête obsédante pour garder le jeune homme en vie, quel qu’en soit le prix…
Le désir de mourir d’Henry affronte l’envie de Sam de le garder parmi les vivants, et les deux hommes se trouvent liés de plus en plus étroitement. Ce qui les rapproche dépasse leurs séances thérapeutiques. La vie de Sam est peu à peu envahie, puis dominée par l’attention qu’il porte à Henry. Les souvenirs du jeune homme, ses étranges hallucinations et son sens perturbé de la réalité deviennent aussi réels pour Sam que s’ils étaient les siens. Les identités des deux hommes se brouillent, se dissolvent l’une en l’autre, et il devient de plus en plus évident qu’ils sont pris dans un monde intermédiaire qui n’est ni la vie ni la mort, mais se trouve quelque part au-dessus du précipice qui les sépare…

LE SECRET DE LA PERCEPTION

L’histoire de STAY a existé d’abord sous forme de scénario écrit par David Benioff, romancier réputé à qui l’on doit « 24 heures avant la nuit », qui raconte la dernière nuit de liberté d’un New-Yorkais. Benioff a signé le scénario adapté de son livre pour le film réalisé par Spike Lee, LA 25e HEURE.
Marc Forster a été séduit non seulement par son côté thriller dans une réalité décalée, mais aussi par la possibilité de créer en totalité un univers onirique qui suive sa propre logique - tout en reflétant le monde familier des sentiments et des émotions que nous connaissons tous. Marc Forster a toujours été attiré par les histoires possédant une grande intensité dramatique et sachant explorer les territoires obscurs où se rencontrent la réalité, l’imagination et l’illusion.
Marc Forster confie : « J’ai toujours été inspiré par les rêves et fasciné par les réalités alternatives. Ce film aborde des choses qui m’intéressent au plus haut point, comme le fonctionnement interne de la perception et de l’identité. Ce sont des thèmes particulièrement d’actualité aujourd’hui, où nous sommes cernés de médias qui donnent chacun « leur » version de « la » réalité. Dans notre monde, la perception est devenue une part très importante de ce que nous sommes et de ce dont nous sommes conscients ou non. Cette idée était vraiment primordiale dans mon approche de l’histoire. »

Pour le réalisateur, le film offrait la chance d’aborder des questions provocatrices sur la façon dont chacun crée sa propre expérience de la vie et définit son sens de l’existence, à partir d’un collage non linéaire de souvenirs, de sentiments et de pensées. Par le biais du cinéma, il souhaitait lever le voile de la réalité quotidienne et révéler ces choses plus abstraites mais vitales qui sous-tendent tout. Pour lui, il s’agissait d’un vrai défi à sa créativité.
Il ajoute : « J’ai été attiré par la perspective d’expérimenter un processus de création complètement différent de ce à quoi je suis habitué. D’ordinaire, quand vous racontez une histoire au cinéma, qu’il s’agisse d’une fiction ou d’un film historique, vous pouvez toujours compter sur une explication rationnelle pour justifier la manière dont se déroule l’histoire et dont les personnages se conduisent. Avec STAY, cette logique rationnelle n’existe pas. C’est tout le contraire : toute l’histoire, tout ce qui se passe dans ce film est une illusion. En tant que cinéaste, il m’était impossible de m’appuyer sur un mode de pensée linéaire évident. Il a fallu que je m’en remette presque uniquement à mon instinct. J’ai dû « sentir » le chemin à suivre dans cette histoire, faire confiance à mes sens plus qu’à mon esprit logique. C’était vraiment passionnant ! Il faut envisager ce film comme une fenêtre : il faut voir à travers les images plutôt que les regarder simplement. Parce que cette histoire est un rêve, elle ouvre la voie à toutes sortes d’interprétations. La seule chose que j’ai pu contrôler en tant que réalisateur, ce sont les indices visuels. Le reste est entre les mains des spectateurs… Même le titre original du film, STAY, a plusieurs sens et on l’associe à plusieurs métaphores. Pour moi, c’est un mot qui exprime un besoin. Personne ne veut voir un proche le quitter, personne n’a envie de s’éloigner de ceux qu’il aime. C’est cette dépendance qui relie tous les personnages de STAY, à la fois en surface et à l’intérieur de cette réalité alternative dont ils font tous partie. »

Bill Carraro, producteur exécutif, précise : « Ce film n’a rien d’ordinaire, il n’est ni linéaire ni explicite. Il est joué par des acteurs de premier ordre et tourné dans des endroits superbes de New York, mais il a d’abord été conçu pour emmener les gens dans un autre lieu, pour les faire entrer dans une réalité alternative et leur faire vivre une expérience originale. C’est le genre de film dont on discute encore longtemps après l’avoir vu ! »

