Un Long Dimanche De Fiancailles est l'adaptation du roman éponyme de
Sébastien Japrisot.
Jean-pierre Jeunet, qui l'a lu il y a plus de dix ans, a adoré cette histoire d'amour sur fond de guerre. Mais tourner un tel film demande beaucoup de temps et d'argent. Depuis
Le Fabuleux Destin D'Amelie Poulain, il a obtenu les moyens de réaliser une telle production.
L’écriture
Pendant que le financement se met en place, le réalisateur entame l’adaptation du roman en collaboration avec le scénariste du
Le Fabuleux Destin D'Amelie Poulain,
Guillaume Laurant. Très vite, ils décident que Mathilde ne sera pas handicapée sur une chaise roulante comme dans le livre mais que, victime de poliomyélite, elle boitera.
« Dans le roman, on finit par vite oublier son fauteuil. A l’écran, on aurait vu que ça. » Guillaume Laurant poursuit :
« Amélie, c’était un scénario complètement original. Là, on partait d’une histoire précise avec des rebondissements et une véritable intrigue.»
Les décors
Le plus grand défi, c’est la reconstitution des tranchées et de la ligne de front.
« Parce que, dit Aline Bonetto, chef décoratrice, c’était le décor le moins prévisible. Tous les autres décors étaient, soit des aménagements d’extérieurs, soit des constructions en studio. Alors que les tranchées… » Après de longs repérages, un terrain militaire a été choisi dans les environs de Poitiers.
« Filmer une tranchée, c’est compliqué, c’est un lieu étroit , profond avec plein d’autres contraintes : de l’eau, de la boue…Il fallait que cela tienne cinq semaines en extérieurs sous la pluie. On ne pouvait pas prendre un risque d’écroulement de tranchées »
Les costumes
Pour les uniformes militaires, deux kilomètres et demi de tissu bleu horizon ont été fabriqués spécialement pour réaliser près de deux cents uniformes – dont une dizaine par comédien important
« afin de respecter les phases de destructions de leurs vêtements dans les tranchées ».
Le casting
« J’ai fait comme d’habitude, dit Jean-pierre Jeunet, j’ai cherché les acteurs que je trouvais le plus juste pour les personnages sans chercher à avoir à tout prix un casting brillant. La seule différence, c’est que l’expérience et le succès d’Amélie m’ont permis d’avoir des pointures, même pour des petits rôles. »
Le Tournage
Il s’est déroulé d’août 2003 à février 2004. L’un des moments forts a été les sept semaines passées dans les tranchées.
Jean-pierre Jeunet a composé à l’intention des figurants un petit recueil de textes sur la vie quotidienne dans les tranchées, de lettres de poilus, de photos d’époques…
L’image
« Nous avions deux grandes références, dit Bruno Delbonnel, le directeur de la photo, les dernières toiles de ce peintre brésilien, Juarez Machado, qu’adore Jean-Pierre (Jeunet), et le travail sur l’image du Parrain qu’a fait Gordon Willis. »
Les effets spéciaux
De nombreuses scènes ont dû être tournées devant des écrans bleus ou verts et ont même justifié la présence sur le tournage de véritables géomètres afin de simplifier au moment de la post-production, le rajout dans la même image de différents plans, qu’ils soient réels ou recréés de toutes pièces en numérique.
La musique
Jean-pierre Jeunet a voulu retrouver
Angelo Badalamenti qui avait déjà signé la B.O. de
La Cite Des Enfants Perdus.
« C’est un musicien qui a du style. J’adore les films de Lynch qu’il a mis en musique, que ce soit Lost Highway ou Mulholland Drive. »