Racontez-nous la première semaine du tournage de Trésor ?
Même s’il avait des difficultés à parler, Claude m’avait raconté le film. Un
Claude Berri pas en forme ça vaut quand même plein de mecs très très en forme… Le cerveau fonctionnait bien, l’œil était vif, et finalement comme il dit les choses en peu de mots, la synthèse est plus violente et plus brillante. Pendant le tournage, Claude se tenait dans son fauteuil près du combo, il disait « Moteur ! », « Action ! », discutait avec
François Dupeyron qui relayait. Parfois, c’est Claude qui donnait des indications très précises et à chaque fois, je me disait : « Ah oui, effectivement, il a raison ».
Vous souvenez-vous de la première scène que vous avez tourné le lundi après son décès ?
Je me souviens que c’était dans l’appartement de Nathalie et Jean-Pierre, les deux personnages du film. Je suis devant la télé et regarde des dessins animés et des émissions où l’on voit des chiens. Jean-Pierre devait être de mauvaise humeur et un peu déprimé…
Peut-on vraiment dire que Trésor est un film de Claude Berri ?
Oui. C’est un film de
Claude Berri. Il l’a écrit, préparé et a commencé à le tourner. Sa famille de travail et
François Dupeyron ont ensuite été très attentifs à plein de petits détails et se sont souvenus de ce qu’il voulait, de ses moindres souhaits. L’esprit de Claude a été respecté avec beaucoup d’amour.