Notes de Prod. : Un Enfant pas comme les autres

Note de tournage

« L’enfant de Mars » de David Gerrold est une nouvelle de science-fiction qui a remporté de nombreuses récompenses à travers le monde, dont les prix Hugo et Nebula. Voilà plus de dix ans que les producteurs David Kirschner et Corey Sienega l’ont découverte par le biais d’Ed Elbert. David Kirschner se souvient : « Corey avait adoré la nouvelle. Elle m’avait appelé pour me dire que je devais absolument lire cette histoire… Je l’ai fait. Elle est effectivement extraordinaire. Cette relation père-fils m’a bouleversé. L’écho a été très fort, surtout pour moi qui ai perdu mon père très tôt. ».

Corey Sienega se souvient : « Nous nous sommes battus pour obtenir les droits de cette histoire, mais nous les avons perdus. Heureusement, nous sommes parvenus à les récupérer. Ainsi, dix ans plus tard, nous voilà ! Voir ce projet se concrétiser marque un accomplissement. ».
David Kirschner confie : « Dennis est un enfant hors norme. Je crois que,
comme lui, chacun de nous a été un « Martien » à un moment de sa vie. Nous avons
tous connu des périodes où nous ne nous sentions pas à notre place, où nous
pensions venir d’une autre planète… »


Une fable humaine venue de loin
Depuis le début, John Cusack était pressenti pour incarner le personnage de David Gordon. David Kirschner note : « Les scénaristes Seth Bass et Jonathan Tolins nous ont confié avoir toujours eu John Cusack à l’esprit pour le rôle de David. Il associe un immense talent à la capacité de permettre facilement l’identification. Il possède les qualités d’un James Stewart sans toutefois sortir d’un film de Capra.
C’est un « Monsieur tout le monde » bien ancré dans notre époque ; un peu névrosé, parfois parano, mais drôle et vif d’esprit. »

David Kirschner poursuit : « Le voir signer pour le rôle a été un événement essentiel pour nous. Nous ne savions pas s’il allait accepter d’entrer dans la peau d’un père. Il ne l’avait jamais fait auparavant ! Cela impliquait une étape importante dans sa carrière et suggérait l’idée qu’il était assez mûr pour le faire. »
John Cusack explique : « J’ai trouvé cette histoire aussi touchante qu’intrigante. Elle traite des rapports entre un homme et un petit garçon adopté, chacun tentant de comprendre et d’apprivoiser l’autre. J’ai aimé l’idée de cette relation parce qu’elle fait la part belle au jeu des acteurs.

« Cette histoire est à la fois moderne et fascinante, notamment grâce à ce petit garçon hors norme qui ne parvient pas à s’intégrer au monde. Il pense venir d’une autre planète et cette idée m’a semblé très intéressante. C’est une fable, une métaphore sur la solitude et sur notre incapacité à trouver notre place ici-bas. J’ai trouvé ça à la fois magnifique et émouvant. »

C’est John Cusack qui a proposé la réalisation du film à Menno Meyjes. Les deux hommes avaient auparavant collaboré sur MAX, un long métrage qui a marqué les débuts de Menno Meyjes comme réalisateur.
David Kirschner se souvient : « La première fois que j’ai vu Menno, il avait les
cheveux longs. C’était en 1984 et c’est Steven Spielberg qui nous a présentés. Il
venait d’écrire La Couleur Pourpre et moi je démarrais Fievel Et Le Nouveau Monde. Qui aurait cru que vingt ans plus tard, nous serions à nouveau réunis et qu’il dirigerait ce film ? »

Autour d’un enfant
Menno Meyjes a lui aussi été conquis par l’histoire et par cet hommage rendu aux parents : « C’est une histoire d’amour absolu entre un homme et un enfant, mais aussi une sorte de poème qui rend hommage aux parents, à leur héroïsme et à leur dévouement. »

