Notes de tournage...Le 18 Juillet 2007 - Sandrine Bonnaire et Marina Foïs chez Flaubert
Les deux actrices françaises partageront l’affiche dans Un Cœur Simple, adaptation d’un conte de Flaubert par Marion Lainé.
Marion Lainé, déjà comédienne et scénariste, est passée pour la première fois derrière la caméra pour réaliser Un Coeur Simple, tourné entre le 14 mai et le 10 juin.
Lors de ce tournage, la réalisatrice a dirigé Sandrine Bonnaire ( Mademoiselle, Demandez La Permission Aux Enfants) et Marina Foïs ( Filles Perdues, Cheveux Gras, Essaye-moi), ainsi que Pascal Elbé ( Père Et Fils, Mauvaise Foi) et Patrick Pineau ( Quand J'étais Chanteur).
Ce film, libre adaptation du roman éponyme de Gustave Flaubert (paru en 1877), relate l’histoire de Félicité (interprétée par Sandrine Bonnaire), servante totalement dévouée à sa maîtresse, Madame Aubain ( Marina Foïs), qui mena une vie triste et pleine de désillusion tout au long de son existence.
Selon Rezo Films,le distributeur, la sortie du long-métrage est prévue à l’automne 2008. Entretien avec Marion LaineUn Cœur Simple est votre premier long-métrage. Quel est votre parcours ?
Après le bac, je suis montée à Paris sous prétexte d’apprendre l’Arabe à la Sorbonne ; études que j’ai vite abandonnées pour m’inscrire à des cours de théâtre. Cela partait d’une envie de m’exprimer, une intuition. Je n’allais pourtant que très peu au cinéma, jamais au théâtre et la télé ne m’intéressait pas. J’étais d’une naïveté et d’une ignorance absolue en débarquant de ma province. J’ai appris et je me suis passionnée. C’est devenu ma vie. Il m’a fallu un certain temps pour comprendre que ce que je voulais vraiment, ce n’était pas jouer mais réaliser. J’ai tourné plusieurs courts-métrages, puis j’ai développé quatre scénarios de longs-métrages. Entretien avec Sandrine BonnaireParlez-nous de votre rencontre avec Marion Laine. Comment vous a-t-elle parlé de son projet ?
Je connaissais Marion, elle m’avait présenté un projet que j’avais refusé. Quelque temps après, elle m’a proposé Un Coeur Simple. Je n’avais jamais lu ce conte de Flaubert, et la première version du scénario a retenu mon attention. J’étais touchée par cette histoire, et intéressée par l’évolution de la relation entre ces deux femmes, Félicité et Madame Aubain. Mais cette mouture avait ses petites faiblesses. Je trouvais le traitement de la première partie beaucoup trop long, on prenait Félicité à l’âge de 18 ans, et je me voyais mal incarner une jeune fille de cet âge. Nous avons eu quelques séances de réécriture, puis Marion a peaufiné une version définitive qui m’a beaucoup plue. Pourtant j’avais encore quelques réticences, Félicité me paraissait loin de moi. Je déteste la campagne, je ne me voyais pas tuer le cochon ou plumer une poule, et j’ai peur des vaches ! En même temps, j’étais attirée par la force qui habite cette femme, sa volonté à aimer la vie, malgré tout. Je me reconnaissais dans son optimisme sans failles. Continuer à se battre et à avancer, quoi qu’il arrive, ce pourrait être ma devise. Entretien avec Marina FoïsConnaissiez-vous le conte de Flaubert dont s’inspire ce film ?
Non. Je l’ai lu après avoir lu le scénario. Je ne connaissais que Madame Bovary et L’Éducation Sentimentale, que j’ai relus avant de tourner. J’ai lu aussi Bouvard et Pécuchet, et feuilleté la correspondance. J’ai découvert chez Flaubert ce qui m’avait échappé à l’adolescence, beaucoup d’ humour et une certaine trivialité. Ce qui m’a autorisé une forme de liberté dans le jeu, dans le sens où, si lui s’accorde dans son écriture de la légèreté, de la drôlerie, quelques impolitesses et des choses pas jolies, alors j’y ai droit pour l’interpréter. Ca m’a sans doute servi pour me défaire du poids « film d’époque avec beaux costumes »... J’ai aimé dans l’adaptation de Marion Laine tout ce qu’elle y a mis de personnel, faisant sienne cette histoire. Au fond, son scénario est une « interprétation » du Coeur simple, ce qui lui évite d’être dans l’illustration. Son écriture des deux personnages et de leur parcours témoigne de cette liberté. En développant l’histoire, elle enrichit Félicité et Madame Aubain de contradictions et de nuances, elle les rend « psychologiquement » plus complexes (je sais que le mot psychologie est considéré comme porno dans le monde du cinéma et du théâtre, mais je n’en vois pas d’autres pour évoquer de quoi sont faites ces femmes...). J’ai été notamment sensible à tous les contrepoints qu’elle offre à Madame Aubain. Àu-dela de la froideur décrite par Flaubert, on découvre une femme murée dans ses contradictions et ses empêchements. Le carcan social n’est rien à côté de son propre carcan. On perçoit mieux comment cette femme s’est enfermée en elle-même, comment elle est empêchée par sa propre histoire. |
|
|