Notes de Prod. : Un nom pour un autre

    en DVD le 03 Octobre 2007

L'âme entre deux mondes

Tabu est née à Mumbai, le foyer du cinéma de Bollywood. Elle a débuté enfant dans le film du légendaire réalisateur et acteur Dev Anand, Hum Naujawan. Elle a tenu son premier rôle principal en 1985 dans Prem. Parallèlement à ses nombreux films bollywoodiens, dans lesquels elle s’est imposée comme l’une des grandes actrices d’Inde, elle a joué dans plusieurs films hindis indépendants, et dans des films régionaux en langues tamil et telugu.

Elle est devenue célèbre en remportant le Prix national indien de la meilleure actrice pour Maachis de Sampooran Singh Gulzar en 1997, puis celui de la Critique pour Virasat de Priyadarshan en 1998. Elle a à nouveau obtenu le Prix national pour Chandni Bar de Madhur Bhandarkar en 2001. Parmi ses films les plus récents figurent Maqbool de Vishal Bharadwaj avec Irrfan Khan et Silsilay de Khalid Mohamed. Elle sera prochainement à l’affiche de Fanaa de Kunal Kohli et Luck By Chance, produit par Mira Nair.

Deux générations, deux modes de vie différents pour un choc des cultures qui finira par faire naître l’amour… Mira Nair, à qui l’on doit Salaam Bombay, Vanity Fair : La Foire Aux Vanités et Le Mariage Des Moussons, signe aujourd’hui son film le plus personnel. De Calcutta à New York, deux villes vibrantes et hautes en couleur, Un Nom Pour Un Autre brosse le portrait d’une famille américaine contemporaine un peu différente, venue pour s’épanouir dans un monde d’opportunités illimitées, et qui s’efforce de donner un sens à sa vie dans une société inconnue qui la déconcerte…

Un Nom Pour Un Autre est l’adaptation du best-seller de Jhumpa Lahiri, « Un nom pour un autre », qui a ému les lecteurs du monde entier par son regard humaniste sur une expérience de déracinement universelle. Ayant grandi à Rhode Island, étant elle-même à la fois indienne et américaine, Jhumpa Lahiri a écrit sur un sujet qu’elle connaît bien. Tout comme « L’Interprète des maladies », son recueil de nouvelles lauréat du prix Pulitzer, ce premier roman a été salué. Cet émouvant portrait a touché des millions de personnes de toutes origines dans le monde entier… En fin de compte, « Un nom pour un autre » raconte comment les sacrifices faits par une génération ont permis à la suivante d’avoir ses chances.

Mira Nair raconte : « Le roman m’a frappée, en partie parce que l’histoire reflétait ma propre expérience. Quand je l’ai lue, j’ai eu l’impression de rencontrer quelqu’un qui comprenait ma souffrance, qui avait connu tout ce que j’avais traversé. C’était une histoire profondément humaine sur des millions de personnes qui ont quitté un foyer pour en trouver un autre et qui doivent apprendre à vivre entre leur ancien monde et le nouveau. »

Révélée avec Salaam Bombay, Mira Nair a toujours signé des films au croisement de plusieurs cultures, que ce soit avec la comédie romantique Missisippi Masala, avec Denzel Washington et Sarita Choudhoury, la romance Kama Sutra, ou Le Mariage Des Moussons, Lion d’or au Festival de Venise, ou encore Vanity Fair : La Foire Aux Vanités, avec Reese Witherspoon.

« Cette histoire était une chance d’unir deux mondes aussi excitants l’un que l’autre, que je connais et que j’aime, et dans lesquels j’ai vécu toute ma vie. Je voulais aussi capturer visuellement le sentiment étourdissant qu’on éprouve lorsqu’on est un immigrant, qu’on est physiquement à un endroit mais qu’on a l’impression que son âme est ailleurs… »

Mira Nair a commencé par rencontrer Jhumpa Lahiri et s’entretenir longuement avec elle. Elle a même rendu visite à plusieurs membres de sa famille pour approcher de manière encore plus intime les personnages, leur parcours et les pressions qu’ils ressentent en évoluant entre deux univers si différents.

