Notes de Prod. : Sumô

    en DVD le 18 Août 2010

Sumô : répétitions et tournage

Erez : “Trois mois avant le tournage, Itzik Cohen, Dvir Benedek, Alon Dahan et Shmulik Cohen ont commencé leur entraînement sous la direction de l’instructeur de sumo israélien Eldad Ben Hurin.”

Eldad : “J’ai dit aux acteurs que je serais impitoyable, que je moquais pas mal s’ils souffraient et que je ne leur accorderais pas de pause.”

Alon Dahan : “Eldad nous traitait comme de vrais pros et, dès 9h du matin, il n’arrêtait pas de nous dire “Pourquoi vous n’êtes pas debout ?”, “Pourquoi vous n’êtes pas mince comme moi ?”, “Pourquoi vous n’êtes pas beaux comme moi ?””

Itzik : “La raison pour laquelle j’ai arrêté les cours de judo en CE2, c’est parce que le prof aimait faire sa démonstration sur moi : après tout, j’étais un peu enveloppé et la graisse, c’est élastique. Une fois qu’il avait fait sa démonstration sur moi, j’avais la moitié du cerveau paralysée. Du coup, j’ai dit que j’en avais assez.”

Sharon : “On voulait que les acteurs comprennent ce qu’on attendait d’eux et de leur interprétation. Leurs gestes étaient réglés de manière extrêmement précise et professionnelle.”

Erez : “Au départ, tout s’est bien passé, mais au fur et à mesure de l’entraînement, les choses sont devenues beaucoup plus compliquées parce que nos gars ne s’entraînaient pas vraiment. Et tout d’un coup, Eldad s’est mis à leur faire faire trois séances d’entraînement par semaine.”

Dvir : “On ne se rend compte que c’est douloureux que lorsqu’on s’y met vraiment.”

Erez : “Quand Dvir Benedek était plus jeune, il souhaitait devenir lutteur et, après s’y être frotté quelque temps, il s’est rendu compte qu’il n’était pas fait pour ça car c’est un sport qui fait trop souffrir. Aujourd’hui, il a bouclé la boucle grâce à ce film.”

Alon : “Ce qui m’a effrayé pendant le tournage, c’est que je donnais des coups et que je n’aime pas frapper me amis.”

Shmulik : “Ils me disaient que je les frappais trop fort.”

Itzik : “C’est Shmulik qui me faisait le plus peur. Hors caméra, il nous bottait les fesses avant qu’on tourne les scènes d’action.” Irit se souvient se souvient d’une scène difficile où les détenues lui lancent du brocoli au visage et se moquent d’elle. “C’était très pénible : il y avait 30 femmes qui me hurlaient dessus et qui me lançaient des kilos de brocoli,” explique-t-elle. “Cela fait mal à la fois physiquement et émotionnellement. C’est très fort et ça va vous emue. Je n’ai jamais été spécialement maigre, mais disons que je suis devenue très grosse il y a quelques années à cause d’une crise que j’ai traversée – une crise sentimentale.”

Erez : “Je me souviens qu’un jour Sharon a reçu un appel de la petite amie d’Alon Dahan qui lui criait qu’elle ne voulait pas qu’on demande à Alon de prendre du poids. “Il vient d’être opéré, il a mal, ne le faites pas grossir !” Rappelez-vous que le tournage s’est déroulé en décembre, au cœur de l’hiver : nous portions des manteaux et les acteurs couraient dans la forêt en mawashi, et ils étaient morts de froid ! On tournait et, entre les prises, ils couraient se réfugier dans la caravane pour se réchauffer.”

Sumô : une intrigue ancrée à Ramle

Sumô raconte l’histoire d’une bande de copains obèses de Ramlé qui décident d’arrêter le régime et de monter un cours de sumo grâce auquel ils arrivent à mieux s’accepter," explique Sharon. "On dit souvent qu’on peut quitter un quartier, mais qu’un quartier ne vous quitte pas... Du coup, quand j’écris, je reviens à Ramlé car c’est là que j’ai grandi. Je raconte des histoires que je connais et je parle de mon quartier et de l’odeur du marché...
Ramlé est ma principale source d’inspiration, quoi que j’écrive. La scène de compétition de sumo a été tournée dans le stade de mon ancien lycée.”

Sumô : un comédien difficile à convaincre

Erez Tadmor : Itzik Cohen est surtout un acteur de théâtre. Nous l’avons contacté parce que nous voulions qu’il interprète le rôle principal. Quand nous lui avons dit de quoi parlait le film, il a immédiatement refusé. Il ne souhaitait même pas en savoir plus. “Un film sur des obèses ? Je ne veux même pas en entendre parler !, a-t-il dit. »

Note d'intention du réalisateur de Sumô

Sumô est un film qui parle de l’acceptation de soi. Il raconte l’histoire d’une bande de copains obèses qui interrompent leur régime et montent un cours de sumo à Ramlé, en Israël. Grâce au sumo, ils arrivent à s’assumer tels qu’ils sont.
Trois mois avant le tournage, nous sommes allés au Japon pour en savoir plus sur la pratique du sumo à Tokyo et Nagoya. Sur place, nous avons rencontré des lutteurs de sumo dans des universités spécialisées et des écoles privées qui forment les futurs athlètes.

Les personnages de Sumô

Itzik Cohen : “Herzel, 35 ans, au chômage, vit avec sa mère à Ramlé. Il n’arrive pas à trouver de travail, il n’a pas de petite amie – c’est un type triste et solitaire. Il trouve un boulot dans un restaurant japonais où on ne se moque pas de son surpoids, contrairement aux gens qu’il côtoie dans son groupe de régime. Les employés du restaurant le considèrent comme un lutteur de sumo et il décide alors de mettre un terme à son régime, pour combattre la dictature de la minceur et monter une équipe de sumo à Ramlé.”