Inspiré du best-seller classique de Richard Condon, Un crime dans la tête est un fascinant apologue sur la manipulation psychique, l'affairisme et l'abus de pouvoir. Réalisé par
Jonathan Demme, le film réunit un casting exceptionnellement riche et brillant, dominé par les lauréats de l'Oscar
Denzel Washington,
Meryl Streep et
Liev Schreiber.
Après lecture du script,
Denzel Washington - qui figurait en tête des candidats au rôle de Ben Marco - accepta immédiatement d'interpréter ce personnage créé en 1962 par
Frank Sinatra.
Denzel Washington :
"Lorsque vous reprenez un rôle, la question se pose de savoir s'il faut ou non se reporter à l'original. J'ai choisi de ne pas voir le film de John Frankenheimer, afin de m'approprier plus complètement le personnage de Marco. L'histoire est compliquée, fascinante, et son héros est un homme d'une grande complexité. Les souvenirs qu'il a de l'embuscade au Koweït ne cadrent pas avec ses cauchemars récurrents, qu'il croit être la vérité. Il est donc en proie à un sérieux dilemme : on lui a dicté mot pour mot ce qu'il devait dire de cet épisode, mais cette version ne correspond pas à ce qu'il ressent au plus profond de lui."
Lorsqu'un ancien compagnon d'armes, Al Melvin, aborde Marco et lui décrit ses propres rêves, étrangement similaires aux siens, l'officier met un temps à réagir. Son enquête démarre avec l'annonce officielle de la campagne de Raymond Shaw pour la vice-présidence des États-Unis et l'oppose d'emblée à la sénatrice Eleanor Shaw. Cette manipulatrice suave et implacable, prête au pire pour soutenir la carrière politique de son fils, est interprétée, toutes griffes dehors, par
Meryl Streep.
"J'ai adoré la description que faisait le script de cette femme sans âge dont le sourire mielleux cache des instincts carnassiers. Comme aurais-je pu résister à un personnage aussi savoureux?", demande la comédienne deux fois couronnée aux Oscars et détentrice du nombre record de treize nominations.
Pour le rôle de Raymond, fils adoré d'Eleanor et "candidat de la Manchurian",
Jonathan Demme choisit
Liev Schreiber. Remarqué dans LA RANÇON, LA SOMME DE TOUTES LES PEURS et le rôle-titre de CITIZEN WELLES, Schreiber a connu de nombreux succès à la scène, de "Hamlet" à "Trahisons" d'Harold Pinter.
Liev Schreiber :
"Raymond est un héros malgré lui dont les exploits militaires – fabriqués de toutes pièces – sont destinés à servir sa carrière politique, c'est-à-dire en réalité, les ambitions de sa mère. Car, en dépit du pouvoir qu'il a acquis, Raymond est réellement impuissant face à cette femme qui décide de tout pour lui. Meryl a donné à ce personnage de multiples facettes, une profondeur, et même une tendresse cachée, une capacité d'amour qui surprendront bien des gens."
Couronné à l'Oscar du meilleur réalisateur pour LE SILENCE DES AGNEAUX,
Jonathan Demme souligne la pertinence d'Un crime dans la tête dans le contexte actuel… et futur.
Jonathan Demme :
"Le moment me semble particulièrement opportun pour évoquer la face d'ombre du pouvoir politique et les forces qui tentent de s'y immiscer."
La productrice
Tina Sinatra adhère pleinement à ce point de vue, que partageait aussi son père Frank, détenteur des droits du film original.
Tina Sinatra :
"En 1991, j’ai demandé à mon père ce qu'il penserait d'une version contemporaine d'Un crime dans la tête. Il a trouvé que c'était une idée très intéressante, qui pourrait toucher un plus large public qu'en 1962. Le plus important pour moi, était de préserver la dimension humaine de cette histoire. Elle est intemporelle, et il m'a semblé approprié de remplacer la Corée de la guerre froide par le Koweït de 1991, compte tenu de l'importance de cette région sur l'échiquier politique."
Outre la perspective alléchante de moderniser, adapter et donner un sens nouveau au scénario de départ de George Axelrod,
Jonathan Demme se réjouissait de travailler à nouveau avec
Denzel Washington, onze ans après
Philadelphia.
Jonathan Demme :
"Denzel est, à mon avis, l'un des plus grands acteurs de tous les temps. Ce n'est pas facile d'interpréter un homme qui doute de sa raison et passe pour un déséquilibré mental. Denzel y parvient brillamment; les multiples nuances qu'il apporte au rôle de Ben Marco ont enrichi tout le film."