Notes de Prod. : The club

    en DVD le 09 Septembre 2009

Entretien avec Colin Salmon

Parlez-nous de Louis...
Une des choses que j'aime chez Louis, c'est que ce n'est plus un homme particulièrement violent. Il semble avoir traversé les phases du videur : de Sparky au maître de la porte en passant par Rob. Il peut contrôler la porte sans recourir à la violence physique, ce qui est un peu le cas de Geoff maintenant. Il semble s'inspirer d'un personnage dénommé Big John Anderson, dont parle Geoff dans le livre. C'est un type costaud, capable d'envoyer quelqu'un au tapis, un ancien boxeur. Ce qui est intéressant, c'est qu'il a pas mal cogné et j'ai fait du shotokan quand j'étais plus jeune, exactement comme John. C'était un "slapper" !

Qu'est-ce qui vous plaît chez Louis ?
C'est un guerrier. Là encore, j'en ai parlé à Geoff. Un guerrier n'a pas besoin de se battre, il essaie de l'éviter à tout prix. C'est souvent beaucoup de bruit pour rien. On a souvent utilisé cet aspect en tournant devant les portes du night-club. J'ai brièvement été videur et avec un peu d'expérience, on repère facilement les ennuis. On peut voir qui en veut vraiment ou qui veut simplement essayer de se débrouiller seul.

Parlez-nous de votre entraînement pour ce rôle...
J'ai commencé par lire le livre de Geoff. Il est bien écrit, truculent, humain et drôle. Il y a aussi des aspects très sombres. J'espère au moins qu'on a réussi à saisir ce côté sombre. Notre première séance a eu lieu après une lecture. On avait des gants et des bandages, mais on a commencé à mains nues. Nom de Dieu ! Je me suis un peu fait mal au poignet. Tout est dans la force des doigts et du poignet, il faut avoir beaucoup de force à ces endroits-là. On a fait un peu de boxe, quelques figures, on voulait qu'il y ait un côté explosif dans la frappe. Au final, la boxe est un art, mais tout repose sur un coup quand il s'agit de K.O. Geoff dit toujours qu'il faut être prêt dès le départ, il n'y a pas de deuxième chance ni de tests pour un coup .

On vous a vu sur le plateau avec Geoff entre deux scènes, il vous parlait et vous montrait des mouvements. Qu'est-ce qu'il vous a enseigné en particulier ?
Il m'a appris à me protéger, il m'a appris l'alignement et la façon de contrôler l'adrénaline de l'autre. Quand on est dans ce genre de situation, le rétrécissement du champ visuel est crucial. Il faut avoir une vision périphérique. On anticipe toujours un crochet, une gifle ou un coup au torse. On peut soit faire monter l'adrénaline de quelqu'un, soit la faire tomber : “sois cool, bois un petit coup, détends-toi.” Je savais ces choses-là, mais c'est plus intense dans le film.

Vous connaissiez le travail de Geoff avant le film ?
J'avais vu son livre, mais la couverture ne me plaisait pas. Plus j'en apprenais sur lui, plus je parlais à mes amis des arts martiaux. "The Fence" a révolutionné les arts martiaux. Les disciplines des différents arts martiaux sont très chorégraphiques. Ce dont il s'agit ici est urbain. "The Fence", ces 45 centimètres entre deux adversaires, est une affaire d'espace et de contrôle de cet espace. J'ai fait du shotokan par le passé, mais j'apprends encore aujourd’hui des choses nouvelles. Je suis costaud, j'avais donc l'habitude de beaucoup cogner, je pourrais arracher la tête de quelqu'un. Mais dans l'environnement réduit d'une boîte de nuit, les coups de pied sont inutiles.

