Annette Bening (Nic) : Pour moi, en matière de cinéma, tout découle de l’écriture. Tout va bien ! The kids are all right est une belle et émouvante histoire sur une famille dont les membres s’aiment profondément, et qui traverse, comme beaucoup de familles, des choses que nous connaissons et avons tous vécues. Il y a beaucoup d’émotion, d’authenticité et d’humanité dans cette histoire, mais elle n’est ni mielleuse ni trop sérieuse.
Julianne Moore (Jules) : Ce qui m’a plu dans cette histoire très amusante, c’est qu’elle parle de la situation dans laquelle on se trouve quand on vit depuis longtemps avec une personne avec qui on a eu des enfants. Dans le film, Annette et moi sommes mariées, nous avons des enfants et nous savons ce que c’est que d’être des parents.
Mia Wasikowska (Joni) : Les relations qu’entretiennent les membres d’une famille se transforment quand les enfants grandissent et commencent à vivre leur propre vie.
Annette Bening : Tous les personnages de l’histoire ont leur propre arc émotionnel. Nic et Jules sont de très bonnes mères, elles ont élevé leurs enfants avec amour, en leur apportant tout leur soutien. Elles font de leur mieux pour leur famille et sont très différentes l’une de l’autre.
Julianne Moore : Mon personnage a occupé différents emplois, elle a étudié dans une école d’architecture, elle a géré sa propre affaire, et maintenant elle essaye de devenir paysagiste. Dans le couple, c’est elle qui a joué le rôle de mère au foyer. L’idée de voir partir Joni est difficile à accepter pour elle, parce que cela marque la fin de cette vie qu’elle a passée à la maison avec les enfants. Cela crée une dynamique très complexe. Dans les films, les personnages ont en général une idée claire de ce qu’ils vont faire, alors que dans la vie beaucoup de personnes n’en ont aucune idée. C’était ce qui m’intéressait chez Jules, elle a le sentiment de ne pas pouvoir avancer, elle se sent coincée, et Nic doit faire face à cela et l’aider à trouver une solution. Le fait que Jules soit dans une période aussi incertaine de sa vie allait être très intéressant à jouer.
Annette Bening : En lisant le scénario, j’ai eu le sentiment de comprendre Nic à la perfection. J’ai vu en elle une femme intelligente, solide et équilibrée, qui traverse une phase de l’existence très difficile.
Mia Wasikowska : Nic et Jules font ressortir différents aspects de la personnalité de Joni. Joni est une perfectionniste, une jeune femme ambitieuse qui veut réussir ses études.
Josh Hutcherson (Laser) : Laser s’entend très bien avec ses mères, mais quand il rencontre Paul il découvre la première véritable présence masculine dans sa vie. C’est lui qui demande à rencontrer son père biologique au début du film.
Mark Ruffalo (Paul) : Paul est attiré par l’idée de reprendre les choses là où les mères se sont arrêtées. Je crois que Laser s’attendait à un père un peu plus « traditionnel », mais Paul est un type très ouvert qui aime s’amuser. Il ne laisse pas complètement tomber Laser, mais il va là où il a davantage de retour, c’est-à-dire vers Joni.
Josh Hutcherson : Laser garde ses distances, il ne baisse pas complètement la garde avec Paul, alors que Joni est beaucoup plus ouverte avec lui.
Mia Wasikowska : Au début, elle est pleine d’appréhen- sion parce qu’elle ne s’attendait à vivre un jour ce genre de relation.
Mark Ruffalo : Paul n’a jamais été capable d’avoir une relation vraiment sérieuse et suivie avec une femme, alors quand il reçoit ce coup de fil qui lui apprend qu’il a des enfants nés du sperme qu’il a donné il y a des années, je pense qu’il ressent un peu de fierté. C’est le rêve, il se dit : « Je vais enfin pouvoir devenir papa », et en plus il sait qu’il n’aura pas à s’occuper d’un bébé.
Julianne Moore : Le noyau de la famille est bien sûr consti- tué par les parents, et ce que je trouve très intéressant ici c’est que leur relation est tout à fait normale. Dans le scénario, il était écrit que Nic étudiait à l’UCLA quand Jules est entrée dans sa vie. Elle était probablement dans la même université. Elles se sont rencontrées et elles ont fondé une famille.
Annette Bening : Ces deux parents ont passé toute leur vie d’adulte ensemble, comme c’est le cas dans beaucoup de familles, et l’histoire n’est jamais gênée ou alourdie par le fait qu’il s’agit de deux femmes. Leur sexe n’est qu’un élément secondaire de l’histoire et de cette famille.
Mark Ruffalo : Pour Paul, Jules représente l’ultime conquête parce qu’en plus d’être mariée, elle est lesbienne ! C’est le fruit défendu, une sorte de tabou. Et le fait d’être les parents d’un même enfant crée immédiatement entre eux un lien et une intimité. J’avais déjà travaillé avec Julianne sur Blindness et nous avions développé une certaine complicité. Notre amitié a rendu le tournage de nos scènes sexy beaucoup plus facile.
Julianne Moore : Pour ma part, travailler avec quelqu’un que je connaissais aussi bien a rendu les choses moins bizarres. J’ai rencontré Lisa pour la première fois il y a des années à un événement de Women in Film. J’avais vu son film, High art, qui était absolument brillant, et je lui ai demandé pourquoi elle ne m’avait pas fait lire le scénario. Nous sommes restées en contact et un jour, elle m’a envoyé le scénario qu’elle avait écrit avec Stuart. Il a fallu attendre plusieurs années avant que nous puis- sions enfin tourner le film.
Josh Hutcherson : L’ambiance et le rythme de Tout va bien ! The kids are all right, m’ont rappelé Laurel - Canyon, le deuxième film de Lisa, que j’avais beaucoup aimé. En tant qu’acteur, il y avait beaucoup de choses très émouvantes et personnelles à exploiter dans cette histoire.
Mia Wasikowska : En lisant le scénario, je me suis beau- coup identifiée à Joni et me la suis représentée mentalement. Pour me préparer à jouer le personnage, j’ai imité cette image. J’ai aussi lu et relu le scénario plusieurs fois, et ensuite j’ai écrit sur elle tout ce qui me passait par la tête.
Annette Bening : Pour la séquence du dîner, Lisa savait à l’avance comment rendre ce moment particulièrement intense et poignant pour Nic. Elle savait très exactement où elle allait poser la caméra et quand la musique allait commencer. Lisa est un peu comme une romancière qui vous dévoile peu à peu son histoire. Nous avons parlé des relations entre les personnages et détaillé leur parcours. Certaines parties de leur histoire ont été ajoutées au scénario, et d’autres non, mais je les avais en tête en jouant mon personnage. Lisa et Stuart ont continué de travailler sur le scénario jusqu’au dernier jour.
Annette Bening : Tout va bien ! The kids are all right a le parfum de la vraie vie : ses complications, ses joies, ses peines, ses déceptions, ses névroses, et la complexité des rapports humains.
Julianne Moore : Le film parle de ce que c’est que de faire partie d’une famille, et c’est une chose que nous comprenons tous très bien, quels que soient notre culture ou notre âge.