Notes de Prod. : Transamerica

    en DVD le 07 Décembre 2006

Entretien avec l'équipe du film

Le film s'ouvre sur un plan saisissant : une femme séduisante fixe la caméra en faisant des vocalises. On comprend alors qu'il s'agit d'un programme vidéo destiné à aider Bree à devenir une femme. Cette toute première scène permet également au spectateur d'assister à la transformation d'une star de série télé en un personnage méconnaissable dont le désir le plus cher est de passer désormais inaperçue.
Pour Duncan Tucker, auteur et réalisateur du film, « Transamerica est subversif dans la mesure où le protagoniste est une femme transsexuelle, alors même qu'il ne s'agit pas d'un film sur la transsexualité. En réalité, il s'agit de l'histoire classique d'un parent, d'un enfant et de leurs liens familiaux.»

Pour Felicity Huffman, son jeu était censé exprimer la notion d'aliénation et de mal-être. Avait-elle le sentiment de se mettre en danger en acceptant le rôle ?
«Je n'ai pas eu le sentiment d'être en danger, mais j'avoue que j'ai eu peur», reconnaît-elle. «Je n'ai pas cru que j'y arriverais. Je ne connaissais rien à la transsexualité. Comment une femme doit-elle aborder le rôle d'un homme s'apprêtant à devenir une femme ? Suis-je d'abord devenue un homme et me suis-je alors demandé comment, en tant qu'homme, je pourrais laisser libre cours à ma féminité ?»
«Je crois que Felicity s'est montrée téméraire en jouant Bree parce qu'il y a toujours un risque à être perçu sous un jour différent ou à être catalogué dans un emploi quand on joue un rôle tel que celui-ci», explique le producteur Sebastian Dungan. «Mais je crois aussi que Felicity, en tant qu'artiste, est fondamentalement honnête et qu'en tant qu'être humain, elle adore relever des défis. Du coup, je ne pense pas qu'elle se soit souciée de son image ou de son prestige. Elle a senti qu'il s'agissait d'un rôle formidable et elle s'y est totalement investie."
"Tout le monde est passé par là où est passée Bree : un sentiment de timidité exacerbée, l'impression de ne pas être à sa place, la de dissimuler sa véritable identité à ceux qu'on aime. Certes, les êtres qui éprouvent une souffrance liée au trouble de l'identité ont une sensibilité décuplée, mais il s'agit tout de même d'une facette de l'esprit humain. Ce qui est formidable, c'est que Transamerica n'est pas un film à thèse, mais une œuvre dans laquelle chacun d'entre nous peut se reconnaître parce que les combats qu'y mènent les personnages sont authentiques et universels.»

Les auteurs de Transamerica savaient précisément quel genre d'actrice ils souhaitaient pour Bree.
«Le choix de l'interprète était l'un des plus grands défis à relever pour ce film», précise Dungan. «On nous a souvent conseillé de choisir un comédien, mais nous ne voulions surtout pas que Bree ait l'air d'un homme habillé en femme. On s'est dit que ce serait trop difficile de faire passer un homme pour une femme transsexuelle sans un appareillage prosthétique ou un maquillage coûteux et complexe.»

Bien que Bree soit interprétée par une femme, Felicity Huffman a dû subir une transformation physique et émotionnelle radicale afin de se préparer pour le rôle.
«Il m'a fallu comprendre la dimension physique du personnage», explique-t-elle. «J'ai rencontré deux femmes exceptionnelles, Andrea James et Calpurnia Adams dont le parcours a inspiré le téléfilm “A Soldier's Girl“. Elles ne m'ont pas seulement parlé de leurs troubles de l'identité sexuelle, mais aussi des enjeux physiques d'une telle démarche. Elles m'ont servi d'anges gardiens tout au long du tournage.»
«J'ai travaillé avec une formidable coach, Danea Doyle, qui apprend aux transsexuelles à se comporter comme des femmes. Elle m'a tout appris : comment marcher, lever les bras ou effectuer des gestes des mains. Par exemple, les hommes ont les bras plus longs et les mains beaucoup plus fortes que les femmes : pour dissimuler cette différence physique, je gardais les coudes bien serrés contre moi et je repliais soigneusement mes mains l'une sur l'autre. J'ai aussi appris à me lever,
à marcher et à faire divers mouvements. Chose étrange, pour moi, il s'agissait essentiellement d'apprendre à gagner en féminité.»

«Le plus difficile, c'est la voix. Même si vous ressemblez à Kate Moss, mais que vous avez la voix de James Earl Jones ou de Tony Curtis dans Certains L'Aiment Chaud, ça ne peut pas faire l'affaire. Bien entendu, Andrea n'avait jamais eu à travailler dans ce sens-là - autrement dit, à faire en sorte qu'une femme prenne la voix d'un homme qui cherche à avoir la voix d'une femme ! »

«On s'imagine souvent que les femmes transsexuelles ont une allure étrange, et qu'elles sont un peu larguées entre masculinité et féminité», reprend Tucker. «C'est parce qu'on ne remarque que les transsexuels chez qui le changement de sexe est ostensible. Or, en réalité, chaque année des centaines de gens passent à l'acte et se fondent dans la société de manière invisible.»

À propos des transsexuels et de transamerica

Duncan Tucker explique : "Il y a quelques années, je me suis lié d'amitié avec une femme charmante qui m'a raconté, peu après notre rencontre, qu'elle s'apprêtait à changer de sexe. Elle avait suivi plusieurs traitements : une électrolyse, une opération de féminisation du visage, plusieurs années de prise d'hormones - tout sauf l'opération des organes génitaux. Avant qu'elle ne se confie à moi, je ne m'étais nullement douté qu'elle n'était pas une femme de naissance. Sa vie avait été terriblement difficile. Sa famille et ses amis l'avaient fait souffrir, puis rejetée. Elle se débattait entre sa solitude, les souvenirs douloureux de son passé et un avenir incertain. Et pourtant, elle accompagnait chaque récit déchirant d'une histoire aussi drôle qu'étonnante. Surtout, cette amie aspirait à une «vie normale». Son courage et son sens de l'humour m'ont ému. Je me demandais si elle réussirait un jour à voir son rêve devenir réalité.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 26 034 entrées
  • Cumul IDF : 71 516 entrées

  • 1ère semaine France : 47 138 entrées
  • Cumul France : 141 517 entrées