Notes de Prod. : Stay

    en DVD le 24 Janvier 2007

LES PERSONNAGES

Cette histoire est celle de personnages dont les luttes émotionnelles sont palpables, réelles et bien reconnaissables. Pourtant, aucun d’eux n’est ce qu’il paraît. Comment faire naître des personnages qui sont humains, tout en étant aussi les pures inventions d’une imagination riche mais désespérée ? Pour Marc Forster, tout reposait sur la capacité des acteurs à jouer tout en nuances.
Une grande partie de l’action se déroule autour de Sam Foster, le psychiatre apparemment équilibré dont les convictions concrètes sont soudain remises en question de façon terrifiante. Plus il s’efforce de sauver un étrange patient qui prend des allures de prophète, plus ses certitudes se fissurent.
Pour incarner Sam, Marc Forster a choisi Ewan Mcgregor. Bien que l’acteur ait joué dans un grand nombre de films de genres très différents, jamais encore il n’avait rencontré un projet comme STAY.
Il confie : « Le scénario était remarquable, mais Marc Forster l’a porté à un niveau supérieur en créant cette expérience très complexe, un rêve qui devient réalité. C’est subtil, subliminal et étrangement effrayant… On commence dans le monde familier de New York, mais ensuite, un sentiment de non-réalité apparaît et vous emmène ailleurs. »
Ewan Mcgregor savait que, pour donner vie à son personnage dans les circonstances surréalistes qu’il traverse, il lui fallait s’appuyer sur les émotions les plus pures et les plus simples.
Il précise : « Je me suis concentré en particulier sur l’inversion des rôles entre Sam et Henry. Sam finit en quelque sorte par devenir le patient, et Henry devient presque le médecin. La vulnérabilité de Sam est révélée quand il commence à prendre conscience que son besoin désespéré d’aider les autres est aussi un besoin de s’aider lui-même à surmonter ses erreurs commises autrefois. Henry n’est pas le seul à chercher la rédemption. »
Marc Forster confie : « Ewan MacGregor prend des risques et se révèle complètement. Ewan joue Sam comme un homme pour qui la rationalité est tout. Ensuite, grâce à son interprétation, on commence à voir lentement, touche par touche, la détérioration de cet homme et de ses repères tandis qu’il devient peu à peu ce qui lui fait le plus peur : un homme en proie au délire. »
La vulnérabilité de Sam est particulièrement perceptible dans les scènes où il est face à Lila, la jeune femme autrefois déséquilibrée qu’il espère à présent épouser.
Ewan Mcgregor explique : « Naomi Watts et moi voulions que la relation entre ces deux êtres soit la plus authentique possible. Il y a un enjeu réel, et un amour profond les unit. »

Naomi Watts, qui joue Lila, citée à l’Oscar pour sa bouleversante interprétation dans 21 GRAMMES, et amie de longue date de Marc Forster, avait depuis longtemps envie de travailler avec lui.
Elle raconte : « Le scénario de STAY a été un choc. J’ai d’abord voulu faire ce film pour Marc, parce que tout ce qu’il fait plonge profondément dans le psychisme humain, mais aussi parce que le script m’a parlé instantanément. C’est un thriller intelligent, mais avec beaucoup de cœur. Par certains côtés, cela m’a rappelé MULHOLLAND DRIVE, avec le thème conscient/subconscient, et de la limite si fine entre la réalité et le rêve. J’ai aimé pouvoir explorer ces questions, savoir ce qui est réel pour nous, comment on en prend conscience et comment on apprend à prêter attention aux signes… Marc s’efforce de recréer le sentiment de déjà-vu à l’écran, et j’ai trouvé cela passionnant. Si vous faites bien attention, il y a des milliers de petites choses dans la conception de ce film, la manière dont les couleurs et les motifs se répètent et se répondent, tous ces petits détails dans l’image… La vision de Marc et sa préparation étaient vraiment impressionnantes. »
Lila affronte ses propres démons. Artiste douée et extrêmement sensible, c’est aussi une femme qui se remet d’une tentative de suicide qui a failli lui être fatale, ce qui la lie étroitement à la lutte de son compagnon pour sauver Henry Letham.
Naomi Watts explique : « Lila est un symbole de salut inattendu. Je la vois comme une sorte d’ange, quelqu’un qui a eu besoin d’être sauvé autrefois mais qui a maintenant une chance d’aider Sam à sauver Henry. »

Comme pour Sam, la réalité personnelle de Lila est de plus en plus remise en question, jusqu’à ce qu’elle aussi soit liée à la vision du monde d’Henry.
L’actrice remarque : « La grande difficulté dans l’interprétation de ce personnage a été de lui conserver sa réalité et sa crédibilité, sans tenir compte des événements extérieurs, sans se préoccuper de savoir si la scène était réelle ou non. C’était très difficile.»
Marc Forster observe : « Naomi Watts apporte quelque chose de lumineux à ce personnage qui joue un rôle essentiel pour ancrer l’histoire dans le réalisme. Lila, douloureusement consciente de la tragédie tout en gardant espoir, rassemble tous les personnages, et les soude au niveau le plus profond. »

