Notes de Prod. : Tucker & Dale fightent le mal

    en DVD le 04 Juillet 2012

Note de production

Tucker & Dale Fightent Le Mal est un film loufoque qui parle d’amour, d’amitié et même parfois d’accident mortel causé par un broyeur à bois ! cette comédie déjantée offre en effet une variation peu orthodoxe autour de l’intrigue traditionnelle du cinéma d’horreur où une bande d’ados s’aventure dans la forêt et s’expose à toutes sortes de dangers.

et , qui ont tous deux fait leurs études de cinéma à la University of Southern California (USC), ont écrit leur scénario immédiatement après avoir décroché leur diplôme. Alors qu’il était coincé dans les embouteillages en revenant à Los Angeles, Jurgenson a choisi de bifurquer par une petite ville - qui restera anonyme par souci de sécurité. «c’était une petite ville étrange qui m’a fait penser aux clichés sur ces ados qui se perdent et qui se retrouvent dans ce genre d’endroit», confie-t-il. «Je me suis dit que ce serait intéressant de détourner les codes de ce type d’intrigue. On pourrait situer l’histoire dans un coin paumé, mais au lieu de mettre en scène des péquenauds cinglés, on aurait affaire à deux bons gars, doux comme des agneaux, qui n’ont pas une once de méchanceté. Et ce serait les ados égarés qui pourraient être à l’origine de leurs problèmes». «Du coup, quand je suis rentré à Los Angeles, je me suis mis à réfléchir à un ou deux projets qu’on pourrait développer avec Eli, et on a évoqué plusieurs idées», ajoute-t-il. «Et puis, je lui ai fait part de celle que j’avais eue et j’ai vu son visage s’incliner vers moi et son regard s’éclairer. il a adoré ma proposition et on a écrit le scénario».

Mais avant de poursuivre, les deux hommes ont convenu qu’en fonction du financement, Craig signerait son premier long métrage comme réalisateur avec ce projet, tandis que Jurgenson le produirait. En 2006, si aucun contrat n’avait encore été signé, les responsables du développement de la plupart des studios de Los Angeles avaient lu et aimé le scénario, mais ne savaient pas comment convaincre leurs patrons de le financer.

Directrice de la société de production de Michael de Luca, Alissa Ferguson (qui porte désormais le nom d’Alissa Phillips) a eu la présence d’esprit d’envoyer le scénario au producteur indépendant, (Mr.brooks, Service Non Compris, Incident Au Loch Ness), chez Eden rock Media, pour qui elle travaillait auparavant. «Il y a peu de chance qu’un studio s’intéresse à ce genre de projet, mais comme tu as l’habitude de travailler avec des scénaristes et des réalisateurs débutants, tu es peut-être assez fou pour le développer, avant de le vendre à une major pendant le festival de Sundance», a-t-elle dit à Augsberger. Celui-ci s’est empressé de lire le scénario et a décelé le potentiel commercial de cette relecture du traditionnel film d’horreur. il a visionné The Tao Of Pong, court métrage de Craig, et a pressenti que le jeune homme avait le talent d’un formidable réalisateur de comédies. Quelques jours plus tard, en juin 2006, Augsberger reçoit Craig et Jurgenson dans son bureau et les trois hommes signent un contrat. Un an plus tard, Augsberger n’avait toujours pas trouvé preneur - ni auprès des fonds d’investissements, ni auprès des distributeurs américains ou étrangers ni de quiconque était susceptible de l’aider à financer le film. N’ayant guère d’autre choix, Augsberger contacte alors son vieil ami, , chez Kintop Pictures : ce dernier a notamment produit Joue-la Comme Beckham et Coup De Foudre À Bollywood sur l’île de Man, au large de l’Angleterre, grâce à un financement de l’isle of Man Film Fund. Nayar a aussitôt envoyé le scénario aux responsables du fonds qui ont été enthousiastes. Quelques jours plus tard, le film entre en pré-production et, grâce aux repérages, la production trouve les décors naturels qui conviennent sur l’île de Man.

