Notes de Prod. : Toute la beauté du Monde

    en DVD le 06 Septembre 2006

Entretien avec Marc Esposito

TOUTE LA BEAUTE DU MONDE est adapté d'un roman que vous aviez écrit avant de réaliser Le cœur des hommes. Quelle a été la genèse exacte de ce nouveau film ?
J'ai eu l'idée de TOUTE LA BEAUTE DU MONDE en 1989. J'ai d'abord voulu en faire un film. J'ai commencé à écrire un premier scénario en 1994, lors de mon premier voyage à Bali. Le film a failli se faire une première fois, avant de capoter deux ans plus tard. J'ai alors écrit un roman qui est sorti fin 1999 puis j'ai réalisé LE CŒUR DES HOMMES. Mais avant même la sortie du "Cœur", j'ai dit à mon producteur, Pierre Javaux : « Le film que je voudrais faire après, c'est TOUTE LA BEAUTE DU MONDE. Il a tout de suite été partant.

L'histoire elle-même a-t-elle beaucoup évolué au cours de ces différentes étapes ?
Non, toute l'histoire m'est venue d'un seul coup : le fait qu'elle ait perdu son mari, qu'un homme tombe amoureux d'elle, qu'ils partent ensemble en voyage, qu'il se passe du temps avant qu'il ne se fasse aimer... J'étais en train de faire tout autre chose - en l'occurrence, un long article sur Dustin Hoffman pour Studio - et cette histoire m'a littéralement traversé la tête. J'ai encore les vingt pages que j'ai écrites d'une seule traite à l'époque. Pourquoi cette histoire-là m'est apparue ? Je n'en sais rien. C'est assez mystérieux et cela ne m'est plus jamais arrivé.

Le titre du film, qui résonne comme une promesse , était-il déjà présent au départ lui aussi ?
Non, le titre est venu assez vite, mais un peu plus tard. En revanche, il y a tout de suite eu cette idée qu'une femme qui souffre va aller mieux parce qu'elle se rend dans un endroit où la nature est éblouissante. Pourtant, à l'époque, même si mes voyages en Asie m'avaient marqué, je ne peux pas dire que mes contacts avec la nature étaient très poussés…

Avez-vous le sentiment que l'écriture du roman a amélioré le film tel qu'il est aujourd'hui ?
Le roman a été une sorte d'approfondissement. Avant d'écrire le livre, j'avais déjà pas mal travaillé sur un premier script - il y avait eu dix versions - je dirais donc que la dramaturgie de l'histoire était en place. Mais un roman fait trois cents pages, un scénario cent. L'écriture du livre a donc enrichi l'histoire et m'a surtout permis de m'approprier encore plus le récit, les personnages, les thèmes.

La relation de Franck et Tina est beaucoup faite de non-dits. Quelles ont été les principales difficultés pour transposer cette relation à l'écran ?
Dès que je me suis mis à écrire le scénario, je me suis rendu compte que je cherchais à exprimer des choses très subtiles que les mots allaient alourdir. Traduire à l'écran l'évolution de Tina, qui va mieux grâce à la beauté du monde, montrer cet homme amoureux, qui ne peut pas trop se déclarer sans être pesant, ce n'était pas évident, je savais que j'allais forcément avoir à mettre en scène pas mal de scènes sans dialogues. C'était le pari du film, et c'était un pari excitant.

Bali joue un rôle essentiel dans le film, celui d'un révélateur. On a même l'impression que cette histoire n'aurait jamais pu arriver ailleurs que sur cette île que Franck qualifie de paradisiaque…
Au départ, Tina était censée effectuer un voyage dans toute l'Asie, de Bali jusqu'en Chine, en passant le Vietnam, la Malaisie, la Thaïlande, etc.. Mais quand j'ai découvert Bali, je me suis rendu compte que cet endroit offrait tous les paysages dont je rêvais : les montagnes, les rizières, les plages, les volcans… Tout ce que j'avais imaginé trouvait ici sa justification. Et puis, cette île a vraiment quelque chose de spécial, une magie, une spiritualité, une beauté qui dégagent une sensation très positive. C'était très important, car "Toute la beauté du monde" commence comme un mélodrame et finit comme une comédie romantique. C'est un autre pari du film : aller du malheur au bonheur en 1h40. Et la passerelle qui permet à cette femme d'aller de l'un à l'autre, c'est la nature de Bali et Franck, qui est son guide.

Comment avez-vous choisi vos deux acteurs, Zoé Felix et Marc Lavoine ?
J'ai toujours eu besoin de trouver d'abord l'interprète de Tina. C'est un personnage que j'ai évidemment pas mal idéalisé, et qui est très défini dans ma tête. Par exemple, Tina ne pouvait pas être une petite blonde, même si elle avait été super jolie. Il fallait que ce soit une grande brune, un peu froide, qui ait l'air forte. Quand j'étais au montage du CŒUR DES HOMMES, Zoé m'émouvait à chaque fois qu'elle apparaissait, même dans des scènes non émouvantes. Je trouvais qu'elle traduisait bien une phrase du livre, qui dit que Tina a "un visage de comédie". Je ne voulais pas d'une actrice "dramatique". Il fallait une actrice qui laisse penser que s'il ne lui était pas arrivé ce malheur, elle serait légère et rayonnante. Pour le personnage de Franck, au début, ça me paraissait étrange de choisir un des comédiens du CŒUR DES HOMMES, et en même temps, je n'avais envie que de ça. Marc Lavoine s'est vite imposé, comme une évidence, quand j'ai réalisé qu'il avait, comme Franck dans le roman, une histoire personnelle, profonde, très forte, avec Bali, depuis vingt ans.

C'est à dire ?
Marc a eu pendant vingt ans, un ami balinais, qui était un peu son maître spirituel, et qui est mort en 1999. Marc n'était pas retourné à Bali depuis. Il y a forcément eu beaucoup de moments pendant le tournage où il s'est senti en connexion avec cet ami, avec cette île. Il était parfois dans une émotion qui dépassait le film.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 74 681 entrées
  • Cumul IDF : 124 491 entrées

  • 1ère semaine France : 271 939 entrées
  • Cumul France : 601 642 entrées