Entretien avec Etienne ChatillezD'où vous est venue l'idée du film ?
C'est une idée de Yolande Zauberman. Elle avait pensé à moi après avoir lu un article du "Courrier International" au sujet d'une femme, en Italie, qui avait voulu virer son fils, âgé de 31 ans, de chez elle. Elle avait fait changer les verrous. Il l'avait traînée en justice. Et elle avait été condamnée à le reprendre sous son toit. Généralement, ce sont les enfants qui veulent se débarrasser de leurs parents. Là, pour une fois, c'était l'inverse. Il m'est venu un petit sourire vicieux. Il y avait dans cette histoire quelque chose de sacrilège qui me plaisait infiniment : toucher aux enfants, c'est a priori inimaginable. Avec un mauvais fond comme le mien, je n'ai pas pu résister.Ensuite, j'ai trouvé intéressant d'imaginer des parents intelligents et libertaires, les plus éloignés possible de ceux qui pourraient maltraiter leurs enfants.
L'histoire de TANGUY repose sur un vrai phénomène de société. En outre l'article 203 du code civil concernant l'obligation des parents vis-à-vis de leurs enfants existe et la situation évoquée donne lieu à environ 900 procès par an.
Je n'ai pas voulu faire un portrait d'une génération qui reste tard chez ses parents. Evidemment ça existe et c'est amusant de se raccrocher à une réalité. Mais ce qui est valable pour Tanguy ne l'est que pour lui. Il s'agit d'un cas bien particulier. La réalité est autrement plus triste et sordide. Si les parents de Tanguy n'arrivent pas à le faire décoller du nid, ce n'est pas parce qu'ils ont raté son éducation, c'est tout simplement parce qu'ils ont affaire à un extra-terrestre. N'importe qui se serait cassé les dents à leur place. Tanguy est un personnage de ficton même si on peut se reconnaître ou reconnaître ses enfants à travers lui. Entretien avec Laurent ChouchanLes enfants qui vivent très tard chez leurs parents, c'est un sujet qui correspond à une réalité ?
Oui. Les études sont de plus en plus longues, il y a le chômage et tout un tas de raisons qui font que c'est un fait de société. Mais ce qui était amusant, c'était de présenter les personnages comme des gens épatants : beaux, riches, intelligents, tolérants et qui ont tellement bien réussi l'éducation de leur môme, qui est un fils admirable, qu'ils ne savent plus comment s'en dépétrer. |
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