Déjà l’année dernière, le festival nous avait montré les facettes de la jeunesse américaine désabusée avec des films comme WHAT ALICE FOUND ou encore THIRTEEN. Avec THE WOODSMAN, Deauville s’attaque de nouveau à l’enfance mais d‘une autre manière, encore bien plus délicate.
THE WOODSMAN, c’est le bûcheron qui éventre le loup pour sauver le petit chaperon rouge. Mais c’est surtout
Kevin Bacon, un pédophile qui tente de se réinsérer dans la société après avoir été incarcéré pendant 12 ans. Et oui, vous avez bien lu, THE WOODSMAN traite frontalement le problème brûlant de ses hommes attirés par les petites filles.
Evidemment, le long-métrage de
Nicole Kassell s’avère être une œuvre dérangeante où le spectateur se doit de ressentir un véritable malaise de se voir identifier à ce pédophile. THE WOODSMAN est un film courageux, funambule qui tire sans arrêt sur la corde raide. Saluons la pertinence de la réalisatrice Nicole Kassel (dont c’est le premier film) de ne jamais versé dans un côté glauque et malsain qu’offrait un tel sujet.
Ce film ne tente pas de comprendre ou d’excuser la pédophilie. Ici, le personnage principal cherche juste à retrouver le plaisir qu’il ressentait lorsqu’il faisait une sieste avec sa sœur et qu’il lui sentait les cheveux.
Matthieu Perrin (Deauville, Septembre 2004)