Pour trouver l’enfant idéal dans le rôle de Dennis, la directrice de casting Mary Gail Artz a parcouru toute l’Amérique du Nord : de Toronto, New York et Philadelphie à San Francisco et Seattle. Elle a enregistré des milliers d’auditions sur vidéo.La productrice Corey Sienega se souvient : « La tâche s’est avérée immense. Il s’agissait certainement de l’étape la plus angoissante de notre projet. Nous en rêvions depuis des années. Nous avons élaboré un scénario, nous avons eu la chance d’avoir John Cusack, tous les feux étaient au vert et là, subitement, nous avons réalisé que le projet entier reposait sur notre capacité à trouver l’enfant idéal ; celui qui saurait donner la réplique à John Cusack et qui l’accompagnerait dans quasiment chaque scène du film. »

Lorsque Bobby Coleman s’est présenté, l’équipe a immédiatement su que le casting était terminé. Corey Sienega raconte : « Bobby avait quelque chose de très spécial, d’unique et d’entier. »
David Kirschner ajoute : « Il dégageait de la personnalité et de la vie. Bobby n’est pas un de ces enfants formatés par Hollywood. Il a dix ans mais c’est comme s’il en avait vécu trente avant de venir au monde ».
Menno Meyjes commente : « Dans mon esprit, je percevais le personnage de Dennis, « l’enfant pas comme les autres », comme un garçon parfois difficile à aimer. Bobby a surpassé mes attentes ; il était plus charmant et plus mystérieux encore. Il n’avait pas de chaussures, il portait un jean troué et transportait un sac plastique pour ramasser des choses, tout comme son personnage ».

Une fois son nom attaché au projet, John Cusack est devenu le catalyseur qui a permis d’attirer un casting solide, incluant notamment Amanda Peet, avec laquelle il avait déjà travaillé sur le thriller Identity. Amanda Peet se souvient : « Lorsque je suis arrivée sur le tournage d’Identity, j’étais dingue de John pour l’avoir vu adolescente dans Un Monde Pour Nous. J’ai mis du temps avant de pouvoir lui parler normalement tellement j’étais obsédée par ses films ! ».
Amanda Peet poursuit : « Je pense que parfois, les adolescents expriment leur sentiment d’isolement à travers certaines attitudes, en portant des vêtements punk ou en rejoignant certains clans. Ils cherchent un moyen de revendiquer leur nonconformisme ».

John Cusack et sa soeur Joan ont déjà tourné ensemble sur huit longs métrages. John a naturellement pensé à elle pour interpréter le rôle de sa soeur dans le film. Il explique : « A chacune de ses apparitions à l’écran, Joan sublime le film.
C’est une grande actrice et une comédienne extraordinaire. J’ai eu la chance de l’avoir à mes côtés sur ce film et j’en suis très heureux. Et puis, cette fois, le rôle était sur mesure… »
Joan observe : « La vie peut parfois se montrer étrange. Il est possible que nous venions tous de Mars de temps en temps. Mais il faut savoir gérer sa relation aux autres, réussir à surmonter les épreuves, choisir qui vous soutenez et accepter les gens pour ce qu’ils sont. »
Oliver Platt a déjà travaillé avec John sur Faux Amis et avec Joan sur Working Girl.

John Cusack note : « Oliver a trois enfants et il a adoré la manière dont cette histoire traite de la paternité. Il a souhaité faire partie de l’aventure. »
Sophie Okonedo, actrice nommée aux Oscars pour Hotel Rwanda, joue le rôle d’une directrice de foyer. La participation de John Cusack au projet a été déterminante pour elle. Elle confie : « J’étais déjà fan de John. Sa présence est l’une des raisons pour lesquelles j’ai choisi ce film. J’avais très envie de travailler avec lui. »

Richard Schiff (A La Maison Blanche avait également travaillé avec John Cusack auparavant, mais il possédait une raison plus personnelle de participer au film : « J’ai beaucoup aimé cette histoire car j’ai un fils, Gus, d’à peu près le même âge que Dennis et qui est très spécial lui aussi. Enfant, j’ai certainement moi-même ressenti ce sentiment de solitude. Ce film est une sorte de grande métaphore pour tous ceux d’entre nous qui, enfants, se sont sentis différents. Dennis est un cas extrême, mais par moments, nous avons tous éprouvé cette impression de venir d’ailleurs… »



