Du livre au film : Rencontre avec un producteur comblé, François KrausC’est en 1995 que François Kraus et Denis Pineau-valencienne ont créé Les films du kiosque en se lançant dans la production de différents courts-métrages qui aboutiront souvent, comme c’est aujourd’hui le cas pour Olivier De Plas, sur des premiers longs. En 2001, ils produisent ainsi Une affaire qui roule de Eric Véniard et Oui, mais… de Yves Lavandier. Suivront Une vie à t’attendre de Thierry Klifa en 2004, Le rôle de sa vie de François Favrat en 2004 et, plus récemment, Pardonnez-moi de Maïwenn le Besco. Cette année, ils ont suivi le développement de plusieurs films, L’ennemi intime de Florent-Emilio Siri, Deux vies plus une de Idit Cébula et Tel père, telle fille, projet qu’ils ont initié avec passion et énergie. Un coup de foudreTel père, telle fille, c’est, à l’origine, le coup de foudre de deux producteurs pour un livre, celui de Virginie Despentes, Teen Spirit, que François Kraus et Denis Pineau-valencienne, ont tous les deux littéralement dévoré : « Nous avons été emballés, non seulement par l’histoire, mais également par la qualité littéraire de ce roman et nous avons eu immédiatement la ferme conviction qu’il pouvait en ressortir un film.». Le ton de Virginie Despentes les touche, leur parle, il y a une évidence: « Je suis fou de cette femme, elle est brillante et pose un regard très perspicace sur le monde dans lequel nous vivons. Elle sait d’ailleurs saisir aussi bien les problématiques des femmes que celles des hommes. Ce qui est incroyable dans Teen Spirit, c’est qu’il est écrit à la première personne par une femme réussissant parfaitement à se mettre dans la peau d’un héros masculin, ce qui est très rare et les lectrices se retrouvent forcément, parallèlement, dans ce que traversent l’une ou l’autre des femmes qui entourent le héros. ». Une osmose immédiateIl fallait ensuite pouvoir concrétiser ce désir que plusieurs autres producteurs avaient eu avant eux, Teen Spirit étant déjà sorti depuis près de trois ans lorsqu’ils s’y intéressent. Le temps joue en leur faveur, puisqu’à l’époque de son lancement, Virginie Despentes, espérant pouvoir l’adapter elle-même, a refusé de céder les droits de son roman en dépit des insistantes sollicitations de certains grands noms du cinéma. Lorsque François Kraus et Denis Pineau-valencienne la contactent, ayant abandonné cette idée, elle accepte de les écouter. Un harmonieux cheminementPour seconder Olivier De Plas dans l’écriture du scénario, François Kraus et Denis Pineau-valencienne lui présente un scénariste qu’ils apprécient, Bernard Jeanjean, parallèlement réalisateur, qui apporte son talent à l’écriture de cette histoire: « Ils s’y sont mis ensemble et, tout en restant fidèle à la dramaturgie, au ton du roman, en se glissant avec une remarquable aisance dans l’écriture de l’auteur, ils sont parvenus à personnaliser cette histoire, à en imposer une nouvelle vision assez percutante. L'épanouissement d'un jeune cinéasteS’il envisage dans un premier temps d’obtenir un diplôme de Philosophie et d’Histoire de l’art, c’est une maîtrise de cinéma qu’il décroche. Son chemin croise ensuite très vite celui de François Kraus et de Denis Pineau-valencienne, qui lui donnent en 1997 l’occasion de réaliser son premier court-métrage, Une place au soleil. Ils poursuivent cette aventure commune avec trois autres courts, 1020 hectopascals en 1998, Gaïa en 1999 et Libre échange en 2004. Tel père, telle fille est son premier long-métrage, il s’y est investi avec fougue, le récit de Virginie Despentes coïncidant parfaitement avec son propre univers. Les comédiens face à leurs rôles. Entretiens croisésLe récit
Léa Drucker. C’était pour commencer un livre qui m’a beaucoup plu, étonné car il n’est pas dans la lignée de ce que Virginie Despentes avait l’habitude d’écrire. Elle a en général un style beaucoup plus âpre. J’ai toujours aimé les récits autour de la filiation. J’ai ensuite trouvé l’adaptation très réussie, très drôle. C’est une vraie comédie à l’Anglaise, à la fois pleine d’humour et touchante. Les rapports sont traités avec profondeur. Sincèrement, je ne pensais pas que le scénario me plairait autant que le bouquin et j’en ai été très surprise. |
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