Notes de Prod. : The American

    en DVD le 30 Mars 2011

Une autre Italie

Pour filmer cette histoire, Anton Corbijn a fait appel au directeur de la photographie Martin Ruhe, qui avait travaillé avec lui auparavant. Le réalisateur explique : «Nous aimons tous les deux la simplicité, nous évitons la plupart du temps les mouvements de caméra complexes. Martin a l’art de magnifier les choses ordinaires par sa façon de les éclairer.» Martin Ruhe précise : «Lorsque la décision a été prise de tourner Tha American en décors naturels, nous savions que nous devrions non pas tenter de dominer les décors, mais au contraire de les accueillir et de nous laisser inspirer par eux - particulièrement connaissant les changements rapides du temps dans cette région.» L’Aquila ayant été trop abîmée par le tremblement de terre, la production a choisi d’établir sa base de tournage à Sulmona. Ce bourg dynamique, dominé par les montagnes environnantes, est organisé autour d’une grande piazza centrale que longe un viaduc du XVIIe siècle. Sulmona est bien connue en Italie pour sa spécialité de confetti, les dragées traditionnelles faites d’amandes enrobées de sucre que l’on offre pour célébrer mariages, anniversaires ou communions.

Le maire et la population de Sulmona ont accueilli à bras ouverts l’équipe et les acteurs et ont offert leur coopération pleine et entière. On peut voir dans le film un grand nombre des habitants de la ville, qui jouent des passants dans les scènes où Jack s’aventure prudemment au-dehors. Si Sulmona a été le lieu de tournage principal, d’autres scènes ont été tournées dans les villages de Calascio, Anversa, Castelvecchio et Pacentro. Anton Corbijn explique : «Les dégâts causés par le tremblement de terre nous ont empêchés de tourner quoi que ce soit à L’Aquila. J’avais repéré des lieux où je souhaitais filmer en janvier 2009 mais nous n’avons finalement pas pu les utiliser.»

À partir du village où Jack s’installe temporairement, la production s’est dirigée, à Castel del Monte, un village perché à 1500 mètres dans les montagnes, si haut qu’il paraît souvent suspendu dans une mer de nuages qui roulent dans un mouvement perpétuel. À l’intérieur des fortifications, presque rien n’a changé depuis plusieurs décennies. La citadelle a d’abord été occupée par les romains, puis prise par les Goths. Au XVIe siècle, elle faisait partie du fief des Médicis, qui ont ordonné la construction de plusieurs des plus beaux bâtiments renaissance du village. Les Bourbons l’ont ensuite intégré à l’empire espagnol, et finalement, Castel del Monte a été rattaché à l’Italie au début du XIXe siècle. Anton Corbijn explique : «Castel del Monte accueille beaucoup plus de monde en été que pendant le reste de l’année. Quand l’automne arrive et qu’ensuite il fait si froid la nuit, beaucoup de maisons sont vides. C’est assez sinistre.

J’y ai vu un environnement superbe qui peut se révéler dangereux, et cela m’a rappelé les décors de Venise dans le film de Nicolas roeg Ne vous retournez pas.» La production s’est aventurée en terrain plus familier à la fin de la neuvième semaine de tournage pour tourner une des premières scènes de l’histoire dans laquelle Jack arrive à rome avant d’être envoyé dans les Abruzzes. Tourner à Termini, la gare centrale de la capitale italienne, et dans les rues adjacentes avec une star telle que George Clooney a posé quelques problèmes. une portion de quai a été mise à la disposition de l’équipe, mais il a fallu ruser et opérer furtivement pour obtenir les plans de Jack traversant la rue principale bondée.

Le tournage s’est achevé plusieurs semaines après les prises de vues en Italie, par cinq jours de travail à Ostersund, en Suède. Il fallait pouvoir saisir à l’image la beauté austère de ce pays en plein hiver, afin de contraster visuellement avec l’iconographie plus chaleureuse de l’Italie. Anton Corbijn note : «Nous avons tourné le début de l’histoire à la fin de notre planning de tournage. Les températures bien en dessous de zéro étaient pénibles, mais nous avons beaucoup aimé être en Suède, les paysages sont là aussi sublimes.» Anton Corbijn confie à propos de son acteur principal : «George est constamment sur le plateau, il ne passe pas son temps dans sa caravane... Les gens ne réalisent pas combien c’est extraordinaire d’avoir l’acteur principal à sa disposition, combien c’est précieux pour le planning de tournage du réalisateur.

George est formidable parce qu’il ne pense pas qu’à son seul rôle, mais aussi aux autres personnages, aux autres acteurs et au film comme un tout. Il a également un instinct exceptionnel pour la continuité, et quand nous bloquions sur quelque chose il avait tou- jours une solution à proposer. «C’est un acteur qui fait son métier avec énormément de sérieux sans se prendre lui-même au sérieux. Il aime faire rire les gens avec qui il travaille, et ses partenaires comme les techniciens appréciaient sa compagnie. Il prend beaucoup de plaisir à faire son métier. Il motive tout le monde. George sait aussi comment réagir face à l’attention que lui porte le public, avec tout son charme et beaucoup de grâce, et c’était vraiment très précieux quand nous tournions dans les petits villages.»

