Notes de Prod. : Transamerica

    en DVD le 07 Décembre 2006

À propos des transsexuels et de transamerica

Duncan Tucker explique : "Il y a quelques années, je me suis lié d'amitié avec une femme charmante qui m'a raconté, peu après notre rencontre, qu'elle s'apprêtait à changer de sexe. Elle avait suivi plusieurs traitements : une électrolyse, une opération de féminisation du visage, plusieurs années de prise d'hormones - tout sauf l'opération des organes génitaux. Avant qu'elle ne se confie à moi, je ne m'étais nullement douté qu'elle n'était pas une femme de naissance. Sa vie avait été terriblement difficile. Sa famille et ses amis l'avaient fait souffrir, puis rejetée. Elle se débattait entre sa solitude, les souvenirs douloureux de son passé et un avenir incertain. Et pourtant, elle accompagnait chaque récit déchirant d'une histoire aussi drôle qu'étonnante. Surtout, cette amie aspirait à une «vie normale». Son courage et son sens de l'humour m'ont ému. Je me demandais si elle réussirait un jour à voir son rêve devenir réalité.
C'est comme cela que le projet de Transamerica est né. Au cours de l'écriture du scénario, j'en ai rencontré plusieurs autres qui avaient subi - ou allaient subir - l'opération. Parfois, j'étais témoin d'une colère que rien ne saurait apaiser. Le plus souvent, j'étais témoin d'un courage extraordinaire et d'une grande beauté d'âme. Chez la plupart d'entre elles - comme chez mon amie -, rien n'aurait pu suggérer qu'elles n'étaient pas nées femmes. Au cours de mes recherches pour le film, j'ai aussi rencontré plusieurs garçons dans des situations semblables à celle de Toby. Mon court métrage, “The Mountain King“ s'inspirait de mes discussions avec eux. Pendant un semestre, j'ai enseigné le cinéma à des jeunes gens homosexuels et transsexuels, victimes de maltraitances, à la Harvey Milk School de New-York. La plupart de mes étudiants s'étaient prostitués dès qu'ils avaient quitté le lycée. Comme ces garçons, Toby souffre de troubles liés à l'estime de soi. Il se hasarde à essayer des drogues dures. Il a du mal à avoir des relations avec les adultes qui ne passent pas par le sexe. Il peut être effrayant, mais il peut aussi s'avérer bouleversant. Comme l'explique le docteur Spikowsky à Bree, au début de Transamerica, la transsexualité est citée par le Manuel diagnostique et statistique des pathologies mentales édité par l'Association Américaine de Psychiatrie. Cela a eu le double effet de donner un caractère légitime à la transsexualité - elle fait l'objet d'un diagnostic médical - et de stigmatiser la transsexualité comme maladie mentale. Je pense que la transsexualité est une condition biologique, plutôt que psychologique, mais qu'il s'agisse d'un état génétique, chromosomique ou du résultat de circonstances particulières liées au développement du fœtus - je n'en sais rien. J'estime que la transsexualité n'est PAS une maladie mentale, même si, bien entendu, être transsexuel dans une société qui rejette le phénomène entraîne des perturbations affectives très douloureuses. »

Entretien avec l'équipe du film

Le film s'ouvre sur un plan saisissant : une femme séduisante fixe la caméra en faisant des vocalises. On comprend alors qu'il s'agit d'un programme vidéo destiné à aider Bree à devenir une femme. Cette toute première scène permet également au spectateur d'assister à la transformation d'une star de série télé en un personnage méconnaissable dont le désir le plus cher est de passer désormais inaperçue.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 26 034 entrées
  • Cumul IDF : 71 516 entrées

  • 1ère semaine France : 47 138 entrées
  • Cumul France : 141 517 entrées