Notes de Prod. : Tu vas rire mais je te quitte

    en DVD le 17 Août 2005

Tu vas rire, avec Judith Godrèche

Tu vas rire, mais voilà qui je joue !
Élise est un personnage assez difficile à jouer, car parfois carrément gourde parce qu'impulsive et naïve comme une gamine, parfois presque intellectuelle à force de mettre de la distance par rapport à ce qu'elle est et ce qu'elle fait. En clair, une fille capable d'agir sans réfléchir, et tout de suite après capable d'introspection et de lucidité. Un rôle épineux, car je ne voulais pas tomber dans la caricature de la comédie en jouant sur le même mode la femme rentre-dedans qui finit par être fatigante.
Il fallait apporter une touche enfantine, qu'il y ait une identification possible. Ne pas être que la blondasse de service.

Tu vas rire, mais je ne suis pas blonde !
La couleur de cheveux du personnage m'a permis d'obtenir le rôle ! Philippe Harel avait une image de moi ancrée dans des films assez sérieux comme ceux d'Olivier Assayas ou de Jacques Doillon. Il a donc vu beaucoup de comédiennes, ne trouvant pas son Élise. C'est lui qui me l'a dit : il cherchait "quelqu'un de joli et drôle, capable de se glisser dans le burlesque et de rire d'elle-même". Il ne voulait même pas me rencontrer, persuadé que j'étais trop intello, intérieure. Mon agent, David Vatinet, l'a néanmoins convaincu de me voir, alors que je sortais depuis quelques semaines du tournage de FRANCE BOUTIQUE où j'étais blonde platine. Ce qui l'a beaucoup étonné. Et après avoir visionné le film de Tonie Marshall, sa décision était prise. Evidemment, il n'y a pas que la couleur de cheveux, mais ça compte quand même énormément. Le regard des gens change sur vous selon que vous êtes blonde ou brune. Aujourd'hui par exemple, je peux à nouveau passer pour intelligente, maintenant que je suis redevenue châtain !

Tu vas rire, mais je ne suis pas celle qu'on croit !
Je me définis comme un clown en veille. Sur un tournage, je suis plus un boute-en-train que quelqu'un qui reste isolé dans sa caravane. Je suis dans le plaisir de vivre.
J'aime rire, profiter des choses. Du coup, à l'opposé, j'ai une part d'ombre assez forte, dans laquelle je suis assez nostalgique et émotive. Mais le côté ludique reprend vite le dessus. Et le tournage de TU VAS RIRE, MAIS JE TE QUITTE ! encourageait cet état d'esprit. Les scènes "à la manière de", par exemple : sitcom, série, téléfilm, pub...
Philippe tournait ça avec un recul irrésistible. Il me laissait très libre pour ces scènes, si décalées que j'ai décidé de les jouer très sérieusement. C'est d'ailleurs le ressort de la comédie : il faut toujours y aller à fond, ne pas se croire plus intelligent que le personnage, sans quoi on crée une distance qui annihile tout humour.

Tu vas rire, avec Philippe Harel

Tu vas rire, mais ce film m'a sauvé !
Le but de la manoeuvre, c'était de passer un bon moment. J'étais orphelin de mon projet précédent, “Les Particules Élémentaires”, que je n'avais pas réussi à monter. Pendant un temps, aucune proposition ne trouvait grâce à mes yeux. Et puis TU VAS RIRE, MAIS JE TE QUITTE ! s'est présenté. C'était tellement éloigné de ce que je comptais faire à ce moment là, que ça m'a plu. La meilleure façon pour moi de ne pas tomber dans la dépression, c'était finalement de tourner cette comédie !