Le TournageJames Gray explique : « Sur le plateau, la relation entre Joaquin Phoenix et moi est parfois assez orageuse. Joaquin est toujours à fond dans son rôle. Quand il doit jouer une dispute dans une scène, il est aussi en colère que son personnage, et si c’est une scène pleine de tendresse il est adorable avec tout le monde, ce qui était souvent le cas sur ce film. »
Le réalisateur ajoute : « Joaquin est brillant, et c’est un acteur qui travaille beaucoup et très dur. Il est toujours en train de demander ce qu’il peut apporter, quel détail il peut ajouter pour qu’une scène ait l’air plus vraie. J’essaie donc toujours de trouver le petit détail en plus, la nuance qui rendra sa performance unique. »
Pendant le tournage, James Gray et Joaquin Phoenix passaient leurs week-ends à répéter et parler pendant des heures des scènes de la semaine à venir.
James Gray commente : « Joaquin est très concentré sur son personnage. Il ne regarde pas les films qu’il fait une fois fini parce que son travail d’acteur, la création même, est ce qu’il y a de plus important pour lui. En un sens, c’est un véritable artiste parce qu’il ne se soucie pas de ce que les gens vont penser de sa prestation et de son personnage. C’est extrêmement rare. »
Le réalisateur confie : « Quand Joaquin et Gwyneth ont joué ensemble leurs premières scènes, j’étais un peu inquiet parce que leurs techniques sont très différentes. Joaquin aime improviser et faire plusieurs prises. Il aime être libre, essayer de nouvelles choses, laisser libre cours à l’inspiration du moment. De son côté, Gwyneth est extrêmement précise, elle aime tourner une scène en deux ou trois prises maximum. Aucune des deux techniques n’est meilleure que l’autre. J’aime bien les deux mais elles sont très, très différentes. Le mélange est étrange, mais passionnant. »
Gwyneth Paltrow raconte : « Travailler avec Phoenix a été une des deux meilleures expériences professionnelles de ma vie. Il est incroyablement brillant et créatif, il m’impressionne beaucoup. Travailler avec James Gray a aussi été très enrichissant. C’est un réalisateur exceptionnel qui adore vraiment ses acteurs, avec lui on se sent important et très soutenu. »
Elle se souvient : « Il se met à rire comme un fou quand il aime ce que vous venez de faire, à tel point que nous avons été obligés de refaire certaines scènes à cause de lui ! Je trouve cela touchant. C’est fantastique de travailler avec une personne aussi passionnée, enthousiaste et pourvue d’une vision créative aussi originale. »
Vinessa Shaw confie : « Arriver sur le plateau et tourner sans répétitions était très intimidant. La toute première scène que j’ai tournée se déroulait dans un café. James m’a dit : « Bien, ton personnage est en plein milieu de son histoire avec Leonard. On y va ! » J’étais très nerveuse ce jour-là parce que je ne savais pas comment James et Joaquin travaillaient. Leurs méthodes sont très différentes, et pour moi c’était assez déroutant. James m’a seulement dit : « Ce n’est pas grave, on la tourne ». J’étais complètement paniquée. Au final, j’ai pris mon courage à deux mains, et j’ai empoigné ce rôle à bras-le-corps. »
Vinessa Shaw explique : « James Gray fait très attention à tout ce que vous faites. On pourrait penser que c’est le cas de tous les réalisateurs, mais en fait beaucoup d’entre eux ne font pas d’efforts pour vous aider à entrer dans le film et comprendre votre personnage. James fait attention à tous les détails pour s’assurer que les désirs et sentiments des personnages sont bien interprétés. J’ai toujours travaillé avec des réalisateurs qui me demandaient d’en faire plus, mais en général James me demandait d’en faire moins. Au lieu de vouloir que je parle plus fort, il désirait que je chuchote. Cela m’a beaucoup aidée à entrer dans le personnage de Sandra. »
« Joaquin est toujours au meilleur de lui-même, c’est quelqu’un de passionné. Je trouve formidable de pouvoir regarder un acteur dans les yeux et de voir le personnage prendre vie en lui. Nos deux personnages sont des êtres doux et gentils, et j’ai trouvé facile de créer ce courant, cette alchimie qui se produit entre eux, parce que cela se passait déjà entre Joaquin et moi en tant qu’acteurs. »
Les prises de vues ont commencé début novembre 2007 et se sont achevées juste avant Noël. Le tournage s’est déroulé à Manhattan, à Brooklyn et dans le Queens. Plusieurs des lieux célèbres de New York se retrouvent dans le film, comme Central Park, le Metropolitan Museum of Art, Lincoln Plaza et Coney Island.
Début décembre, l’équipe s’est installée dans un immeuble d’appartements – celui où vivent Leonard et Michelle. Pendant trois semaines, les acteurs et l’équipe technique ont tourné dans des espaces clos encombrés de meubles et de matériel, afin de réaliser la plus grande partie des scènes d’intérieur. Le planning de tournage était très serré et il y avait beaucoup de choses à faire en peu de temps, mais James Gray et ses collaborateurs ont travaillé vite.
