Notes de Prod. : There Will Be Blood

    en DVD le 03 Septembre 2008

Présentation de Pétrole ! There will be blood de Upton Sinclair

« Comme Zola, Upton Sinclair n’a rien d’un styliste extasié : il peint large, vite, puissant, il emporte le lecteur et l’incite à s’insurger : Sinclair n’aurait pas renié l’acception utilitaire de son travail. Pourtant Oil ! / There Will Be Blood demeure un récit d’aventure. Tel Géant, livre qui fut lui aussi adapté au cinéma, Oil ! / There Will Be Blood se veut le roman du pétrole. Le pétrole volontiers scélérat que Sinclair avait déjà affronté en manifestant contre les Rockfeller. On ne manquera pas d’être frappé, au long de toute la première partie du livre, par la toute puissance de J. Arnold Ross, magnat de la génération fondatrice de l’industrie pétrolière américaine, et de la soumission parfaite de son fils Bunny. Pourtant, le jeune homme s’affranchit de cette tutelle écrasante et finit par tracer son propre chemin, singulièrement différent de ce que dessinait l’exemple paternel. Sept cents pages d’idéalisme empreintes de toutes les composantes du roman d’éducation. On sent qu’Upton Sinclair aspire à donner vie à la chimère de la littérature américaine de tout temps, le great American novel, le grand roman américain à l’échelle du pays-continent qui une fois pour toutes s’inscrira dans l’histoire littéraire. Un tel ouvrage doit constituer un ferment, ouvrir un chemin, voire une école, connaître le succès public, c’est essentiel. Eh bien, ces critères là, Oil ! / There Will Be Blood les réunit tous. »
Extraits de la préface d’Olivier Barrot

Upton Sinclair (1878-1968), l’auteur


À l’instar d’un Norman Mailer, Upton Sinclair fut l’écrivain américain engagé de la première partie du XXe siècle capable, par la violence et l’aisance de sa plume, d’accompagner - voire de provoquer - les mutations de toute une société. Upton Sinclair naît à Baltimore en 1878 et connaît une enfance pauvre et nomade. Il devient correspondant de guerre à Cuba. En 1909, Sinclair atteint une renommée internationale grâce au succès de « La Jungle» (réédité par Mémoire du Livre en 2003). Ce livre de « muckracker », de remueur de boue, brûlot dénonçant les horreurs de l’industrie agroalimentaire, suscite un tel engouement qu’il entraînera des réformes législatives dans le monde entier. Il multiplie les livres coup de poing sur les tares de la société américaine et publie en 1927 son chef-d’œuvre avec « Oil !/There Will Be Blood» - réédité sous le titre « Pétrole ! There Will Be Blood » - qui sera traduit en 29 langues ! Le livre est interdit à Boston pour outrage à la morale. Quatre-vingts ans plus tard, « Pétrole ! There Will Be Blood» garde son impact romanesque et son potentiel subversif. Tout en poursuivant une prolifique carrière littéraire - il a publié près de 100 livres et a reçu le prix Pulitzer -, Upton Sinclair se lance dans la politique. Il échoue de peu aux élections de 1934 au poste de gouverneur de Californie, campagne restée célèbre pour avoir été la première où furent utilisés les moyens modernes de communication comme le cinéma. Le cinéma lui doit d’ailleurs Que Viva Mexico !: il fit venir aux États-Unis Sergueï Eisenstein et finança ce chef-d’œuvre inachevé qui engloutit presque toute sa fortune. Proche des milieux progressistes jusqu’à sa mort en 1968, Upton Sinclair comptait parmi ses amis Charlie Chaplin, George Bernard Shaw, Jack London ou Albert Einstein, avec lequel il passait de longues heures à jouer du violon.

