Entretien avec Laurent Chouchan
Les enfants qui vivent très tard chez leurs parents, c'est un sujet qui correspond à une réalité ?
Oui. Les études sont de plus en plus longues, il y a le chômage et tout un tas de raisons qui font que c'est un fait de société. Mais ce qui était amusant, c'était de présenter les personnages comme des gens épatants : beaux, riches, intelligents, tolérants et qui ont tellement bien réussi l'éducation de leur môme, qui est un fils admirable, qu'ils ne savent plus comment s'en dépétrer.
Qui est Paul, le père ?
Paul est un ingénieur brillantissime dont la spécialité est de dessaler l'eau de mer et de retraiter les eaux usées. Il s'occupe en quelque sorte du "mieux-être" de la planète. Dans sa vie privée, il est très amoureux de sa femme, qui le lui rend bien. Il est chaleureux, subtil, et en même temps conscient qu'avoir encore son "grand garçon" à la maison n'est pas tout à fait normal. Il lui en a parlé cent fois, mais il pense que ça fait plaisir à sa femme, c'est quelqu'un qui sait vivre et ça ne lui gâche pas la vie.
Entretien avec Etienne Chatillez
D'où vous est venue l'idée du film ?
C'est une idée de Yolande Zauberman. Elle avait pensé à moi après avoir lu un article du "Courrier International" au sujet d'une femme, en Italie, qui avait voulu virer son fils, âgé de 31 ans, de chez elle. Elle avait fait changer les verrous. Il l'avait traînée en justice. Et elle avait été condamnée à le reprendre sous son toit. Généralement, ce sont les enfants qui veulent se débarrasser de leurs parents. Là, pour une fois, c'était l'inverse. Il m'est venu un petit sourire vicieux. Il y avait dans cette histoire quelque chose de sacrilège qui me plaisait infiniment : toucher aux enfants, c'est a priori inimaginable. Avec un mauvais fond comme le mien, je n'ai pas pu résister.Ensuite, j'ai trouvé intéressant d'imaginer des parents intelligents et libertaires, les plus éloignés possible de ceux qui pourraient maltraiter leurs enfants.