Notes de Prod. : The queen

    en DVD le 18 Avril 2007

Notes de production

Quand la princesse de Galles meurt dans un accident de voiture à Paris en août 1997, peu de gens devinent les conséquences immédiates de cette tragédie pour le gouvernement britannique et la famille royale. Pourtant, lors de sa séparation avec le prince Charles, Diana avait fait savoir haut et fort qu'elle ne se retirerait pas tranquillement de la vie publique. . . La disparition brutale et prématurée de la femme la plus célèbre et la plus photographiée au monde provoque une violente émotion chez les Britanniques et bouleverse en profondeur leur rapport à la monarchie.

La mort de la princesse possédait toute la dramaturgie nécessaire à un film : une terrible poursuite en voiture par d'impitoyables paparazzi se soldant par le décès d’une jeune femme dans la fleur de l'âge, une histoire d'amour sujette à caution et stoppée net avant même qu’elle puisse s'épanouir, une population anéantie par la nouvelle de sa mort, et des journaux qui, jugés responsables du décès de la princesse, cherchent à tout prix à détourner l’attention. Mais c'est un tout autre aspect du drame qui a encouragé la productrice Christine Langan et Andy Harries, directeur du département cinéma de la chaîne de télévision britannique Granada, à entreprendre le film.
Tous deux avaient déjà produit ensemble « The Deal ». Ce film de télévision écrit par Peter Morgan et réalisé par Stephen Frears retraçait la naissance du “New Labour”et évoquait les rapports entre Tony Blair et Gordon Brown. L'expérience fut si concluante que les deux producteurs souhaitaient faire de nouveau équipe avec Morgan et Frears sur un autre projet évoquant la société britannique d'aujourd'hui.

Il s'agissait cette fois d’un projet plus ambitieux destiné au cinéma. THE QUEEN oppose en effet l'univers traditionnel de la famille royale – symbolisé à la fois par le château de Balmoral, niché dans la lande écossaise, les salons élégants et par les appartements privés du palais de Buckingham– à la modernité et à la simplicité du nouveau Premier ministre Tony Blair et de son aréopage de conseillers en charge de son image. “Andy, Stephen, Peter et moi souhaitions nous retrouver sur un film parlant d'une autre institution britannique majeure” explique Christine Langan. “La famille royale était un choix évident. La mort de Diana et surtout la façon dont la famille royale a vécu et géré ce drame s’est imposée comme le sujet le plus riche sur le plan dramatique. La princesse avait été cause de grande tension de son vivant ; il semblait inévitable que sa mort violente devienne pour la monarchie le plus grand défi des cinquante dernières années. ”

Pour Harries, c'est le souvenir de la réaction de la reine et de la famille royale à la mort de Diana qui le décida à s'engager dans l'aventure :l'image d'une famille royale incapable de la moindre entorse au protocole à l’occasion de cette grave crise l'intéressait. “Ce qui m'a fasciné dans l'histoire de Diana et de la reine” reprend Harries, “c'est de voir une souveraine vieillissante, digne héritière de l'époque victorienne, mise en difficulté par une jeune princesse devenue tellement différente de la fiancée timide choisie au départ avec la bénédictionde la famille royale. Il émanait de Diana une véritable aura.

Je me souviens de la semaine où elle est morte. C'était vraiment bizarre : il régnait un calme étrange, comme si personne ne savait encore comment réagir. Puis, les gens ont commencé à manifester du chagrin. S'agissait-il d'une émotion authentique ?Ou d'une émotion feinte ? Les gens éprouvaient-ils véritablement de la peine pour elle ? Ou était-ce en raison d'autres malheurs dont souffrait le pays ?”

Le choix des interprètes
A l'époque où il réfléchissait au projet de THE QUEEN, Harries supervisait la production de la sixième saison de la série « Prime Suspect », avec Helen Mirren. Lors d'une lecture avec les comédiens, il s’est dit en regardant Helen qu’elle ferait une formidable reine Elizabeth II. Pour l'actrice, qui a campé plusieurs personnages inoubliables au théâtre, au cinéma et à la télévision, il s'agissait d'une proposition qu'on ne refusepas. “Je me suis dit que« The Deal » était du beau boulot, et que j'étais donc en de très bonnes mains”confie- t-elle. “Il s'agit d'un sujet sensible, risqué d'une certaine façon, et il faut donc être sûr que les gens avec qui on travaille soient assez talentueux pour porter une telle histoire à l'écran sans trahir grossièrement la réalité historique. ” Malgré son expérience, la comédienne n'a pas hésité à demander conseil à son partenaire Michael Sheen qu'elle avait admiré dans « The Deal ».

