Téhéran sans autorisation est un portrait de la ville que j’ai quitté adolescente, mais à laquelle je reste très attachée malgré les années qui m’en séparent.
Téhéran véhicule beaucoup de paradoxes, dans un mélange de religion et laïcité, tradition et modernité, richesse et pauvreté, urbanisme high-tech et rétro… Le film est conçu comme un collage, pour faire en sorte que le spectateur puisse partager mes sensations au maximum à travers les images, comme s’il faisait une balade avec moi, qu’il découvrait
Téhéran à travers mes yeux…
Le défi était de passer inaperçue pour pouvoir filmer le plus librement possible. D’échapper à la surveillance omniprésente des autorités, mais aussi de réduire la distance qui sépare le filmeur de son sujet. Voilà pourquoi j’ai décidé de tourner le film avec un téléphone portable. En tournant le film au printemps 2008, je sentais en permanence un désir de liberté sous-jacent malgré la répression politique et la présence policière palpable dans la ville. En témoignent les flots de confidence que j’ai pu récolter. Les évènements qui ont bouleversé l’Iran depuis les élections fortement controversées du 12 juin 2009 confirment ce pressentiment.
Sepideh Farsi, réalisateur de
Téhéran sans autorisation