Donna Gigliotti commente : « James est incroyablement concentré, il sait ce qu’il veut, ce qui est précieux quand on a un plan de travail aussi dense que le nôtre. Non seulement il a un sens visuel exceptionnel, mais il a toujours un œil sur les moniteurs pour le retour et il sait déjà comment il montera la scène. D’une certaine façon, il monte le film au moment où il le tourne. C’est une manière de faire « à l’ancienne », très efficace, et la seule qui vaille quand vous n’avez pas 75 jours devant vous pour tourner ! »
La productrice ajoute : « C’est aussi grâce au talent de nos acteurs que nous avons pu tourner aussi vite. Nous savions que faire ce film dans ces conditions serait un challenge. La clé de tout reposait sur le travail avec des acteurs hors du commun. Et ce qui se produit lorsque Joaquin, Gwyneth et Vinessa sont sur le plateau, c’est de la magie. »
Two Lovers est le second film sur lequel James Gray travaille avec le directeur de la photo Joaquin Baca-asay, après La Nuit Nous Appartient. Les deux hommes ont commencé par étudier ensemble des peintures afin de préciser l’esthétique du film. James Gray explique : « Nous voulions créer une certaine dynamique visuelle à travers les mouvements de caméra, un certain lyrisme. Je recherchais la beauté dans la banalité. Et parce que l’histoire possédait déjà des éléments fantastiques, je voulais aussi quelque chose de très pragmatique, presque naturaliste. L’amour en lui-même tend à être une expérience fantastique, parce que c’est un état plus intense, et sous cet aspect, l’histoire faisait déjà une partie du travail. »
Faire à nouveau équipe avec Joaquin Baca-asay a aidé l’équipe à tourner dans les conditions difficiles qui étaient celles imposées par le tournage. « A présent, explique James Gray, Joaquin et moi nous connaissons si bien que l’un est capable de finir les phrases de l’autre. Il fallait penser vite, agir vite. Quand une scène ne fonctionnait pas, on devait trouver la solution immédiatement. C’est très difficile, mais c’est aussi libérateur en un sens... Il n’existe pas d’art sans discipline. Réfléchir vite et décider rapidement, faire en sorte que les choses marchent est devenu un exercice dans lequel nous excellions ! »
James Gray déclare : « Sur Two Lovers, j’ai pu lâcher un peu de lest en tant que réalisateur. Quand j’ai fait mon premier film, j’étais extrêmement précis quant aux placements de caméra, aux objectifs à utiliser, au type de pellicule... A présent, j’ai appris qu’il y a un flux et un reflux dans le processus de création, qu’il y a un moment où vous avez besoin que votre directeur de la photo vous donne de bonnes idées et influence ce que vous faites. »
« Joaquin Baca-asay a apporté à ce film bien davantage que son expérience et son œil d’expert. C’est quelqu’un qui a une belle âme, une compréhension des autres, l’intelligence des émotions. Ce sont des qualités rares et précieuses. »
James Gray confie : « J’aime être surpris par ce qui se passe sur le plateau. Si l’on me demande si je veux voir ma vision à l’écran, je réponds « Surtout pas ! ». La dernière chose que je veux voir dans le film terminé, c’est mon idée, ma propre vision des choses, parce que cela voudrait dire que j’ai été incapable de travailler en équipe, de tirer le meilleur des gens qui m’entourent, de collaborer. J’ai envie que tous ceux qui travaillent sur le film y contribuent. Le directeur de la photo y apporte quelque chose ; le cadreur, le décorateur, le producteur peuvent vous donner d’excellentes idées, et bien sûr les acteurs, qui vous offrent des choses merveilleuses. Ce serait idiot de ne créer que la vision que vous aviez imaginée et uniquement elle, quand vous pouvez créer quelque chose de meilleur encore grâce à l’apport des autres ! »
Observer James Gray en train de travailler conduit forcément à assister à au moins l’une de ses explosions de rire dont parlait Gwyneth Paltrow. Le réalisateur explique : « Je ris quand je vois des choses que j’aime, qui me semblent authentiques et honnêtes et auxquelles je ne m’attendais pas. Le comportement humain est très amusant, très caractéristique et assez ridicule... Un grand réalisateur, Ernst Lubitsch, a dit que même la personne la plus digne était ridicule au moins deux fois par jour. C’est de cela que parlent les films. Ils montrent la personne la plus digne pendant ces moments-là, parce qu’ils parlent des extrêmes du comportement humain. Les gens disent qu’ils veulent du réalisme, mais le réalisme en soi n’est pas intéressant. Ce qu’ils veulent vraiment, c’est un état d’existence plus intense. C’est cela, le cinéma. » Notes de ProductionAprès une tentative de suicide, un jeune homme déprimé revient vivre chez ses parents à Brooklyn et fait la connaissance de deux femmes, une jolie voisine fantasque piégée dans une liaison compliquée avec un homme marié et l’adorable fille du nouvel associé de son père... Les personnagesJames Gray a écrit le rôle principal de Leonard pour Joaquin Phoenix, qu’il a dirigé dans The Yards et La Nuit Nous Appartient. Il explique : « Joaquin Est Comme Un Frère Pour Moi. Nous Sommes Proches D’une Façon Rare. Ensemble, Nous Avons Parlé De Ce Que Nous Voulions Explorer Chez Le Genre Humain. Joaquin A Une Perception Et Une Compréhension Très Aiguës Du Comportement Humain, De Ce Que Sont Les Gens Et De Ce Qui Les Motive. Il Possède Les Mêmes Centres D’intérêt Que Moi, C’est Pour Cela Que J’aime Beaucoup Travailler Avec Lui. » |
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