La bande originale du film joue un rôle important dans l’identité du film. Benoit, le réalisateur l’explique ainsi : « En écrivant le scénario de
Thelma, Louise et Chantal, j’ai immédiatement pensé à l’écriture musicale. Je savais ce que je voulais et je savais quels chemins emprunter.
Thelma, Louise et Chantal parle de femmes d’une cinquantaine d’années et de leur parcours sentimental, de leur vie amoureuse.
Pour illustrer leurs ressentis et leurs émotions, j’ai eu l’idée de reprendre les standards de l’époque et de les réenregistrer avec un ton d’aujourd’hui, une sensibilité moderne. Même si ces chansons sont très connues et très catégorisées, l’idée de les entendre avec un son nouveau m’excitait tout particulièrement. L’émotion que procurent certains de ces titres est telle qu’ils peuvent en quelques notes à peine, transporter le spectateur dans une sensibilité certaine. La nostalgie présente dans ces chansons allait m’aider à renforcer le sentiment d’attachement au film et faire en sorte que chacun puisse s’approprier facilement tel ou tel passage. J’aimerais avec cette idée, toucher les spectateurs et les renvoyer à des images propres à eux, des souvenirs agréables ou même plus difficiles.
Pour la production des titres, je ne voulais pas de grosse production commerciale. À l’image d’albums unplugged ou acoustiques de certains artistes, les chansons devaient évoquer, rappeler, ramener à un souvenir touchant et percutant. Je ne voulais pas faire de simples copies de ces chansons mais plutôt des reproductions intuitives et sensibles. Le choix de
Keren Ann pour ce film était plus qu’évident. Un film qui parle des femmes, qui parle aux femmes, il fallait une femme pour prendre en main l’univers musical. J’avais adopté
Keren Ann depuis longtemps dans ma bibliothèque musicale et ma rencontre avec elle fut un vrai choc. Un coup de foudre professionnel évident, et amical aussi. Le génie, je ne cache pas mes mots, avec lequel elle a su d’une part composer des titres originaux qui collaient parfaitement au film et d’autre part, revisiter des titres préexistants m’a totalement bluffé.
Encore mieux que ce que je pouvais imaginer, la musique a pris une dimension incroyable, tant dans la poésie que dans l’émotion.
Keren Ann a apporté au film un élément clef, un vrai personnage du film. À l’écriture du scénario, j’avais dans la tête des idées folles de casting d’interprètes pour les reprises. Il s’est avéré que tous ont accepté. Je n’arrivais pas à y croire. »
Keren Ann ajoute : « Quand Benoît m’a envoyé le scénario, j’ai été immédiatement séduite par l’émotion et l’humanité qui émanent de l’univers de ce film en particulier où le drame, la comédie et la musique doivent coopérer. J’ai voulu pour cette histoire un son organique, un univers à la fois élégant et passionné, un mélange de cordes mélancoliques et de répétitions progressives (référence : "Liberty" de mon dernier album) avec chorales, vents, cordes & cuivres. Une ode pop, évanescente et crue, épurée et intimiste, un peu de l’esprit folk des sixties dans une ligne artistique sobre. »