Alors que Nayar et Augsberger ont su convaincre Craig de tourner l’intégralité du film sur l’île britannique, les bailleurs de fonds se rétractent. le réalisateur est totalement désespéré et le projet prend un nouveau retard de neuf mois - jusqu’à ce que nayar réussisse à trouver un accord avec reliance Big, géant indien du divertissement, pour financer une part minoritaire du budget du film. Quant à Nayar, il décide de miser gros sur Tucker & Dale Fightent Le Mal. Augsberger et Nayar font alors appel à la directrice de production canadienne . Quand il s’est avéré que la province de l’Alberta, et non Vancouver, était à même d’offrir le financement le plus avantageux, la production a également sollicité l’associé de , , afin de remplir les conditions posées par l’Alberta. Conscient que ses efforts étaient restés vains au cours des trois dernières années, Augsberger accepte de renoncer à son statut de producteur, en faveur de Milliken et Klychak. Après avoir bouclé le plan de financement en avril 2009 grâce à une participation non négligeable de la société de , loubyloo Production, en Angleterre, Augsberger et Craig ont entamé le casting, tandis que Nayar et Milliken se sont attelés à la préparation du tournage à Calgary. Si Tucker & Dale Fightent Le Mal est le premier long métrage de Craig, celui-ci a déjà une certaine expérience du plateau. Diplômé de l’école de cinéma de USC, il a d’abord été comédien pendant quelques années, avant de s’intéresser à l’écriture et à la réalisation dans l’espoir de garder davantage de maîtrise artistique de ses projets. Il a ainsi écrit et réalisé le court métrage The Tao Of Pong en 2005, puis produit et monté des dizaines de vidéos clips, de spots publicitaires et de documentaires. Il était donc rompu au stress d’une production indépendante. Craig a fait appel au directeur de la photographie David Geddes : il avait en effet été séduit par son travail sur Les Messagers et La Nuit Au Musée. Le chef-opérateur était également habitué au rythme frénétique de films indépendants comme Mise À Prix 2.L’expérience du cinéma d’horreur et de la comédie faisait donc de David Geddes l’homme de la situation. Le mélange des genres obligeait ainsi la production à faire des choix stylistiques pour le film. «Lorsqu’ on tourne un film d’horreur, on essaie de créer une atmosphère glauque qui donne la chair de poule», explique Geddes. «Il faut que le croquemitaine, tapi dans l’ombre, vous saute dessus quand vous ne vous y attendez pas ! À l’inverse, la comédie est un genre léger qui mérite une lumière généreuse. Mais on a décidé de privilégier la dimension comique. Pendant la postproduction, on a désaturé les couleurs et suscité l’angoisse visuellement quand il le fallait. Avec Eli, je n’ai pas du tout eu le sentiment de travailler avec un metteur en scène qui en était à son premier long métrage».

C’est parfois compliqué de travailler avec un réalisateur débutant, mais Eli a fait ses débuts comme comédien et il a une certaine expérience», poursuit le chef-opérateur. «Je ne le considère donc pas comme un vrai débutant. Il a vraiment su s’acquitter de la mise en scène de manière remarquable. on s’est beaucoup amusés sur le plateau, ce qui est quand même la moindre des choses s’agissant d’une comédie !» Il était préférable que craig puisse faire preuve d’une sérénité à toute épreuve car le climat chaotique de l’Alberta a souvent suscité un climat de grande tension sur le plateau.

Pour l’essentiel, le film a été tourné en décors naturels, à quelques kilomètres de Calgary, pendant l’été 2009. Si la ville est réputée pour être la plus ensoleillée du Canada, l’équipe de tournage a eu du mal à s’en convaincre... «Tout le monde nous a menti en nous disant qu’il y faisait chaud en été, alors qu’on n’a eu qu’une journée ensoleillée : le premier jour», ironise Craig «Après, nous n’avons eu droit qu’à de la pluie, de la neige fondue, des nuages noirs, des orages, des éclairs - bref, les pires conditions climatiques qu’on puisse imaginer». «Nous avons subi plus de pertes sur ce film que j’en ai jamais eues en une dizaine de tournages», souligne Milliken, qui vit à Vancouver, sur la côte ouest du Canada. «C’est dû principalement au climat et au terrain boueux
où nous avons tourné. Le premier jour, le chauffeur du camion-régie a percuté les sanitaires mobiles et y a fait un énorme trou. Nous avons enregistré près de 25 réclamations pour dommages et pertes, alors que je n’en avais jamais eu plus de trois ou quatre sur l’ensemble de ma carrière ! Les pluies continuelles ont été problématiques d’autant que l’équipe de Calgary n’est pas aussi habituée à ce type de conditions climatiques que les gens de Vancouver. Mais par chance, personne n’a été électrocuté, et au final, cela s’est avéré bénéfique à l’atmosphère visuelle».

