Que s’est-il passé au Cameroun en février 2000 ?
Cette année-là, le chef de l’Etat a mis en place une unité spéciale de répression du grand banditisme, appelée le Commandement Opérationnel. Le Cameroun connaissait une insécurité grandissante, des gens étaient attaqués dans les rues ou braqués à leur domicile. Il importait de trouver les moyens de juguler cette montée de l’insécurité. Mais très rapidement, cette unité a commis des exactions. On découvrait des corps abandonnés dans les rues, des gens abattus sans procès. Un climat de terreur a été instauré dans la ville de Douala. Les personnes exécutées ne faisaient pas forcément partie du grand banditisme... La question pour moi ne se situe pas à ce niveau. Peut-être étaient-elles des bandits, peut-être pas. On ne le saura jamais. La question est de savoir si toute personne, accusée de contrevenir à la loi, a droit à un moyen de défense, à un procès qui permette d’établir la vérité des faits ? Pour moi la réponse est évidente. J’ai également rencontré des familles dont les enfants ont été victimes de la délation des voisins sans qu’aucune preuve de leur implication dans des actes de banditisme n’ait jamais pu être établie. Ces enfants ont été appelés pour être interrogés et ne sont jamais revenus.