VISUALISER LE REVE ET LA PSYCHOLOGIE

Plus l’étrange histoire de STAY progresse, plus l’expérience devient visuelle. Un labyrinthe de couleurs, formes, textures et images étourdissantes, renforce le sentiment que ce qui se déroule sur l’écran n’est pas la réalité. Des portes vertes, des escaliers en spirale, des eaux bouillonnantes, des jumeaux surréalistes… Les images suivent tantôt un rythme saccadé et haché, tantôt plus fluide, comme dans un rêve. Certains éléments se répètent étrangement, non seulement dans l’histoire, mais dans les personnages secondaires, les costumes, les accessoires… L’effet cumulatif est destiné à provoquer un sentiment à la fois familier et bizarre, qui amène les spectateurs à s’interroger sur leur propre perception de la réalité.
A travers le style visuel, Marc Forster désirait conduire le spectateur à ressentir le film, plus qu’à le voir. Pour concrétiser sa vision, il s’est entouré de collaborateurs particulièrement créatifs, dont beaucoup avaient déjà travaillé avec lui sur A L’OMBRE DE LA HAINE et NEVERLAND : le directeur de la photo Roberto Schaefer, le chef costumier Frank Fleming, le chef monteur Matt Chessé, le concepteur des effets visuels Kevin Tod Haug et le producteur Eric Kopeloff.
Lors de ses recherches, Marc Forster est remonté jusqu’aux thrillers paranoïaques des années 60 et 70, avec leurs tonalités dures et perturbantes, et a aussi revu des films comme PETULIA de Richard Lester, pour son utilisation abstraite et psychédélique des couleurs et des flashbacks. Mais surtout, il a puisé son inspiration dans sa propre imagination…
Il a eu très tôt de longues discussions avec le directeur de la photo, Roberto Schaefer, à propos du langage visuel onirique du film et des plans visant à créer un sentiment de déséquilibre.
Roberto Schaefer se souvient : « Marc m’a expliqué que nous faisions quelque chose comme un film d’art et d’essai expérimental à l’intérieur d’un thriller. Nous avons parcouru ensemble tout le scénario, page par page, scène par scène, pour en extraire les thèmes visuels et savoir comment tel personnage interagissait avec tel autre, lequel empiétait sur l’autre… Nous avons planifié en amont tout ce que nous pouvions parce nous savions qu’il faudrait par la suite faire intervenir beaucoup d’effets visuels dans l’action. »
Roberto Schaefer s’est particulièrement penché sur la manière dont la couleur et la lumière pouvaient créer certains des effets psychiques les plus forts.
« Lors de la pré production, j’ai fait une sorte de tableau de projection des trajectoires émotionnelles du film fondé sur trois couleurs, le noir pour la paranoïa, le rouge pour la normalité, le vert pour les rêves. J’ai aussi établi les angles, la lumière et les filtres pour correspondre aux émotions que ressentent les personnages dans chaque scène. »
Le directeur de la photo a également travaillé avec le concepteur des effets visuels Kevin Tod Haug pour intégrer les effets, étranges ou réalistes, dans l’aspect visuel global sans que l’on puisse les détecter.
Kevin Tod Haug explique : « Le maître mot de Marc était « subtilité ». Certaines choses seront tellement subtiles que seuls de rares spectateurs pourront les remarquer… La plus grande partie de ce qui se passe dans le film se déroule au-delà du premier plan évident de l’action. »

Suivant lui aussi la même recherche de subtilité à l’intérieur du surréel, le chef costumier Frank Fleming a conçu des costumes qui relient les personnages entre eux de manière discrète.
Il explique : « Pour donner un exemple, la première fois que Sam et Henry communiquent, ils portent des vestes semblables. Le motif et la texture sont légèrement différents, mais la couleur est proche. Ils s’observent à travers un état de rêve, selon une perspective légèrement altérée. Ces glissements hors de la réalité ont été difficiles à mettre en place, mais ils offrent quelque chose de vraiment différent au public. »
Pour les costumes d’Ewan Mcgregor, Fleming a utilisé les vêtements d’un jeune créateur montant de New York, Thom Brown, qui détourne le classicisme des cardigans, costumes, vestes et autres éléments des tenues masculines. Cet esprit lui paraissait particulièrement adapté à une réalité alternative.
A travers les costumes, Frank Fleming voulait refléter la texture intangible des rêves. Un bon exemple est donné dans la scène où Sam et Henry marchent sur les passerelles du très contemporain Lerner Hall, à Columbia University. Dans le fond évolue une foule étrangement récurrente de jumeaux, triplés ou quadruplés, chaque groupe vêtu de façon similaire. La scène ajoute encore au sens de répétition et de déjà-vu perceptible tout au long de l’histoire.

LES PERSONNAGES

Cette histoire est celle de personnages dont les luttes émotionnelles sont palpables, réelles et bien reconnaissables. Pourtant, aucun d’eux n’est ce qu’il paraît. Comment faire naître des personnages qui sont humains, tout en étant aussi les pures inventions d’une imagination riche mais désespérée ? Pour Marc Forster, tout reposait sur la capacité des acteurs à jouer tout en nuances.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 47 129 entrées
  • Cumul IDF : 78 740 entrées

  • 1ère semaine France : 101 633 entrées
  • Cumul France : 160 830 entrées