Notes de Tournage

19 Mai 2009 - George Clooney, gentleman assassin

Même si George Clooney ne se montre pas cette année à Cannes, les inconditionnels pourront se consoler avec deux de ses films. Deux projets avec l’acteur en tête d’affiche sont en effet en ce moment même présentés au marché du film de Cannes. Dans le premier, A very private gentleman, dont le tournage débutera cet automne en Italie, Clooney campe un assassin qui se cache dans une petite ville italienne au décor idyllique à l’aube de sa dernière « mission »...

Note de Production

The American est l’adaptation du roman de Martin Booth paru en 1990, «A Very Private Gentleman». Après le succès de son premier film, Control - sur la vie de Ian Curtis, leader du groupe de rock anglais mythique Joy Division - le réalisateur Anton Corbijn cherchait délibérément un projet très différent. Il raconte : «Je me suis mis à lire des scénarios de thrillers. Le thème de The American, un solitaire qui cherche la rédemption pour ses actes passés, m’a plu, tout comme la tension et l’histoire d’amour. Il y avait là le potentiel d’un film très intéressant avec une vraie profondeur.»

Une longue histoire

Anne Carey raconte : «J’ai lu le roman de Martin Booth, «A Very Private Gentleman», il y a un peu plus de dix ans, et j’ai tout de suite trouvé qu’il pourrait devenir un film divertissant centré sur un personnage principal complexe et passionnant. Les productrices Ann Wingate et Jill Green cherchaient à la même époque à en acheter les droits. Nous avons décidé, plutôt que d’être concurrentes, d’unir nos forces pour faire le film ensemble.» Ann Wingate raconte : «J’avais commencé à travailler sur l’adaptation au cinéma dès les années 90 avec BBC Films, mais ils avaient laissé tomber. Plus tard, Jill et moi avons travaillé ensemble et j’ai suggéré que nous pourrions reprendre le projet.

L'Italie au coeur

Pour Anton Corbijn, la question de savoir où tourner était primordiale. Le scénario exigeait de faire le film en Italie, mais les lieux précis ont joué un rôle clé dans la préparation de la préproduction. Il raconte : «Les décors devaient être un personnage à part entière de l’histoire. J’avais une idée précise de l’allure que devraient avoir les paysages, et je voulais utiliser les villes et les villages exactement comme un backlot.» Le titre du film a cependant évolué ; après avoir porté celui du livre, «A Very Private Gentleman», Anton Corbijn l’a rebaptisé «Il Americano» avant d’opter en fin de compte pour The American. Tous les membres de l’équipe du film ont été fascinés par les Abruzzes, une région montagneuse située à l’est de rome et s’étendant du pied de la chaîne des Apennins jusqu’à la mer Adriatique.

Le tueur, le prêtre, la protituée, et l'inconnue

Tandis que la production affirmait son engagement auprès de la région et maintenait son planning de tournage à l’automne, le casting se poursuivait. Anton Corbijn savait déjà qu’il avait trouvé l’acteur idéal pour le rôle de Jack. Il déclare : «George Clooney n’avait encore jamais joué un tel personnage, et c’est toujours intéressant quand un acteur trouve quelque chose de neuf à interpréter. George est excellent pour tout ce qui est du dialogue, mais dans ce film il incarne un homme qui parle peu, qui reste toujours sur le qui-vive et se méfie de tout et de tous, un homme dans un état de tension constant.» Grant Heslov ajoute : «Jack commence seulement à éprouver quelques moments de pure beauté dans sa vie. Même s’il fait les bons choix à présent,on se demande si le destin ne lui réserve pas un sort différent de celui auquel il aspire. George apporte de l’imperturbabilité au personnage, un homme qui reste silencieux la plupart du temps. C’est un vrai défi pour un acteur, d’exprimer sans avoir recours à la parole ce qui se déroule intérieurement chez le personnage.» Jill Green commente : «Le public place instinctivement sa confiance en George, ce qui était très important pour installer le personnage de Jack.» Pour incarner les Italiens qui vont avoir un impact majeur sur Jack, les cinéastes ont voulu engager des acteurs connus en Italie, sans qu’ils le soient forcément à l’international. Paolo Bonacelli, un acteur chevronné du cinéma italien, a été choisi pour le rôle du prêtre, le père Benedetto. L’acteur explique : «Qu’il s’agisse d’un rôle principal ou d’un petit rôle, chaque scène est utile pour installer lepersonnage et approfondir la connaissance qu’en a le spectateur. Les «petites» scènes sont aussi importantes que les grandes. et le secret, c’est d’étudier, d’étudier encore et toujours.»