© Éditions Gutenberg

Notes de production

There Will Be Blood est une fresque épique qui nous plonge au cœur d’une saga familiale, entre foi et pouvoir, dans la fièvre de la découverte de l’or noir. Alors que les premiers puit de pétrole surgissent, un pauvre mineur élevant seul son fils va forcer le destin et devenir un magnat du pétrole... Il s’inscrit dans la grande tradition des films américains où s’entremêlent des thèmes majeurs comme l’ambition, la fortune, la famille et l’attrait magnétique qu’exerce l’Ouest. Le cinquième film de Paul Thomas Anderson nous entraîne dans la Californie de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, une Californie remarquablement vivante, rude et vraie, pour raconter le destin d’un homme et les changements qu’il va apporter à toute une ville. Ouvrier pauvre et sans avenir, cet homme va devenir un magnat du pétrole à l’image de ces pionniers que furent Edward Doheny et John Rockefeller. En apportant le progrès et la richesse à une terre qui ne les avait jamais connus, il risquera son âme... Le charme et le désir obsessionnel de réussite de Daniel Plainview, incarné par Daniel Day-lewis, vont semer le chaos sur Little Boston, une petite ville du centre de la Californie. Alors que le pétrole jaillit du cœur de la terre, Plainview va faire souffler un vent de changement fondamental sur cette enclave oubliée du progrès. Les certitudesdes hommes et leurs valeurs, la foi, l’espoir, l’amour et le travail, vont se heurter de plein fouet au cynisme, à l’ambition, à la séduction et à une monstrueuse corruption...

« Il y a un océan de pétrole sous nos pieds. Personne d’autre que moi ne l’aura. » Daniel Plainview

Les débuts de l'aventure

Nommé à deux reprises à l’Oscar, Paul Thomas Anderson a déjà réalisé quatre films se déroulant dans l’Ouest américain, chacun se révélant une exploration spécifique de cette région. Hard Eight, le premier, était un thriller criminel se déroulant dans le milieu des casinos de LasVegas. Boogie Nights portait un regard pluriel sur l’industrie du film porno. Magnolia était un conte dramatique sur l’agonie d’un homme, un soir d’été, dans la vallée de San Fernando, et Punch-drunk Love, Ivre D’amour une vision originale sur la comédie romantique. Avec There Will Be Blood, le réalisateur s’aventure pour la première fois aux origines de la Californie, quand le pétrole était la force de cette terre et qu’il attirait des hommes assoiffés de pouvoir et de réussite...

Les personnages

Daniel PLAINVIEW

S’inspirant de toutes ses recherches sur l’époque et la géographie des lieux, Paul Thomas Anderson a imaginé Daniel Plainview comme un homme silencieux et indépendant, dès l’en- fance façonné par la lutte pour la survie et la volonté farouche de s’en sortir. Cet homme se retrouve soudain investi d’un énorme pouvoir après avoir découvert du pétrole, une situation à laquelle il n’est pas préparé et qui sera source de chaos et de doutes. Lorsque Daniel Day-lewis est arrivé sur le projet, Daniel Plainview s’est soudain mis à exister, avec une profondeur de caractère oscillant entre l’humour noir et la folie la plus terrifiante, et la capacité de passer d’une surprenante tendresse à des explosions de colère redoutables. Daniel Day-lewis est considéré comme l’un des acteurs les plus doués de sa génération. Jim Sheridan, qui l’a dirigé à plusieurs reprises, notamment dans My Left Foot qui lui a valu son Oscar, confiait au New York Times : « Daniel Day-lewis aurait l’impression de se trahir lui-même s’il ne se donnait pas à 100%. L’oubli total de soi est impossible, mais dans son travail, il en est plus proche que n’importe quel autre acteur au monde.»

Little Boston, la ville de l'or noir

Lorsque Paul Thomas Anderson a envoyé son scénario aux techniciens avec qui il souhaitait travailler, il a joint un cahier contenant plus d’une centaine de photographies d’époque. Elles étaient destinées à servir d’inspiration pour ce qu’il cherchait à créer : un film d’époque qui vous englobe dans son univers et paraisse détaché du temps, qui ne soit pas notre monde d’aujourd’hui et ne soit pas non plus rattaché à une période précise.

Les costumes

Les costumes créés par Mark Bridges contribuent dans une large mesure à concrétiser le monde vivant voulu par Paul Thomas Anderson. Le chef costumier a déjà fait équipe à plusieurs reprises avec le réalisateur, mais There Will Be Blood représentait pour les deux hommes un territoire inconnu : c’est leur premier film d’époque, sur une des périodes les plus évocatrices et les plus romancées de l’histoire de l’Amérique.

Une brève histoire du pétrole californien

Longtemps, la principale industrie d’exportation de la Californie a été, juste derrière le cinéma, le pétrole. Cet État est certainement moins célèbre que le Texas pour ses ressources pétrolières, mais la croissance rapide de l’industrie du pétrole au tout début du XXe siècle a joué un rôle central dans le développement de la région. Cette soudaine richesse a fait de la Californie une terre de rêve pour beaucoup.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 1 785 entrées

  • 1ère semaine France : 180 519 entrées