Thirst restera comme la première grande production susceptible d'imposer le cinéma coréen sur le marché mondial. Il s'agit du premier film coréen à obtenir le financement d'un grand studio hollywoodien, Universal, et à garantir sa distribution sur le territoire américain.
Focus Features, distributeur du film aux Etats-Unis, a notamment accompagné la sortie d'œuvres marquantes comme Lust, Caution et
Le Secret De Brokeback Mountain d'Ang Lee,
Les Promesses De L'Ombre de David Cronenberg et
Reviens-moi de Joe Wright.
Une histoire de désir, une histoire de vampire !
Park Chan Wook porte ce projet en lui depuis très longtemps, c'est une adaptation libre de Thérèse Raquin, un drame érotique et horrifique qui revisite les codes du film de vampires. La phrase d'accroche de l'affiche :"
Lusting after sinful pleasures" laisse présager d'un film sans tabou où le sexe et le
sang sont intimement mêlés.
La concrétisation d’un rêve vieux de dix ans
Thirst est un projet que
Park Chan-wook cherchait à développer depuis longtemps. Dans ses précédents films, comme
Old Boy,
Sympathy For Mr. Vengeance et
Lady Vengeance, Park a mis en scène des personnages confrontés à des dilemmes d'ordre éthique. En parlant d'individus criminels luttant pour leur rédemption, il s'est souvent penché sur des questions existentielles. L'ironie de la situation d'un prêtre – symbole absolu de l'humanisme – obligé de se nourrir de
sang humain pour survivre, illustre formidablement les rapports entre péché et rédemption qui intéressent le réalisateur depuis longtemps. Cela fait dix ans que Park envisageait de mener à bien ce projet. Il a demandé à
Song Kang-ho d'y tenir un rôle à l'époque de
Joint Security Area. Et dans
3…extrêmes, il a inventé un personnage de metteur en scène qui réalise un film de vampire, afin de mettre en place certaines situations dramatiques qu'on retrouve dans
Thirst.
Thirst résume parfaitement les thématiques et le style visuel de l'œuvre de
Park Chan-wook.
Déconstruire le mythe du vampire
Après sa trilogie de la vengeance, Park a changé de registre en signant
Je Suis Un Cyborg, une comédie sentimentale totalement iconoclaste et terriblement émouvante. Aujourd'hui, le cinéaste s’attelle à un nouveau genre : le mélodrame de vampire à scandale.
"Mélodrame de vampire à scandale" est l'expression qui définit le mieux le film. En effet, le réalisateur mêle l'histoire d'un prêtre devenu vampire à une relation amoureuse sulfureuse poussée à son paroxysme par des circonstances bouleversantes.
Un prêtre, qui n'a jamais voulu que servir Dieu, obtient la vie éternelle en devenant vampire par accident. Pour survivre, il est contraint de tuer son prochain, ce qui, à ses yeux, est le plus grand des péchés. En perdant l'amour de Dieu, mais en acceptant l'amour d'une femme, il se retrouve face à un dilemme où un instant de plaisir peut provoquer sa propre perte.