Qui est la plus « chouineuse » des trois ?
Corinne : Il y a eu une évolution !
Juliette : On m’appelait « la chouine » quand j’étais petite. Mais ça m’a passé.
Christine : Je l’ai été très longtemps, mais maintenant ça va mieux. Ce n’est pas pour rien que je jouais le personnage de Pénélope dans nos pièces de théâtre. J’étais incapable de m’exprimer avec des mots, donc ça finissait soit par sortir en cris soit en crise de larmes.
Juliette : C’était silence, silence, silence, et « AHHHHHHH » !!
Christine : Ou alors : « BOOUHH » !
Corinne : Moi, c’est plus quand la fatigue est là.
Christine : Non, toi tu es plus dans le « Nan, mais si, mais occupez-vous de moi, je suis malade ! ».
Juliette : Corinne geint. Elle demande l’attention. C’est comme un chien, un labrador.
Corinne : Je n’arrive pas à le formuler, donc je reste dans mon coin. Je geins.
Juliette : Donc on a qu’une envie c’est de lui mettre des coups de pied ! Elle obtient l’effet inverse de ce qu’elle veut. Moi, je peux faire les grandes larmes. J’ai une capacité de larmes inépuisables. Je pleure comme un veau. Et puis je hoquette !
La plus culottée ?
Juliette : C’est moi ! Pas de timidité, pas d’inhibition. Enfin si !!
Christine : Moi, je suis tout l’inverse.
Corinne : Moi, il faut vraiment que je sois énervée.
Christine : Ou bourrée ! Corinne n’a pas de peurs physiques. Donc elle ose des trucs.
Elle est allée séparer des mecs qui se bagarraient en les prenant par les oreilles comme s’ils avaient 8 ans, alors qu’ils faisaient deux fois sa taille. En ce qui concerne Juliette, je me rappelle que quand on n’avait pas une tune, elle rentrait dans des boutiques hyper chics. Elle se faisait apporter la moitié des fringues par la vendeuse. Moi, je n’osais pas rentrer dans la boutique. Je la regardais fascinée. Elle savait qu’elle n’allait rien acheter.
Et après, elle ressortait ! Juliette m’a aussi appris à rentrer dans un bar et à se faire payer des verres. On était parties en tournée sans argent.
Juliette : Mon père est un pilier de bar. Donc je sais comment ça marche. Donc je sais où sont les hommes qui paient des verres ! Quant à Christine, une fois qu’on l’a bien énervée, elle peut déclencher des guerres contre des armées, seule.
Christine : Je peux me mettre debout devant un tank !
Juliette : Je pense qu’elle peut renverser des régimes !
Christine : Mais en général, je n’ose pas. J’ai peur des gens. Ou alors il faut que je sois très énervée ou saoule !!
La plus gaffeuse ?
Corinne : C’est Christine !
Christine : Je ne suis pas la reine de la discrétion, mais je ne trouve pas que ce soit des gaffes. Ou alors je fais des jeux de mot pouraves dans des endroits où je ne devrais pas les faire, sans m’en rendre compte. Ce n’est pas pour la provoc. Par contre, je ne gaffe pas quand je suis censée me taire.
Juliette : Corinne confond tous les gens et elle croit qu’elle connaît tout le monde. C’est le genre à aller voir George Clooney, ne pas le reconnaître et lui dire : « Mais si, on doit bien se connaître de quelque part !! Regarde-moi ! ». Nous, on est à côté et on peut avoir super honte !
La plus délurée ?
Juliette : Ça dépend des époques. C’est une affaire d’âge.
Corinne : Christine a eu son époque très délurée. N’ayons pas peur des mots. Bon, maintenant, tu es mariée. Est-ce que c’est ta nature qui est contrainte ou est-ce que tu as changé, on ne le sait pas !
Juliette : Ensuite, pendant des années, ça a été moi. J’y allais fort. Des hommes mariés. Plusieurs hommes mariés.
Christine : Les mini jupes aussi !
Juliette : Oui. Les mini shorts. Les bottes...Puis c’est Corinne qui est partie dans un grand n’importe quoi !
Corinne : C'est-à-dire que vous ne m’avez pas vue arriver dans le rétro. J’étais gentille, toute tranquille avec mon jean et mes baskets. Je me suis un peu plus libérée !
Juliette : Moi j’ai surtout l’impression que la nature a horreur du vide. Et qu’il faudra toujours qu’il y en ait une qui monte sur les tables, qui montre sa culotte, volontairement ou involontairement !