Autre difficulté majeure : aucune scierie n’était disponible dans la région, alors qu’il s’agissait d’un décor essentiel pour une scène-clé du film. du coup, le chef décorateur John Blackie a transformé une vieille grange, à proximité de la forêt, où l’essentiel de la séquence a été tourné. Pour Blackie, c’était un atout : «En réalité, c’est un heureux hasard qu’on n’ait pas trouvé de scierie car, en définitive, cela nous a permis de tourner l’intégralité de la scène en un seul lieu, ce qui s’est avéré extrêmement utile», dit-il. Hormis quelques scènes dans un bowling de la ville voisine de Cochrane, dans un magasin et dans un parc de Calgary (pour la séquence où Tucker et Dale pêchent dans un lac), le film a été entièrement tourné dans un ranch, à quelques kilomètres de Cochrane. Malgré les conditions climatiques difficiles, acteurs et techniciens ont gardé leur bonne humeur et les rapports entre Craig et ses comédiens ont été au beau fixe.

, qui campe dale, explique que le tournage s’est avéré «fantastible» (il revendique la paternité de ce néologisme !), ajoutant que craig est un type «incroyablement cool». «ce n’est pas toujours évident de faire confiance à un réalisateur débutant, mais avec Eli, je n’ai jamais eu le moindre doute». Craig souligne que labine a «un cœur d’or», doublé d’un formidable sens comique qui correspondait au personnage. «Étant donné que tyler est assez peu connu en dehors du canada, on espérait confier les rôles de Tucker et d’Allison à des comédiens ayant une plus grande notoriété», indique Augsberger. «Mais on est tombés en plein dans la période des pilotes de séries aux États-unis, et malgré les efforts de nos directeurs de casting américain et canadien, et le soutien d’agences artistiques américaines, nous n’avons déniché et que trois jours avant le début du tournage. Au final, on a choisi les interprètes que Eli, Morgan, nos directeurs de casting, mes coproducteurs et moi-même considérions comme ceux qui correspondaient le mieux aux rôles, tout en étant parfaitement conscients que cela nous jouerait sans doute un tour le jour où nous chercherions un distributeur américain - et ça n’a pas manqué d’arriver». Labine décrit son personnage comme «un bon gars qui n’est pas franchement avisé, mais au fond, c’est une bonne pâte. Si vous le mettiez devant une toile, il pourrait même peindre un chef d’œuvre». L’alchimie entre labine et tudyk a fait merveille, donnant lieu à des moments formidables où les deux comédiens se mettaient à improviser. «Je viens de l’impro, et je me suis super bien entendu avec Alan, que ce soit à l’écran ou entre les prises», précise Labine, enthousiaste. «si Eli a l’intention de tourner une suite - par exemple Tucker & Dale vont à Yale - je suis partant !»

Tudyk, qui n’avait pas rencontré Labine avant le tournage, a également apprécié cette complicité avec son partenaire. «Tyler est très doué et a un sens de l’humour qui n’est pas très éloigné du mien», dit-il. «Malgré le temps pourri que nous avons eu cet été-là, on s’est éclatés pendant le tournage». Craig ne tarit pas d’éloges à l’égard de Labine et Tudyk : «Au-delà de leur humour et de leur côté blagueur, ils ont une grande profondeur. ils incarnent vraiment leurs personnages. La drôlerie du film provient non seulement des dialogues, mais aussi de leur apparence physique et de leur connivence à l’écran». Pour le rôle d’Allison, la jeune fille qui séduit Dale, la production a fait appel à , qui s’est illustrée dans la série 30 Rock.La comédienne a apprécié le fait que craig ait lui-même été comédien. «Eli comprend le point de vue des acteurs, et il a toujours su nous dire ce qu’il voulait avec nos mots à nous», dit-elle. «c’est très rare pour un réalisateur débutant, mais c’est ce qui a rendu le tournage aussi détendu». En revanche, la comédienne ne savait pas à quoi s’attendre concernant les effets sanguinolents et le maquillage. «Quand on voit le résultat à l’écran, c’est hallucinant : les images gores sont visuellement fascinantes et terrifiantes. Lorsqu’on lit le scénario, on ne peut pas se douter que le film puisse être aussi marquant». Les effets sanguinolents se sont avérés problématiques pour la chef costumière Mary Hyde-kerr qui a dû prévoir une demi-douzaine de tenues identiques pour la plupart des costumes afin de pouvoir tourner des prises supplémentaires, au cas où un acteur aurait ses vêtements maculés de sang. Quand on lui demande si elle s’est documentée pour savoir comment devaient s’habiller Tucker et Dale, elle répond : «J’ai regardé Délivrance et j’ai tapé dans google : « péquenauds de la Virginie-occidentale ». Vous ne pouvez pas imaginer tout ce que j’ai trouvé !» En guise de conclusion, donne sa parole qu’aucun véritable péquenaud n’a souffert durant le tournage du film. Que la SPP (société Protectrice des Péquenauds) se rassure !