Notes de Prod. : Trop belle !

    en DVD le 26 Octobre 2010

Trop belle ! : Notes de production

Dès le début de leur collaboration, les producteurs Jimmy Miller, David Householter et George Gatins étaient conscients que Trop Belle ! avait surtout besoin de personnages crédibles. « Nous savions bien que la qualité du script tenait à son mélange de gags transgressifs, de sensibilité et d’affection sincère pour ses personnages, » explique Gatins, producteur exécutif. « Ce genre de film doit avoir du cœur. Si les personnages ressemblent à des caricatures plutôt qu’à des vrais gens, le public se fichera éperdument de savoir s’ils finissent ou non par se mettre ensemble. »

Pour les producteurs, la première étape consistait à trouver un réalisateur partageant leur sensibilité et leur point de vue. « Nous avions vu un court-métrage de ce jeune réalisateur de pub et de sketchs comiques nommé Jim Field Smith, » se souvient Garins. « Jim n’avait jamais dirigé de long-métrage auparavant, mais il était clair qu’il avait un sens inné des détails comiques qui proviennent de la vie de tous les jours. »
Field Smith était à Londres, où il vit, quand il reçut le coup de fil surprise de son agent à Los Angeles lui apprenant que DreamWorks envisageait de lui confier la réalisation d’une comédie romantique. « J’ai adoré le script, » se souvient-il « parce que le comique venait des personnages plutôt que d’une formule mécanique. J’ai pris le premier avion pour Los Angeles afin de rencontrer les producteurs. »

Aux yeux de Field Smith, les scénaristes Sean Anders & Tim Morris s’étaient nourris d’une expérience universelle. « Le concept était en béton et il reposait sur des personnages fantastiques, » poursuit-il. « Il m’était déjà arrivé qu’on me propose des comédies ‘high concept’ et de me dire ‘wow, super, mais je ne suis pas sûr d’être le mec qu’il faut pour ça’ ». Alors que là, au lieu de n’être qu’une énième histoire de geek qui se tape la fille sexy, il y a une vraie profondeur émotionnelle sous des dehors comiques plus basiques, et c’est dans la fusion des deux que réside le cœur du projet. Du simple fait que l’on a une bonne dose d’empathie et de proximité avec les personnages, les scènes les plus outrancières sont crédibles et – du moins on l’espère – d’autant plus marrantes. »

« Ça a toujours été ma façon d’envisager la comédie, poursuit le metteur en scène. Je tiens à m’assurer que les personnages soient vrais et consistants avant de m’échiner à leur faire vivre un enfer, parce que j’ai besoin d’imaginer comment je réagirais si j’étais à leur place. Il est toujours rigolo de voir quelqu’un glisser sur une peau de banane. Mais ce qui l’est encore plus, c’est qu’une fois étalé par terre, son téléphone sonne et que ce soit sa copine qui lui annonce qu’elle le largue. Il me semble que c’est 400 fois plus drôle, parce que ça l’oblige à se relever au sens propre comme au figuré. »

Après ce premier contact avec Field Smith, les producteurs avaient compris qu’il avait l’approche parfaite du sujet. « Jim ne se focalisait pas que sur les deux personnages principaux, » dit Gatins. « Il y a beaucoup de personnages différents dans ce film, et ils sont tous très importants. Il avait l’air de savoir comment les gérer tous et leur donner à chacun une place bien particulière. »

Le personnage principal, Kirk Kettner, travaille comme agent de sécurité d’un aéroport mais a toujours rêvé de devenir pilote. « Les deux boulots ont beau être très proches géographiquement, ils sont à des kilomètres en termes de statut social et de glamour, » observe Field Smith. « Kirk attend que quelque chose se produise dans sa vie, mais il n’est pas assez motivé pour se prendre lui-même en main. Beaucoup de jeunes gens connaissent ce type de situation. »

De son côté, Molly, qui a brièvement été avocate, s’épanouit désormais comme organisatrice de soirées en collaboration avec son amie Patty, mais elle a honte de l’annoncer à ses parents. « De prime abord, on pourrait penser que c’est Molly qui va donner à Kirk l’assurance dont il a besoin pour être lui-même, » dit Field Smith.
Mais c’est en fait l’inverse qui se produit. Molly a beau être intelligente et jolie, c’est elle qui trouve chez Kirk des réponses à des questions qu’elle n’avait jamais osé se poser jusque-là. « C’est comme s’il mettait en lumière certains problèmes et certaines failles dans sa vie, » poursuit le réalisateur. « Elle mérite peut-être 10/10 physiquement, mais l’argent compte beaucoup pour elle, de même que l’avis de ses amis et son apparence – toutes choses dont lui se fiche éperdument. D’ailleurs, c’est seulement quand ils se mettent l’un et l’autre à écouter les avis discordants de leurs amis que les choses commencent à coincer. »

Le doute s’installe en raison du système pourtant loin d’être infaillible mis au point par les potes de Kirk pour calculer le potentiel de séduction de chacun. T.j. Miller, dont le personnage, Jaunâtre, est le partisan le plus convaincu de ce système d’évaluation, explique les équations complexes qui en forment le fondement théorique. « A la base, c’est un simple système de notation de 1 à 10, 10 étant ce qui se fait de mieux et 1 ce qui se fait de pire. Une infime minorité, dont fait partie Molly, sont des « 10 absolus », c’est-à-dire tellement beaux qu’aucun bémol n’est susceptible de venir affaiblir leur note. »

A partir d’une première note strictement physique, Jaunasse applique toute une batterie de pondérations qui font gagner ou perdre des points. Comment est votre voiture ? Si c’est un tas de boue, vous perdez un point – à moins que vous ne soyez un artiste, auquel cas il est admis et même conseillé que votre voiture soit pourrie. Un mec peut espérer gagner un point s’il est dans un groupe de rock, s’il s’habille bien ou s’il prend soin de sa pilosité.

D’après les calculs de Jaunâtre, Kirk vaut 5, ce qui lui rend Molly inaccessible, étant entendu qu’il ne peut y avoir plus de deux points d’écart entre les deux membres d’un couple.
« Personnellement, je ne pourrais jamais donner une note à une femme, » rigole Miller. « J’ai mon propre système d’évaluation. De mon point de vue, évaluer les femmes nécessite au moins un code alphanumérique. Selon ce système, certaines femmes seraient des 849B. »

A propos du casting de Trop belle !

Pour sa première expérience derrière la caméra, Field Smith devait s’acquitter d’une tâche qui se serait révélée délicate pour le plus chevronné des réalisateurs : « caster » pas moins de trente rôles parlants et neuf personnages principaux. Mais il pouvait se nourrir de son expérience du monde de la comédie et de l’improvisation pour tenter de réunir une troupe d’acteurs sur la même longueur d’ondes que lui. « C’est une vraie performance d’ensemble, » dit-il. « Bien sûr, il y a Molly et Kirk, nos héros, mais une bonne part des ressorts comiques proviennent du groupe de copains et de la famille tordue de Kirk. Beaucoup tient à la qualité du dialogue. Pour que ça marche, il faut des comédiens qui s’inspirent les uns les autres et font vivre le dialogue. »

Trop belle ! : Aéroports, stades et ambiance

Pour établir quelle serait la ville idéale qui pourrait servir de contexte à Trop Belle !, les créateurs du film ont listé ce dont ils avaient impérativement besoin : quelques lieux romantiques luxueux, une équipe de hockey évoluant en NHL et, le plus important, un aéroport disponible pour une longue période de tournage.