Le secret d’un étrange pouvoir
Dennis est peut-être un orphelin solitaire qui prétend venir de Mars, mais il semble posséder des facultés insoupçonnées. L’ambiguïté qui plane sur la véritable nature de l’enfant a été interprétée de différentes façons par les membres de l’équipe du film et par les acteurs ; ce qui a occasionné un certain nombre de débats durant le tournage.

John Cusack explique : « Plus David passe de temps avec Dennis, plus il observe son application à remplir sa mission, autrement dit à se documenter sur la race humaine. Il prétend venir de Mars et se prête à de nombreux rituels, tous dépourvus de sens, mais qui relèvent d’une organisation très détaillée. Ensuite, au fur et à mesure du film, Dennis se livre à des actes étranges et commence à développer une perception extraordinaire des choses. On se situe à une frontière : Dennis est-il un affabulateur ou viendrait-il réellement d’une autre planète ?

Quoi qu’il en soit, la situation est assez étrange pour que David se demande s’il est en train de perdre la raison.
« Le film nous laisse envisager que l’enfant vienne effectivement d’un autre monde. Peut-être est-ce vrai, mais peut-être pas… Dans cette histoire, aucun adulte ne prend ça au sérieux ; personne ne s’en occupe vraiment. Chacun pense qu’il s’agit de l’expression d’une solitude. Mais la possibilité de découvrir une autre vérité subsiste… »

Le réalisateur Menno Meyjes commente : « Certaines choses concernant Dennis sont inexplicables. Et bien que le film soit plus réaliste que prévu au scénario, des phénomènes inexpliqués subsistent. Mais ça n’a pas d’importance parce que venir de Mars est la seule façon qu’a Dennis d’affronter le monde ; un moyen qui pourrait finalement s’avérer légitime. »
La productrice Corey Sienega note : « David va réaliser que, quelles que soient les origines ou la nature de Dennis, il est son fils, Martien ou pas. Le reste n’a pas d’importance. »

À la fin du tournage, le plateau a reçu la visite exceptionnelle de David Gerrold, le célèbre auteur de science-fiction à l’origine de la nouvelle qui a inspiré Un enfant pas comme les autres, et de son fils adoptif Sean. Ils sont venus rencontrer les acteurs et observer le tournage. David et Sean Gerrold ont été émus d’assister à cette adaptation cinématographique basée sur leur propre relation. Après s’être entretenu avec John Cusack des différences existant entre le film et la vraie vie, David Gerrold a déclaré : « Vous savez, les détails n’ont pas d’importance. L’essentiel est d’avoir conservé le coeur et l’esprit initial. Le plus important, c’est la relation père-fils. »
En assistant à la scène dans laquelle David trouve Dennis complètement seul au musée, Gerrold a été extrêmement ému : « J’ai senti les larmes me monter aux yeux. J’ai vraiment vu cet amour entre un père et son fils adoptif… Un moment très intense. ».

Le tournage

Le film a été principalement tourné à Vancouver. La production a dû trouver des lieux qui complétaient le caractère des personnages principaux.
Le personnage de David est un auteur de science-fiction plutôt introverti qui vit dans une maison qui n’est pas sans rappeler la boîte en carton dans laquelle Dennis s’enferme pour se protéger du monde extérieur. D’ailleurs, lorsque Dennis vient vivre avec David, on constate que les murs de sa chambre ont été délibérément peints aux couleurs de la boîte en carton.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 48 entrées
  • 1er jour IDF : 482 entrées
  • 1ère semaine IDF : 4 138 entrées
  • Cumul IDF : 4 138 entrées

  • 1ère semaine France : 9 104 entrées
  • Cumul France : 9 104 entrées