Le catalyseur des actes de Sam et Lila tout au long de l’histoire est Henry Letham, l’étudiant dépressif qui admire Tristan Reveau, artiste romantique et tragique fictif, célèbre pour avoir annoncé son suicide en voyant cela comme une forme d’art. Il y a une énigme chez Henry : comment quelqu’un de si brillant, de si prometteur, qui semble tellement maîtriser son avenir, peut-il être autant attiré par la mort ?
C’est Ryan Gosling qui incarne Henry. Nommé à l’Independent Spirit Award du meilleur acteur pour DANNY BALINT, il a joué dans THE UNITED STATES OF LELAND et a été la vedette de N’OUBLIE JAMAIS. Il est la force sur laquelle repose le monde onirique du film, l’homme dont les sentiments, les pensées et les souvenirs façonnent littéralement la réalité. Son interprétation devait donc donner le ton. Marc Forster commente : « Tout le monde devait se baser sur lui, parce que c’est la perception d’Henry qui engendre tout. »
Ryan Gosling explique : « Henry est un personnage très intéressant à jouer parce que souvent, ce qui se passe dans sa tête finit par se réaliser vraiment. C’est assez inquiétant ! Lentement, les autres personnages, Sam, Lila et Leon, commencent eux aussi à adopter sa réalité. Tout ce film est comme une sorte de labyrinthe géant. Tout repose sur les personnages. Marc donne à ce film une chance de raconter une histoire vraie à l’intérieur d’événements fantastiques.
« Ce rôle impliquait aussi d’aller bien au-delà de ce que l’on joue dans un drame conventionnel. Il n’y avait pas de règle, pas de paramètres pour ces personnages, nous pouvions essayer absolument tout. Peaufiner la vérité d’un personnage était un processus intéressant, il y avait tant d’options à explorer ! »

Pour Ryan Gosling, une partie de la clé de son personnage consistait à s’assurer que ses pulsions autodestructrices sonneraient vrai quelle que soit la perspective selon laquelle on les considère.
L’acteur explique : « La vérité d’Henry est simple : il cherche quelqu’un qui puisse le sauver. Je crois qu’il voudrait vraiment que Sam l’aide mais qu’il sent peut-être qu’il est allé trop loin. Il déborde de culpabilité et de regret, il a perdu le contact avec ce qui est réel. Il espère trouver une raison de rester vivant mais ignore si ce sera possible. »

La quête d’Henry pour être sauvé est aussi ce qui le fait entrer en contact avec le psychiatre aveugle Leon. Bob Hoskins incarne ce personnage, qui peut être soit le mentor de Sam, soit le père décédé d’Henry revenu le hanter, selon la perception que l’on a de lui.
Comme les autres acteurs, Bob Hoskins a été séduit par l’idée qu’il y a beaucoup plus de choses dans STAY qu’à première vue.
« Ce film parle d’un état d’esprit, note-t-il. Quand vous lisez le scénario, vous vous rendez vite compte que ce que vous lisez n’est pas entièrement ce dont il est question. Quelque chose d’autre prend forme en dessous, et ce quelque chose sera passionnant pour le public. »
Bob Hoskins était conscient que la cécité de Leon fait partie de la structure symbolique du film, mais il voulait aussi en souligner le réalisme. Il a donc travaillé en étroite collaboration avec un conseiller aveugle sur le plateau et s’est entraîné à vivre en aveugle, en effectuant les gestes quotidiens les yeux bandés pour mieux appréhender ce que c’est d’évoluer sans voir.

Pour Marc Forster, l’une des séquences les plus émouvantes du film est celle où Leon retrouve la vue entre les mains d’Henry Letham :
« Cette scène est une métaphore, elle est impossible, bien sûr. Mais il s’est passé quelque chose de magique quand nous l’avons tournée, elle est devenue très réelle, chargée de beaucoup d’émotion. Cela tient sans doute à ce qu’elle plonge ses racines dans la relation père-fils, dans le fait qu’un enfant aimerait que ses parents le voient comme ce qu’il est et non comme ce qu’ils veulent qu’il soit. C’est aussi un moment où certaines illusions sont levées et où d’autres deviennent plus évidentes. C’est devenu un moment très particulier dans le film. »
Quelque part entre le désir et la peur, entre la réalité et l’illusion, existe un autre monde... STAY est un thriller qui nous emmène ailleurs, au cœur d’une histoire double, trouble, fascinante, qui plonge sous la surface des choses et précipite un homme dans les mystères de l’identité, des rêves et de l’existence…
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 47 129 entrées
  • Cumul IDF : 78 740 entrées

  • 1ère semaine France : 101 633 entrées
  • Cumul France : 160 830 entrées