Pour filmer cette histoire,
Anton Corbijn a fait appel au directeur de la photographie
Martin Ruhe, qui avait travaillé avec lui auparavant. Le réalisateur explique : «Nous aimons tous les deux la simplicité, nous évitons la plupart du temps les mouvements de caméra complexes. Martin a l’art de magnifier les choses ordinaires par sa façon de les éclairer.»
Martin Ruhe précise : «Lorsque la décision a été prise de tourner Tha American en décors naturels, nous savions que nous devrions non pas tenter de dominer les décors, mais au contraire de les accueillir et de nous laisser inspirer par eux - particulièrement connaissant les changements rapides du temps dans cette région.» L’Aquila ayant été trop abîmée par le tremblement de terre, la production a choisi d’établir sa base de tournage à Sulmona. Ce bourg dynamique, dominé par les montagnes environnantes, est organisé autour d’une grande piazza centrale que longe un viaduc du XVIIe siècle. Sulmona est bien connue en Italie pour sa spécialité de confetti, les dragées traditionnelles faites d’amandes enrobées de sucre que l’on offre pour célébrer mariages, anniversaires ou communions.
Le maire et la population de Sulmona ont accueilli à bras ouverts l’équipe et les acteurs et ont offert leur coopération pleine et entière. On peut voir dans le film un grand nombre des habitants de la ville, qui jouent des passants dans les scènes où Jack s’aventure prudemment au-dehors. Si Sulmona a été le lieu de tournage principal, d’autres scènes ont été tournées dans les villages de Calascio, Anversa, Castelvecchio et Pacentro.
Anton Corbijn explique : «Les dégâts causés par le tremblement de terre nous ont empêchés de tourner quoi que ce soit à L’Aquila. J’avais repéré des lieux où je souhaitais filmer en janvier 2009 mais nous n’avons finalement pas pu les utiliser.»
À partir du village où Jack s’installe temporairement, la production s’est dirigée, à Castel del Monte, un village perché à 1500 mètres dans les montagnes, si haut qu’il paraît souvent suspendu dans une mer de nuages qui roulent dans un mouvement perpétuel. À l’intérieur des fortifications, presque rien n’a changé depuis plusieurs décennies. La citadelle a d’abord été occupée par les romains, puis prise par les Goths. Au XVIe siècle, elle faisait partie du fief des Médicis, qui ont ordonné la construction de plusieurs des plus beaux bâtiments renaissance du village. Les Bourbons l’ont ensuite intégré à l’empire espagnol, et finalement, Castel del Monte a été rattaché à l’Italie au début du XIXe siècle.
Anton Corbijn explique : «Castel del Monte accueille beaucoup plus de monde en été que pendant le reste de l’année. Quand l’automne arrive et qu’ensuite il fait si froid la nuit, beaucoup de maisons sont vides. C’est assez sinistre.
J’y ai vu un environnement superbe qui peut se révéler dangereux, et cela m’a rappelé les décors de Venise dans le film de Nicolas roeg Ne vous retournez pas.» La production s’est aventurée en terrain plus familier à la fin de la neuvième semaine de tournage pour tourner une des premières scènes de l’histoire dans laquelle Jack arrive à rome avant d’être envoyé dans les Abruzzes. Tourner à Termini, la gare centrale de la capitale italienne, et dans les rues adjacentes avec une star telle que
George Clooney a posé quelques problèmes. une portion de quai a été mise à la disposition de l’équipe, mais il a fallu ruser et opérer furtivement pour obtenir les plans de Jack traversant la rue principale bondée.
Le tournage s’est achevé plusieurs semaines après les prises de vues en Italie, par cinq jours de travail à Ostersund, en Suède. Il fallait pouvoir saisir à l’image la beauté austère de ce pays en plein hiver, afin de contraster visuellement avec l’iconographie plus chaleureuse de l’Italie.
Anton Corbijn note : «Nous avons tourné le début de l’histoire à la fin de notre planning de tournage. Les températures bien en dessous de zéro étaient pénibles, mais nous avons beaucoup aimé être en Suède, les paysages sont là aussi sublimes.»
Anton Corbijn confie à propos de son acteur principal : «George est constamment sur le plateau, il ne passe pas son temps dans sa caravane... Les gens ne réalisent pas combien c’est extraordinaire d’avoir l’acteur principal à sa disposition, combien c’est précieux pour le planning de tournage du réalisateur.
George est formidable parce qu’il ne pense pas qu’à son seul rôle, mais aussi aux autres personnages, aux autres acteurs et au film comme un tout. Il a également un instinct exceptionnel pour la continuité, et quand nous bloquions sur quelque chose il avait tou- jours une solution à proposer. «C’est un acteur qui fait son métier avec énormément de sérieux sans se prendre lui-même au sérieux. Il aime faire rire les gens avec qui il travaille, et ses partenaires comme les techniciens appréciaient sa compagnie. Il prend beaucoup de plaisir à faire son métier. Il motive tout le monde. George sait aussi comment réagir face à l’attention que lui porte le public, avec tout son charme et beaucoup de grâce, et c’était vraiment très précieux quand nous tournions dans les petits villages.»