A Cannes, lors de la conférence de presse, vous avez parlé de la dimension ironique du titre, Un Prophète.
Car cette dimension est réelle, mais apparemment, elle ne passe pas. Le film aurait aussi pu s’appeler Little Big Man par exemple. Ce titre agit comme une injonction, il oblige à comprendre quelque chose qui n’est pas spécialement développé, que c’est juste un petit prophète, un nouveau prototype de mec. A l’origine, je voulais trouver une équivalence française à « You Gotta Serve Somebody », une chanson de Dylan qui dit que l’on doit toujours être au service de quelqu’un. J’aimais le fatalisme et la dimension morale de ce titre, mais je n’ai pas trouvé de traduction satisfaisante, alors c’est resté
Un Prophète.