Véra Belmont a découvert Survivre avec les loups, le livre de Misha Defonseca, vers la fin des années 1990. L’histoire vraie de cette petite fille partant à la recherche de ses parents déportés l’a tout de suite touchée, lui rappelant ses propres moments d’enfant cachée pendant la Deuxième Guerre mondiale. “ Je suis juive, russo-polonaise d’origine, je suis née en France et j’ai toujours voulu faire un film sur l’Holocauste ”, précise la réalisatrice. “ Mais je ne trouvais pas le biais. Je me disais que si je racontais ce que tout le monde racontait déjà, ça ne serait pas intéressant. Mais parler de l’Holocauste à travers l’histoire de cette enfant,était pour moi le meilleur moyen. ”
Elle a alors acheté les droits du film et en a commencé l’adaptation. “ Le plus dur dans un film, contrairement à un roman, est de distordre le temps. Je ne peux pas raconter son histoire sur trois ans, je ne peux pas raconter tout son voyage puis son retour. Un film, c’est l’adaptation d’un moment et de certains événements. Et puis je voulais avant tout faire un film pour la famille, je voulais rester dans l’optique d’un conte tragique. J’ai donc choisi de garder les épisodes avec ses parents Reuven (
Benno Fürmann) et Gerusha (
Yael Abecassis), avec Ernest (
Guy Bedos) parce qu’il lui apprend tout, avec les Russes qui sont gentils avec elle, avec les enfants enfuis du ghetto... . J’ai choisi aussi des scènes qui suggèrent plus qu’elles ne montrent. Je ne sais pas filmer l’horreur. Il y en a peut-être qui savent le faire. Moi pas. ”