Notes de Prod. : Un soir au Club

Autour d'Un soir au Club

L'Adaptation du livre

« Au moment d’adapter un livre aussi fort que celui de Christian Gailly, des images me sont apparues, des thèmes, des idées et une volonté de respecter l’œuvre à laquelle je m’attaquais. Puis je me suis mis au travail avec Guy Zilberstein. J’ai passé plusieurs années en compagnie de Simon Nardis, Debbie Parker et Suzanne qui finalement n’a jamais eu qu’un prénom. Petit à petit, ils se sont installés dans ma vie, dans mon quotidien.

Ils ont pris leur place au milieu de mes obsessions, de mes désirs, de mes amis. Ils ont pris corps, Simon et Debbie d’un côté, Suzanne de l’autre. Ils me sont devenus à la fois proches et étrangers. Ils n’étaient plus les personnages d’un roman beau et captivant, ils étaient trois personnes qui vivaient près de moi et dont j’avais entrepris de raconter l’histoire. Ces trois personnes m’ont entraîné très loin de ce qu’elles étaient quand je les ai rencontrées. Ce sont elles qui m’ont amené jusqu’au film. Après, je pourrais revenir sur tous les aspects du livre qui m’ont intéressé au dé- part. Sur la musique, sur cet homme qui revient à sa passion, sur la nuit dans un grand port industriel, sur l’ambiance des villes de bord de mer, mais tout me ramène à eux et à leur destin, unique et partagé. Ils sont liés les uns aux autres, ils sont liés à moi, inextricablement. »

La Musique d' Un soir au Club

Dans la décision de filmer une histoire comme celle-ci, il y a bien sûr l’envie de filmer la musique, de l’écouter et de la voir. Dès le départ, mon envie était de demander à Michel Benita de créer une partition qui deviendrait rapidement le quatrième personnage du film. Ce personnage devait parler une langue intelligible de tous, pas de discours compliqué, pas de tournures savantes, pas une musique qui nécessite des efforts pour la comprendre. Une mu- sique qui donne envie de passer un moment avec elle. Les partitions écrites par Michel ont donné au film une grande part de son équilibre. Les interprètes lui ont donné sa profondeur et sa grâce. C’est le talent de tous ces musiciens qui ont su interpréter toute la bande son d'Un soir au Club sur le plateau pendant le tournage qui a créé ce fameux « quatrième personnage ». J’avais dressé devant Michel à peu près tous les obstacles possibles et imagina- bles. Peu de temps pour répéter, des musiciens qu’il ne connaissait pas, l’enregis- trement de toutes les musiques en « live ». Tous ces éléments sont devenus la force de la musique.
La rencontre avec le trio composé de Gaetan Nicot, Xavier Lugué et Marc Delouya, recrutés au cours d’une audition « évidente » à Brest. Antoine Hervé interprétant au piano les morceaux de Simon Nardis et les retranscrivant à la note près pour que Thierry Hancisse en restitue toutes les nuances devant la caméra. Se prêtant au jeu jusqu’au bout, Thierry interprète également quelques phrases lui-même dans Un soir au Club. Et par dessus tout ça, la silhouette, la présence, la voix d’Elise Caron. Elle est Debbie de la première à la dernière minute, de la première à la dernière note de musique. Rajoutant un petit Haïku* magique à la nuit Brestoise, quand l’orchestre s’est tu.

"J’ai fait ce film parce que j’aime la musique. J’ai fait ce film parce que j’aime les histoires d’amour. J’ai fait ce film parce que j’aime les lumières de la nuit, parce que j’aime les ambiances des ports industriels, les rues vides, les paysages laissés libres."

J’ai donc fait ce film qui parle d’amour en musique dans le port de Brest, la nuit, un soir. Faire un film, c’est rassembler dans un ordre qu’on juge idéal, des personnes et des lieux pour leur faire exécuter une partition. La meilleure partition dépendra toujours du talent de ses interprètes. J’ai eu beaucoup de chance. Des personnes extraordinaires m’ont aidé à raconter cette histoire simple et profonde. Thierry Hancisse. Il est Simon dans les moindres gestes, les moindres regards, les hésitations, les incapacités à décider de lui-même, les tentations, les envies. Il a donné à ce personnage toute sa fragilité et tout son talent.
On sait à peine d’où il vient et on ne sait pas où il ira. Le temps s’est arrêté. Il a fixé ses pas ici, au bout d’un quai, dans un club où il ne voulait pas entrer. Elise Caron. Qui pour incarner un fantasme ? Qui pour être la voix de cette musique ? Qui pour savoir être aussi lointaine et aussi proche, aussi honnête face aux senti- ments provoqués par l’arrivée de cet homme étrange ? Elle n’existe pas, mais elle est tellement réelle.
Marilyne Canto. Seule face à ce qu’elle sait, à ce qu’elle pressent. Suzanne n’a pas peur de perdre Simon, elle a peur que Simon se perde. C’est sur cette nuance que tout le personnage s’articule. Marilyne a rendu cette ligne tellement forte, tellement évidente. Puis il y a eu la rencontre avec Brest. La ville pour laquelle, sans que je le sache, le film avait été écrit. Un club mythique, l’Espace Vauban, des rues « San Franciscaines », le port et les navires à quai. Je ne veux parler ici que de ce que j’ai mis dans Un soir au Club, parler de ceux qui nous ont accueillis serait encore une autre histoire, encore des rencontres avec des personnes remarquables.

Jean Achache
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 85 entrées
  • 1er jour IDF : 306 entrées
  • 1ère semaine IDF : 2 816 entrées
  • Cumul IDF : 3 487 entrées

  • 1ère semaine France : 3 726 entrées
  • Cumul France : 4 565 entrées