Vous dites que vous avez été videur par le passé, racontez-nous...
J'ai travaillé avec un ancien boxeur. C'était dans un club de jazz et les types avec qui je travaillais ne voulaient pas que ce soit un endroit violent. J'ai toujours été doué pour parler aux gens et les calmer : "Doucement, pourquoi tu te comportes comme si tu voulais partir ? Parce que tu vas partir. " C'était une question d'instinct. Je savais murmurer parce que ça donne l'impression qu'on est un copain... Selon vous, en quoi The Club se distingue des autres films de gangsters britanniques ? De toute évidence, le personnage de Hennessy est important, mais ce qui m'a surtout plu, c'est que ça se passe à la porte. Du coup, on n'a pas affaire à des criminels, mais à des gens ordinaires. En tant que portier, on essaie de créer une atmosphère où tout le monde peut s'amuser. Ce n'est pas forcément un film de gangsters. Je connais pas mal de durs à cuire, certains sont sûrement des gangsters, mais je ne leur demande jamais rien. Si on veut entrer dans leur univers, il faut savoir que les tentacules sont longs. On ne peut pas entrer et sortir. Je ne fais absolument pas partie de ce monde, mais j'apprécie sa camaraderie. La plupart des types en sont là à cause d'un problème. S’ils ne sont pas sous l’influence de la drogue on peut les gérer tout en gardant ses bonnes manières. Je me suis rendu aussi bien au Palais de Buckingham que dans des bouges de l'est de Londres, mais mon approche est toujours la même, je reste bien élevé.

Vous avez tourné dans des James Bond, dans Match Point, Resident Evil, etc... Vous aimez jouer dans des films à plus petit budget ? Comment passez-vous d'un James Bond à The Club ?
On voit que Martin et Geoff travaillent là-dessus depuis longtemps. Un des aspects motivants, c'est la façon dont le film est financé. J'ai rencontré une bonne partie des investisseurs et j’ai trouvé cela très intéressant. S'ils apprécient cette expérience, ils en parleront à dix amis et le processus continuera. Potentiellement, je vois un avenir dans ce mode de financement du cinéma britannique. Le cinéma est élitiste et c'est regrettable. Notre rôle est d'encourager et de faire découvrir, d'attirer les gens. Certains investisseurs ont amené leurs enfants, certains ont donné un coup de main sur le tournage. Je viens d'un milieu punk, je vois donc ce qui peut se passer dans les milieux populaires. C'est ce que je ressens sur ce projet. C'est motivant. On a les meilleurs techniciens, les meilleurs acteurs... alors pourquoi on ne travaille pas tous ?
Le film a une identité et une esthétique très britanniques. Etes-vous fier de la façon dont les Britanniques continuent à réinventer les nouveaux mouvements musicaux et culturels ? Je dis toujours que la Grande-Bretagne est un pays de pirates. Ce que je veux dire, c'est qu'on est une petite île et qu'on cherche toujours de l'or à l'étranger, comme les pirates. On traque les bons trucs pour les rapporter chez nous. L'Amérique produit des tonnes de groupes, mais on trouve le bon truc, comme la Northern Soul. Je crois qu'avec 2 Tone, noir et blanc, on résume parfaitement notre culture. Je suis métisse et cette société est complètement hybride, bâtarde. Il y a dans ce pays une faim, une vitesse et une camaraderie qui rappellent les pirates. Les pirates naviguaient sur les navires les plus rapides, c'étaient les marins suprêmes. Je crois qu'on est les marins suprêmes. Je pense que Coventry a une histoire incroyable depuis la guerre et la ville est au cœur du système industriel. J'ai voyagé en remontant les canaux quand j'étais petit dans les environs de Birmingham c’était fabuleux. Les gens devraient le faire pour découvrir la puissance de la région. J'en suis très fier. Les gens oublient que Jerry Dammers est pratiquement à l'origine de la libération de Nelson Mandela avec la chanson "Free Nelson Mandela", c'est dingue.

Entretien avec Mel Raido

Parlez-nous de votre personnage, Danny...
Danny s'inspire vaguement de Geoff Thompson et il a emprunté pas mal d'éléments à son livre, "Watch My Back". Au début du film, Danny a très peu confiance en lui, son couple est un échec, ses enfants lui manquent de respect et ne l'écoutent pas vraiment. Il manque terriblement d'assurance. Il ne sait pas ce que lui réserve la vie.

