Notes de Prod. : État d'élue

Françoise Verchère, l’insurgée d'Etat d'élue

« Lorsqu’on présente un projet soutenu par des convictions, il faut savoir le défendre jusqu’au bout, quitte à ne pas être élu ! »

En un temps où le clientélisme semble de mise, ces mots sortis de la bouche d’une élue, Françoise Verchère, ont de quoi bousculer plus d’un baron de la politique. La vertu ne pourrait elle faire bon ménage avec une pratique de terrain ? Pour leur part, les électeurs semblent apprécier l’intégrité de cette femme politique.

Depuis 1993 Françoise Verchère est régulièrement élue dès le premier tour à la tête de la Mairie de bouguenais et du canton. Elle est actuellement Vice-Présidente du Conseil Général de Loire Atlantique, déléguée à l’environnement. née en décembre 1955, d’une mère institutrice et d’un père sidérurgiste en Lorraine, le hasard l’a conduite dans la région nantaise. Ancienne élève de normal sup, agrégée de lettres classiques, après sa première élection à la mairie elle a tenu à poursuivre sa tâche de professeur de français : « Être élu est un engagement, pas un métier. »
Lutter contre l’ordre établi, contre l’absurde et l’injuste, guideront son engagement. Critique, elle le sera y compris à l’intérieur de son propre parti et des pratiques politiciennes de tous bords : « Pour un bon nombre d’élus, l’intérêt personnel, l’ambition, passent avant les convictions. »

C’est sur son propre nom, en toute indépendance, qu’elle est élue Conseillère Générale en 2008. « Ce sera mon dernier mandat. Je le consacrerai principalement à l’environnement. » Appréciée pour son engagement et son honnêteté, elle séduit aussi par ses bons mots : « Les politiques ont souvent de l’esprit, mais très peu d’humour. L’humour est incompatible avec l’hypertrophie de l’ego. »
Derrière les mots d’esprit, l’élue Chargée de L’Environnement a aussi une rigueur intellectuelle et une éthique qui ne font pas sourire les notables qui se confrontent à elle. Lorsque technocrates et politiques oublient l’Environnement au nom de la Production, elle en appelle à l’opinion publique.

« Si on veut me faire avaler des choses  qui s’opposent à mes convictions, je démissionnerai de ma charge. Pour être libre il ne faut rien devoir »

Entretien avec Françoise Verchère et Luc Decaster, à propos d'Etat d'élue

Peut-on vous demander comment s’est déroulée votre rencontre et de quelle  manière elle a donné lieu à un film ?
Luc Decaster : Je connais Françoise depuis six ans. Elle est la femme de l’un de mes amis d’enfance. Lorsque j’accompagnais la sortie de mon film précédent « Rêve d’usine », je logeais parfois chez eux. État d’élue est d’ailleurs dédié à cet ami, Jean, malheureusement disparu. Ces amitiés se tiennent dans un cadre particulier : je viens d’un milieu communiste, Françoise était socialiste.