La réalisatrice souhaitait être aussi fidèle que possible à l’histoire de Jhumpa Lahiri. Le seul changement majeur qu’elle a apporté aux personnages a été de faire d’Ashima une chanteuse, ce qui lui a permis d’intégrer au film la beauté et l’émotion de la musique indienne. Pour écrire le scénario, elle a fait appel à Sooni Taraporevala, amie et collaboratrice de longue date, avec qui elle a étudié à Harvard et travaillé sur Salaam Bombay et Mississippi Masala.

Un jeune américain venu d'Inde

Le personnage central est un jeune Américain né de parents bengalis et baptisé Gogol, comme l’auteur russe. Au milieu de cette confusion culturelle, le jeune homme se cherche une identité. Rebelle, drôle, intelligent et définitivement américain par ses goûts et ses manières, il fallait pour l’incarner un Américain d’ascendance indienne. Les cinéastes ont trouvé l’interprète idéal avec Kal Penn, un acteur issu d’une famille indienne né dans le New Jersey, que l’on a vu récemment dans 7 Ans De Séduction et Superman Returns.

Un amour Bengali à New York

Si Gogol évolue beaucoup au fil des ans, ses parents, Ashima et Ashoke, suivent un parcours encore plus chaotique : ils sont d’abord deux jeunes époux mariés sans se connaître, puis des immigrants submergés par une vie nouvelle dans un pays inconnu, puis ils deviennent parents et finalement, ils formeront un couple qui s’aime profondément et affronte les grands changements de la vie.

Femmes de deux univers

Pour jouer Maxine, la jeune Américaine qui va inviter Gogol à faire partie de sa famille, les cinéastes ont choisi Jacinda Barrett, interprète de La Couleur Du Mensonge, Bridget Jones : L'âge De Raison et Poseidon. Elle explique : « Maxine entre dans la vie de Gogol à un moment où il essaie de se forger son identité en fuyant sa famille et sa culture. Il trouve un refuge dans celles de la jeune femme. Maxine est une artiste un peu bohème typique de l’Upper East Side, et elle aime réellement Gogol. Mais ils commettent tous les deux une erreur dans leurs relations : Gogol ne donne jamais accès à son vrai monde à Maxine, et elle lui permet de devenir une partie de sa famille sans devenir elle-même une partie de la sienne.

Entretien avec Jhumpa Lahiri, auteure du livre

Un Nom Pour Un Autre parle d’immigrants indiens aux Etats-Unis et de leurs enfants. Selon vous, qu’est-ce qui distingue l’expérience des parents de celle des enfants ?
La question de l’identité est toujours délicate, mais elle l’est encore plus pour ceux qui sont déplacés culturellement, comme c’est le cas des immigrants, ou pour ceux qui ont grandi en se nourrissant de deux mondes, comme c’est le cas de leurs enfants. Plus je vieillis, plus je suis consciente d’avoir hérité de mes parents un sentiment d’exil, même si je suis certainement plus américaine qu’eux. En fait, j’ai encore beaucoup de mal à penser à moi comme à une Américaine - ce qui est bien sûr compliqué par le fait que je suis née à Londres. Je crois que pour les immigrants, les défis de l’exil, la solitude, le sentiment constant d’éloignement, le manque d’un monde perdu, sont plus explicites et plus pénibles que pour leurs enfants. D’autre part, les enfants d’immigrants ne se sentent ni d’un pays ni de l’autre. J’ai connu cela. Je n’ai jamais su répondre à la question « D’où êtes-vous ? ». Si je dis que je suis de Rhode Island, les gens ne sont pas satisfaits. Ils veulent en savoir plus, parce qu’ils ressentent une incohérence par rapport à mon nom et mon physique. Si je dis au contraire que je viens d’Inde, un endroit où je ne suis pas née et où je n’ai jamais vécu, ce n’est pas approprié non plus. Je me suis faite à ce paradoxe mais cela m’a beaucoup gênée en grandissant.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 7 461 entrées
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