L’histoire se déroule à travers le regard de protagonistes interprétés par un casting impressionnant comprenant les acteurs oscarisés
Ben Affleck,
Tommy Lee Jones,
Chris Cooper et
Kevin Costner, mais aussi
Craig T. Nelson,
Rosemarie Dewitt et
Maria Bello. Chacun s’est immergé profondément dans la complexité et les nuances de chaque mot de l’habile scénario de
John Wells.
Bobby Walker, le personnage joué par
Ben Affleck, est au summum de l’assurance, de la confiance en soi : il conduit une Porsche, il fait de bons scores au golf. Cela fait douze ans qu’il travaille chez GTX, un grand conglomérat industriel qui compte plus de 60 000 employés, jusqu’au jour où, il perd son emploi en raison de licenciements économiques.
Ben Affleck explique : « Bobby perd bien plus que son job : il perd son statut. Il perd sa place au sein de la hiérarchie économique de la classe moyenne supérieure américaine – vous savez, ceux qui ont une belle voiture et une belle maison – et surtout, il perd son estime de soi. Il n’est plus quelqu’un d’important à ses propres yeux. Un beau jour, à cause d’une décision prise par le conseil d’administration, il dégringole l’échelle sociale. Pour lui, c’est un réajustement considérable à faire, une leçon d’humilité, et cela va l’obliger à redéfinir ses priorités. »
Bobby bascule rapidement dans le déni et refuse que sa famille apprenne qu’il a été licencié. Il se lance avec confiance dans une recherche d’emploi, sûr qu’il retombera sur ses pieds avant d’entamer ses indemnités de licenciement.
Ben Affleck commente : « Lors de mes recherches, je me suis rendu compte que pour un homme, perdre son emploi revient quelque part à perdre sa masculinité. Les hommes qui se retrouvent au chômage mentent souvent en refusant de dire qu’ils ont perdu leur travail, ou bien ils essaient de trouver une autre place avant que quelqu’un découvre ce qui leur arrive. L’Amérique est fondée sur ce principe voulant que si vous travaillez dur et si vous respectez les règles, vous arriverez dans la vie et grimperez l’échelle sociale. L’idée qu’un jour vous puissiez retomber, redescendre l’échelle, peut être terriblement embarrassante. »
Tommy Lee Jones incarne Gene McClary, un personnage complexe qui est le numéro deux chez GTX. McClary a fondé la société avec James Salinger (joué par
Craig T. Nelson). Au début du film, GTX est au cœur d’une importante fusion et Salinger essaie de regonfler les actions de GTX en annonçant des vagues de licenciement à grande échelle et en fermant les secteurs moins performants de leurs activités. McClary, qui est de plus en plus démoralisé par la direction qu’a prise sa société, s’oppose à Salinger en tous points, et devient alors lui-même une cible.
Tommy Lee Jones explique : « C’est une récession, ce qui veut dire que beaucoup de gens sont lâchés et se retrouvent sur le carreau. Mais il y a des choses plus importantes dans la vision qu’a Gene du monde : les rapports humains, la loyauté, l’expérience, le fait de travailler ensemble, de construire la même chose, de la faire croître afin que leurs vies à tous croissent également. Et je crois que pour ce personnage, cette notion de « communauté économique » comme on pourrait l’appeler, est très importante. »
Face à la tournure que prennent les affaires chez GTX, Gene McClary cherche du réconfort auprès de la responsable des ressources humaines chez GTX, Sally Wilcox – interprétée par
Maria Bello.
Tommy Lee Jones explique : « Gene ressent un manque dans sa vie privée. Il mène une existence luxueuse dans laquelle les bénéfices matériels de son travail sont évidents – il suffit de regarder sa maison, ses voitures, ses vêtements. Mais sa relation avec sa femme n’est pas quelque chose de vital pour lui, ils sont assez distants l’un de l’autre. Ses besoins le poussent donc vers une autre femme, Sally, avec qui il entretient une relation très proche et intime. »
Chris Cooper joue quant à lui Phil Woodward, un homme qui réagit en se rebellant violemment contre la tragédie qui le frappe.
L’acteur déclare : « Je ne vais tout simplement pas laisser ces bâtards me jeter dehors après trente ans de bons et loyaux services. Je vais d’abord me pointer avec un AK-47 et leur arroser la tronche ! »
Il poursuit : « Je crois qu’au départ, Phil se sent en sécurité. Il laisse entendre à Gene qu’il ne redescendra pas au bas de l’échelle. Il pense qu’il peut être rétrogradé, mais certainement pas licencié. Mais au fur et à mesure, l’histoire change et il devient de plus en plus désespéré parce qu’il doit rivaliser avec des gens plus jeunes. »
Tandis que la beauté de l’automne en Nouvelle-Angleterre cède la place aux rigueurs de l’hiver à Boston, les personnages de
Ben Affleck,
Tommy Lee Jones et
Chris Cooper se retrouvent en terrain inconnu. McClary conteste les licenciements potentiels tout en désirant la femme chargée de mettre en pratique ces licenciements ; Woodward lutte pour trouver un moyen de dire « non » à sa femme et à sa fille à qui il a toujours tout accordé ; et Bobby Walker se perd dans l’univers démoralisant du bureau de placement, des entretiens d’embauche sans lendemain.
A travers chacun de ces parcours, les « hommes de la compagnie » se battent pour regagner leur dignité et surmonter leur situation. Le spectateur se trouve face à une fenêtre ouverte sur le contraste entre les classes sociales : les dîners prestigieux en l’honneur de l’Homme de l’année et les barbecues de quartier, les avions privés et les vieilles camionnettes fatiguées, les matchs de foot et les conseils d’administration, les petites maisons pleines de vie et les grandes propriétés vides où règne la tristesse.
Kevin Costner apporte une profondeur supplémentaire à l’histoire en jouant un entrepreneur en bâtiment, que son grand cœur va pousser à offrir une bouée de sauvetage à son beau-frère Bobby.
Kevin Costner confie : « Je me suis très vite identifié à ce contraste que présente Jack vis-à-vis des personnages principaux du film. Le personnage de
Ben Affleck et le mien ont des rapports difficiles parce que Bobby a fait une carrière fulgurante, il se faisait des primes de 100 000 à 200 000 dollars, alors que Jack s’en sort tout juste avec son épouse. Mais quand tout s’écroule sous les pas de Bobby, il devient évident que la famille doit venir en aide à la famille. »
Tandis que les dernières neiges fondent et que le printemps arrive, les hommes de la compagnie continuent leur chemin. Certains s’en sortent plus forts. D’autres ont perdu la bataille. Le film souligne ce que
John Wells décrit comme « la nécessité de renouer avec ce qui fait la vraie valeur de nos vies ».