Notes de Prod. : Sympathy for Mr. Vengeance

    en DVD le 09 Juin 2004

Notes du Réalisateur

Sympathy for Mr. Vengeance est un film noir, sans concession. L’histoire vous happe et vous prend aux tripes. Il y a dans ce film plus de tragédies que dans tous les films sortis l’an dernier…
C’est le premier film coréen à ne laisser aucun répit à ceux qui le regardent. Il montre crûment la réalité d’une violence enfouie en chacun de nous et qui peut faire irruption si les circonstances la déclenchent. J’espère que le public va réagir, se poser des questions sur la façon dont une vie peut basculer hors de tout contrôle. Il faut peu de chose. Le film montre que paradoxalement, même la plus pure des intentions, en l’occurrence sauver un être cher, peut conduire au pire…

Passer à la réalisation fut pour moi le moyen d’exprimer ma révolte face aux injustices de ce monde. Je ne suis pas un fou furieux. Simplement, ma conscience me pousse et je fais passer une part de cette rage qu’on a tous au fond de nous à travers mes films. Rajouter des airs et donner des touches de finition "qui font cool", ça n’était pas mon truc. C’est pourquoi pour Sympathy for Mr. Vengeance, je me suis efforcé de faire réagir mes personnages comme le ferait n’importe qui dans la vraie vie. Ils ont peur, ils sont maladroits, ils ne réfléchissent pas toujours. Cette forme de réalisme naît de la perception des personnages qui considèrent le monde comme un désert stérile et la vie comme une malédiction contre laquelle on doit se battre tous les jours. Avec une telle approche, tout peut arriver, il n’y a plus rien à perdre. D’où l’ironie glaciale du titre. Il n’y a pas de logique, pas de finalité. Humour et violence, humour et tristesse, j’aime ce type de contraste.

Pourquoi un héros incapable de s’exprimer ou d’entendre ? Très sincèrement, lorsque j’ai écrit le scénario, le cinéma coréen n’allait pas très bien. Pour monter le film financièrement, il me fallait absolument une vedette. Or, les acteurs coréens étaient inaccessibles pour moi. J’ai alors pensé faire appel à une star de Hong Kong. Pour contourner le problème du langage, j’ai donc envisagé d’en faire un sourd muet. Evidemment, au fil de l’écriture, cette idée majeure en a entraîné d’autres, et ainsi de suite. J’ai finalement réussi à produire le film dans des situations confortables et j’ai pris un acteur coréen… Lorsqu’il m’a posé cette question, je lui ai répondu que dépourvu des outils de communication basiques, il était encore plus isolé de la société. La réponse a semblé lui convenir…