Notes de Prod. : Taxi Driver

    en DVD le 19 Septembre 2007

Notes sur le film

Au mois de décembre 1975, Scorsese venait de terminer Taxi Driver, projet qui s’avéra difficile à financer. Le scénario original etait de Paul Schrader qui avait rapidement acquis une excellente réputation de scénariste, après s’être fait un nom comme critique.
Conçu à l’origine pour le réalisateur George Mulligan, avec Jeff Bridges pour le rôle-titre, le script fut finalement acheté par les producteurs Michael et Julia Philips, qui, bien qu’ils aient gagné un oscar pour L’arnaque, réunirent difficilement la somme de 1,3 millions de dollars.

Commentaires de Martin Scorsese, extraits de SCORSESE PAR SCORSESE de David Thompson et Ian Christie aux éditions les Cahiers du cinéma en 1989

Presque tout dans TAXI DRIVER vient de ce que je pense que les films sont une sorte d’état onirique, comme quand on prend de la drogue. Le choc qu’on ressent en sortant de la selle dans la pleine lumière du jour peut devenir terrifiant. (…)
Le film dans son ensemble découle un peu des impressions qu’a ressenties un homme né à New York et qui y vit. Il y a un plan où la caméra a été montée sur le capot du taxi qui passe devant un enseigne où il y a écrit « fascination ». C’est tout le sens du film : être fasciné, cet ange exterminateur qui flotte à travers les rues d’une métropole qui représente à mes yeux toutes les grandes villes.(…)

Je n’ai jamais su qu’elles étaient les sources documentaires de Paul Schrader (le scénariste). Mais j’ai lu les mémoires écrits dans un souterrain de Dostoïevski quelques années avant et je voulais en faire un film ; et TAXI DRIVER est ce qui y ressemble le plus. De Niro, de son côté, pensait à une idée de scénario sur le thème de l’assassin politique et il m’en avait résumé l’intrigue. A l’époque, nous n’étions pas très proches, je n’avais travaillé avec lui que sur Mean Streets, mais en lisant le scénario, il m’a dit que c’était très proche de ce qu’il avait en tête et qu’il pouvait donc oublier son idée initiale.

Il faut bien comprendre que Travis a les meilleures intentions du monde ; il croit bien faire, comme Saint-Paul. Il veut donner un grand coup de balai dans l’existence, laver son esprit, purifier son âme. C’est un mystique mais au sens où Charles Bronson l’était, ce qui ne veut pas dire que c’est une vertu. La clé du film, c’est l’idée qu’il faut être assez courageux pour accepter ses propres sentiments et les transformer en actes. Instinctivement, j’ai montré que l’action n’était pas une fin en soi, et ça a créé un regard encore plus distancié sur ce qui se passe…