La plus rêveuse ?
Juliette : Oh, pareil. Mais pas de la même manière. Christine aime Noël, le mariage.
A la télé, quand il y a un enfant ou un chien, elle fond en larme.
Christine : Je peux regarder « Beverly Hills » et pleurer ! Je crois aux choses magiques.
Je pense que David Copperfield est magicien, qu’il n’y a pas de truc.
Juliette : Corinne, sous ses airs de bravache, a des appétits romantiques puissants qu’elle laisse apparaître au grand jour. Elle n’était pas du tout comme ça au début. En
10 ans, elle a commencé à les laisser sortir. Quant à moi, je vis dans un monde où je suis un héros. Vous voyez Nicolas Sarkozy. Eh bien, moi c’est pas pareil. La même folie des grandeurs ! Mais toutes les trois on voit beaucoup de films, on lit des livres et je pense que ça donne forcément des gens rêveurs.
Christine : On a un imaginaire très développé.
La plus draguée ?
Christine : Ce n’est pas moi ! Parce que pour te faire draguer, il faut envoyer des... des... Enfin, les gens ne sont pas complètement idiots !
Corinne : Oui, oui, bien sûr !
Christine : Donc, quand on n’est pas en quête, on ne se fait moins draguer. Ça m’arrive, mais je ne suis la plus draguée des 3 !
Juliette : En fait, tu te fais draguer par rapport à ta notoriété. Comme j’en ai un petit peu
[NDLR :
Juliette Arnaud a été chroniqueuse dans l’émission « 20h10 pétantes » présentée par Stéphane BERN sur Canal+], je me fais draguer pour ça. Mais ce n’est pas très agréable. Je préférais de loin l’époque d’avant. Celle où je n’avais pas une thune et où je n’étais pas connue. A l’époque, quand je me faisais draguer, je ne me rendais pas compte que ça avait de la valeur. Et je regrette. Aujourd’hui, on se fait draguer toutes les trois. On s’est fait draguer. On se fera draguer. Et on drague. Ce qui est quand même un sport beaucoup plus amusant que de se faire draguer !
La plus « fashion victim » ?
Christine : Juliette ! Mais je ne dirais pas « fashion victim ». Je pense qu’elle n’est pas victime. C’est la plus pointue, celle qui aime le plus la mode, qui a un goût sûr pour ce qui lui va, qui connaît les créateurs. Elle ne met pas bêtement un truc parce qu’il est à la mode.
Juliette : Ma mère m’a élevée au magazine « Elle ». J’aime regarder les défilés, j’achète « Vogue ». Je trouve ça débile et je n’en suis pas fière, mais ça me plaît largement autant que l’émission « Star Academy ». Ça fait partie de mes goûts de merde. Toutes les trois, on a pas mal le culte du goût de merde. C’est vrai ?!!
Corinne : C’est vrai, on peut le dire !
Christine : Aimer des choses niaises, mais de manière absolue !
Juliette : Aimer de façon convulsive des choses qu’on sait parfaitement être débiles, niaises, inintéressantes, voire dangereuses.
Christine : Et on n’a pas de honte par rapport à ça !
Juliette : On est très désinhibées par rapport au bon et au mauvais gout !
La plus épanouie dans la vie ?
Elles éclatent de rire toutes les trois.
Corinne : La question vache qui tue ! On t’en pose à toi des questions comme ça !! C’est impossible d’être épanouie. Si on était super épanouies on ne pourrait plus rien écrire. Les gens épanouis ne sont pas intéressants !
Christine : Je crois qu’on est relativement bien dans nos bottes !
Corinne : On est de mieux en mieux !
Juliette : En tout cas, on n’a jamais été aussi bien.
Corinne : Ça fait 15 ans qu’on se connaît...
Christine : ...et on se bonifie avec le temps. On est comme le vin !
Juliette : On n’est pas un Pessac-Léognan 1952, mais ça va !
Christine : On n’est plus du « Carré de vigne » !
Juliette : On a arrêté de faire la piquette !
Christine : On a conscience de ce qui ne va pas. C’est déjà pas mal.
Juliette : On s’emploie à essayer de colmater les brèches.
Corinne : Maintenant, on peut davantage parler de nos défauts sans se vexer, sans se draper dans une mauvaise foi absolue. On se connaît. On s’aime de mieux en mieux.
Juliette : En même temps, on a pris des rides. Enfin tout ce qui va avec le rêve !
Christine : Le revers de la médaille !
Juliette : Eh oui, tout se paie !