Notes de Prod. : The Woodsman

    en DVD le 20 Octobre 2006

Entretien avec Nicole Kassell, réalisatrice et coscénariste du film

Quelle était pour vous l'attrait d'un tel projet ?
J'avais vu cette pièce, produite par Arthur Miller à L'Actors Studio en Mars 2000, alors que j'étudiais le cinéma à l'Université de New York. J'avais été frappée par la richesse et la force du propos qui m'a longtemps hanté. Il me fallait le mettre en images. Pour convaincre son auteur, Steven Fechter, de confier son adaptation à la jeune étudiante que j'étais alors, je lui ai soumis un premier scénario : tout a commencé ainsi...

Passer du théâtre au cinema... Quelle était la difficulté majeure de cet exercice de style ?
Placer l'action dans un vrai contexte social. Il nous fallait créer des symbolismes visuels - tel celui des oiseaux, par exemple - et surtout se mettre dans la tête de Walter plongé dans cet univers d'acier. La pièce était très minimaliste : Walter ne quittait jamais la scène, les autres personnages restant périphériques. Dans le film, et c'est un changement majeur, nous avons montré son espace de travail. Nous avons également crée de toutes pièces le personnage d'Eve.

Eve, un personnage très important ici...
Oui, tout comme la sœur de Walter qui n'apparaissait jamais dans la pièce.

Votre montage est souvent audacieux, surtout dans la scène d'amour entre Walter et Vickie et celle où Candy enlève le jeune garçon. Vous utilisez beaucoup le jump-cut. Quelles sont vos influences cinématographiques ?
Les films des années 70 m'ont beaucoup marquée. Le montage de la scène d'ouverture, qui dure 14 minutes et dévoile le passé de Walter, s'inspire largement du « Guet-apens » de Sam Peckinpah. Pour la scène d'amour et son montage jump-cut, j'ai voulu évoquer la légendaire scène de « Et ne vous retournez pas » de Nicolas Roeg.

Une scène d'anthologie, puisque les cinéphiles l'évoquent toujours...
(en riant) Disons que je n'ai pas craint de placer la barre très haut ! Je me suis aussi beaucoup inspirée du réalisme psychologique de « Vol audessus d'un nid de coucou » de Milos Forman et « Cinq pièces faciles » de Bob Rafelson. Dans le film de Forman, la caméra est très mobile mais s'inscrit subtilement dans un espace temporel immédiat. J'aime aussi le grain de la pellicule de ces films-là, et cette façon de plonger des mégastars comme Jack Nicholson dans un univers extrêmement réaliste. Plus près de nous, j'ai revu « Ratcatcher » de Lynne Ramsay et « The War Zone » de Tim Roth.

Au cœur du film, un homme énigmatique dont on ne sait s'il va ou non « replonger ». Comment avez-vous maintenu le suspense sans tomber dans l'exploitation du genre ?
Il était essentiel à mes yeux de ne jamais répondre à cette question. La vie n'offre aucune réponse, aucun remède. Cette maladie est un combat permanent, comme l'alcool ou la drogue. J'ai voulu montrer un personnage qui lutte de toutes ses forces et poser un seule question : sommes-nous prêts à donner une seconde chance à celui qui est prêt à lutter contre ses démons intérieurs ? Est-ce notre devoir social ?

THE WOODSMAN est aussi votre premier long-métrage...
Lorsqu'on vient du court, comme moi, on a acquis une véritable expérience sur le terrain. Mais il faut avoir une sacrée force de conviction pour réaliser un premier film ! Tout le monde doute, et vous fait douter. Mais ça y est, on ne dira plus jamais de moi : « c'est son premier film ». J'ai donné !

Pourquoi avez-vous choisi de tourner à Philadelphie ? Le tournage a duré 28 jours et nous avons utilisé quinze extérieurs différents. Pourquoi Philadelphie ?
Cette histoire aurait pu se passer n'importe où, même à New York où j'habite. Mais j'ai de la famille à Philadelphie, tout comme Lee Daniels (le producteur), Kevin et Eve. Nos techniciens étaient majoritairement de làbas aussi. Philadelphie - outre sa politique culturelle cinématographique forte nous a permis de nous sentir « en famille ». Entretien avec Nicole Kassell, réalisatrice et coscénariste du film 4

Entretien avec Kevin Bacon

Pourquoi cette attirance pour un tel personnage ?
J'ai aimé la sobriété du scénario et ce personnage, dessiné presque trop simplement, m'a interpellé. Ce scénario m'est d'ailleurs arrivé d'une étrange façon : j'étais en vacances, et un ami - investisseur - me l'a envoyé pour connaître mon opinion. Inutile de vous dire qu'on se méfie toujours de tels scénarios ! Mais, là, j'ai été totalement bluffé.

Présentation du Film au Festival du Film Américain de Deauville 2004....

Déjà l’année dernière, le festival nous avait montré les facettes de la jeunesse américaine désabusée avec des films comme WHAT ALICE FOUND ou encore THIRTEEN. Avec THE WOODSMAN, Deauville s’attaque de nouveau à l’enfance mais d‘une autre manière, encore bien plus délicate.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 3 086 entrées
  • Cumul IDF : 3 633 entrées

  • 1ère semaine France : 5 163 entrées
  • Cumul France : 7 336 entrées