La musique
J’ai été très marqué par les films de Jean-Pierre Melville, notamment ceux qu ’il a réalisés à la fin des années 1960. Pendant cette période, deux furent mis en musique par
Eric Demarsan et c ’est en revoyant L ’ARMÉE DES OMBRES que j ’ai mesuré l ’importance de ce compositeur. Avec Eric, nous avons travaillé en amont du tournage afin de créer un univers sonore qui n’intervienne pas de façon ponctuelle mais comme un véritable partenaire indissociable de l’intrigue. Il s’agissait d’inventer une musique capable d ’agir comme une seconde peau.
La disparition
En premier, le fait divers. Comment, du jour au lendemain, une personne peut disparaître dans la nature, s’évanouir totalement, ne laisser aucune trace et échapper aux statistiques du Ministère.
Il y a cette fascination pour l’effacement qui dépasse la simple perte d’identité. Mon intérêt s ’oriente autant vers les préoccupations schizophréniques de K.Dick que celles développées par les magazines à sensation. La seconde raison concerne le monde des détectives. Je me suis aperçu que le métier d’agent privé de recherches ne vit que pour ça ,“l ’effacement ”, puisqu’il ne faut pas être vu, passer son temps à se fondre dans le décor, à ne pas être décelable. J’y vois beaucoup de corrélations avec la disparition au sens large.