Il lui recommanda de travailler dès que possible en étroite collaboration avec la répétitrice Penny Dyer, afin de posséder au plus vite la voix et les tics de langage de son personnage. Helen Mirren a également souhaité rencontrer les interprètes de la famille royale “afin d'entrer dans la peau de nos personnages et de nous habituer aux voix des uns et des autres, avant même le premier jour de tournage, comme si nous appartenions déjà à la même famille”. Comme ses partenaires, Helen Mirren était parfaitement consciente des écueils qu'il y avait à jouer un personnage réel, surtout lorsqu'il s'agit d'une protagoniste aussi célèbre que l’actuelle souveraine. La difficulté consistait à trouver le juste équilibre entre une interprétation très réaliste et un portrait à la limite de la caricature. “Le but n'était pas de faire une brillanteimitation”, reprend la comédienne. “J'ai fait beaucoup de recherches. Je ne suis pas très douée pour les imitations, et même si vous êtes la meilleure imitatrice du monde, vous ne brosserez jamais qu'un portrait partiel de votre personnage. Etant donné la force du symbole qu'incarne la reine, j'étais terrorisée. C'est le rôle qui m'a le plus angoissée de ma carrière.

Le travail qu'on a fait avec Penny Dyer s'est avéré inestimable. Elle a un sens extraordinaire des voix. Puis, une idée m'a traversé l'esprit qui m'a beaucoup aidée : je me suis vue comme une portraitiste. En effet, les bons portraitistes apportent à leur tableau leur propre perception de leur sujet, et peignent ce dernier en fonction de leur personnalité, de leur psychologie : c'est ainsi que chaque portrait est unique. Je me suis imprégnée de tous les portraits que j'ai trouvés. Malheureusement, il n'y a pas de livre consacré exclusivement aux portraits d'Elizabeth II. C'est vraiment dommage. Bien entendu, il faut s'efforcer de reproduire certaines choses fidèlement, comme la coiffure, les gestes des mains, les attitudes, la démarche ou la voix” poursuit-elle. “J'avais des photos de la reine dans ma caravane, et j'ai passé mon temps à visionner des cassettes. C'était un peu angoissant, parce qu'à chaque fois que je voyais des images d'elle, j'avais l'impression de la trahir, de trahir son être profond – et c'est précisément l'être profond que je cherchais à approcher.

Je me souviens d'un film assez ancien d'une minute environ, où on voit Elizabeth à l'âge de 12 ans descendre d'une voiture et se diriger vers quelqu'un pour lui serrer la main. C'était très émouvant. Je me le suis repassé plusieurs fois. Plus je l'observais, plus je la trouvais extraordinaire en tant que personne :on la voit comme un symbole très fort, célèbre dans le monde entier, alors qu'en fait on ne la connaît pas du tout. Elle est très différente de Tony Blair, qui lui est très extraverti. Elle est réservée et évolue dans son monde – mais elle n'a rien de névrosé ou de perturbé, elle est au contraire posée et sereine. Elle s'impose une formidable auto-discipline. C'est exactement dans cette direction que j'ai essayé d'aller. ”

Chronologie

Dimanche 31 août 1997
Les Britanniques viennent d’apprendre la mort de Diana. Dans l’heure qui suit l’annonce, des gens en larmes commencent à déposer des bouquets de fleurs devant Kensington Palace - où habitait la princesse de Galles - et Buckingham Palace, résidence londonienne de la reine. Mais Buckingham Palace est vide. La famille royale, qui séjourne comme chaque année à pareille époque au château de Balmoral en Ecosse, reste imperturbable face au drame. Dans son monde de traditions régi par le protocole, toute manifestation publique d'émotion est bannie.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 140 004 entrées
  • Cumul IDF : 364 653 entrées

  • 1ère semaine France : 308 469 entrées
  • Cumul France : 932 851 entrées