Entretien avec Shaun Parkes

Parlez-nous de votre personnage, Rob...
Rob dirait que c'est un homme bien. Il est lucide, il est drôle et a les yeux ouverts. En fait, ses yeux sont bien plus ouverts que ceux de la plupart des gens en matière de drogue. Il ne se drogue pas, il est donc un peu plus vif que ceux qui sortent, boivent et tout ce qui va avec. Il est très sensible par rapport à la drogue. Son père se droguait et il s'entendait mal avec lui. Il est vraiment contre la drogue au sein du club. Ses relations avec sa mère sont assez simples. Son père était tyrannique, il se droguait et frappait sa mère. Rob a grandi en voyant ça et il a décidé de se débrouiller seul, de faire un peu de boxe. Il a toujours voulu veiller sur sa mère, vu qu'il ne pouvait pas le faire quand il était petit. Et même dans son environnement, où les gens sont toujours prêts à se battre, personne n'a envie d'emmerder un videur. Même les durs à cuire ne veulent pas d'emmerdes avec un videur, parce que tout devient assez compliqué.

Entretien avec Scot Williams

Parlez-nous de votre personnage, Sparky...
C'est un personnage assez complexe. Il est génial. Sparky signifie vif et ça lui va bien. Il est très imprévisible, un peu comme une araignée. J'aime l'idée que les araignées courent, puis s'arrêtent et on ne sait pas quand elles vont se remettre à courir. C'est ce qui les rend effrayantes. Elles sont très petites et il n'y a aucune raison d'en avoir peur, si ce n'est leur imprévisibilité. Et Sparky est comme ça. Je fais à peine la moitié de Colin et Shaun, il fallait donc trouver quelque chose d'intimidant. C'est son imprévisibilité qui le rend menaçant. Ce que j'adore dans le scénario de Geoff, c’est qu’à l’inverse de plein de scénaristes qui écrivent des rôles de méchants ou de traîtres juste parce qu’il en faut un dans l’histoire, Geoff a fait de Sparky quelqu’un de plus complexe. Il veut aller au bout de quelque chose, atteindre son but et la façon dont je l'interprète s'inspire de ce que disait Aristote : "L'essence de tout drame est la nécessité de gagner quelque chose." C'est sans doute la citation la plus ancienne sur le jeu d’acteurs et il est évident que ce personnage doit gagner quelque chose. Dans ce scénario, c'est la reconnaissance et le respect. Sparky est très charismatique et charmant. Si sa copine Helen l'aime autant, c'est qu'il y a une raison. Ça se voit dans leur relation. Et les garçons l'apprécient aussi, mais l'essence et l'ambiance du film s'inspirent du livre. Quand il cesse de surveiller leurs arrières, c'est là que Sparky commence à mal tourner.

Entretien avec Ronnie Fox

Parlez-nous de Bill Hennessy, le principal rôle de méchant dans The Club...
D'après ce que je sais, Billy Hennessy est un sacré salopard. C'est un gros dealer de drogue et un des plus grands bandits de la région de Birmingham et Coventry. Il est de Londres, mais il a changé de région et quelques lascars vendent de la drogue pour lui dans des boîtes de nuit. Il tabasse la plupart des autres acteurs, ce qui est incroyable. Mon vieux pote Shaun Parkes, je lui fais des trucs inimaginables. C'est assez marrant, mais il reste quand même mon pote. Hennessy est un donc un vrai salaud. Il s'habille avec beaucoup d'élégance. C'est le genre de type qu'on a envie de fréquenter ou avec qui on voudrait sortir boire une bière. C'est un personnage fantastique à appréhender et c'était un plaisir de l'incarner.

De l’écrit à l’écran

Le producteur Martin Carr et le réalisateur Neil Thompson nous embarquent dans le long voyage de l'adaptation des célèbres mémoires de Geoff Thompson, « Watch my back », au cinéma, grâce à The Club.

Quand a eu lieu la rencontre avec The Club pour vous deux ?
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 199 entrées
  • 1er jour IDF : 1 043 entrées
  • 1ère semaine IDF : 7 555 entrées
  • Cumul IDF : 10 776 entrées

  • 1ère semaine France : 12 292 entrées
  • Cumul France : 12 292 entrées