Pour régler certains des aspects les plus spectaculaires du film,
Kevin Reynolds a fait appel au coordinateur des cascades Nick Powell. C’est à lui que l’on doit les batailles de films comme
Braveheart,
Gladiator ou
Le Dernier SamouraÏ. Il confie : « Sur des films de cette ampleur, j’essaie toujours d’apporter de l’authenticité. Bien que l’époque de l’action se situe dans une période sur laquelle nous disposons de peu de documentation, il suffit de regarder les armes qu’ils utilisaient pour avoir une idée de la façon dont ils se battaient. Nous sommes dans la période la plus obscure du Moyen Âge. L’Angleterre était le théâtre d’affrontements locaux incessants. »
Kevin Reynolds commente : « Il ne s’agit jamais de guerres entre états ou royaumes. Les choses ne sont pas aussi claires. Les ennemis peuvent surgir de partout et cela rend la notion de danger beaucoup moins identifiable et beaucoup plus présente. »
La première tâche de Nick Powell a été d’entraîner
James Franco à maîtriser tous les aspects physiques de son rôle. Il confie : « James s’était entraîné physiquement plus de six mois avant le film. Quatre semaines avant le tournage de sa première séquence d’action, nous avons débuté ensemble un entraînement spécifique. Nous avons répété tous les jours. Il fallait travailler la chorégraphie des combats et le maniement des épées. Il s’est montré un excellent élève ! »
La plupart des comédiens ont aussi dû se familiariser avec les chevaux, les épées, les arcs et les flèches.
Les décors étaient également un élément déterminant du film. Pour recréer cette époque sombre,
Kevin Reynolds a fait choisi le chef décorateur
Mark Geraghty. Le réalisateur explique : « Personne ne sait vraiment à quoi ressemblait précisément le tout début du Moyen Âge. C’est à la fois un avantage et un inconvénient. Pour préciser la vision de ce monde, nous sommes partis des documents concernant la période pendant laquelle l’influence romaine était très forte, aux environ du Ve siècle, puis nous avons étudié des document du IXe siècle, date à laquelle on recommence à trouver des traces de ce qui se faisait. Entre les deux, nous avons extrapolé. »
Mark Geraghty intervient : « Il fallait que malgré la période de chaos dont nous parlons, le public d’aujourd’hui ne soit pas complètement perdu. Nous ne faisions pas un documentaire et nous avons pu styliser certaines choses pour les rendre plus compréhensibles. »
Geraghty et son équipe ont cherché comment vivaient les gens concrètement, comment ils cultivaient les champs, de quoi ils se nourrissaient. Le chef décorateur commente : « Nous devions recréer tout un contexte cohérent. Il fallait à la fois faire exister ce monde et y placer tout ce que le scénario exigeait. »
Il fut décidé que la plupart des structures construites seraient faites en bois parce qu’en dehors des bâtiments laissés par les Romains, les premiers exemples significatifs d’architecture maçonnée ont fait leur apparition aux alentours de l’an mille.
Mark Geraghty précise : « Pour le château irlandais, nous nous sommes inspirés d’influences celtiques parce qu’elles sont historiquement avérées. Pour tout ce qui était en Grande-Bretagne, nous sommes partis des influences romaines. »
L’approche pour les costumes a été assez comparable à celle des décors. A partir des documents disponibles avant et après la période du film, en s’inspirant des diverses influences adaptées aux divers protagonistes, ce sont des centaines de costumes qui ont été nécessaires.
Pour superviser ce point essentiel,
Kevin Reynolds a fait appel au célèbre costumier deux fois nommé à l’Oscar,
Maurizio Millenotti. Le chef costumier explique : « A cette époque, les vêtements devaient surtout être utiles. Nous sommes donc partis de ce qui était disponible dans la région et l’avons croisé avec les techniques déjà maîtrisées en ce temps-là. »
Dix semaines avant le début du tournage à Prague, Millenotti est arrivé avec un atelier complet et un camion chargé de vêtements achetés en Italie. Lui et son équipe ont ensuite confectionné 90 % des costumes nécessaires au tournage, et le tout est ensuite reparti au grand complet vers l’Irlande.
Tous ces éléments trouvaient leur unité à l’image, et c’est le directeur de la photographie
Arthur Reinhart qui a donné son style au film en suivant les indications de
Kevin Reynolds. Reinhart raconte : « Dès notre première rencontre, nous étions d’accord pour donner au film une ambiance sombre, avec des dominantes grises et argentées. Nous voulions pouvoir valoriser les sentiments des personnages et nous distinguer de la palette habituellement associée à la description du Moyen Âge. »
Il poursuit : « Notre plus grande difficulté aura été d’assurer une unité visuelle au film, car dans des paysages où les quatre saisons défilent en moins de vingt minutes, faire en sorte que la caméra reste debout malgré le vent est déjà un exploit ! Ce climat rude, authentique, a inspiré et nourri le film et cela passe à l’image. Il fallait cette vérité pour
Tristan Et Yseult. »