Notes de Prod. : Une éducation

    en DVD le 07 Septembre 2010

A propos des personnages d'Une éducation

Jenny (Carey Mulligan)

Carey Mulligan, qui interprète Jenny, la jeune lycéenne, observe : « Bien que l’histoire de mon personnage soit basée sur celle de Lynn Barber, elle peut aussi être vue comme une métaphore de cette époque. C’est à la fois un passage à l’âge adulte pour Jenny et la naissance des années 60. Tout le monde était très excité d’apprendre que je faisais un film sur les sixties, et quand je leur ai expliqué que ce n’était pas un film sur le flower power, et que l’histoire se passait avant cette époque, ils m’ont tous demandé « Il s’est passé quoi avant le flower power ? », et j’ai répondu « Pas grand-chose. »
Nick Hornby raconte : « Les parents de Jenny, Jack et Marjorie, sont des produits de leur époque. Cela commence à irriter Jenny, et David est la personne idéale pour la faire passer des années 50 aux années 60. C’est un peu comme si les « Swinging Sixties » arrivaient dans la cuisine de Jack et Marjorie à Twickenham quelques années avant qu’elles ne fassent leur apparition partout ailleurs. »

Le chef décorateur Andrew Mcalpine explique : « L’histoire se déroule à un moment charnière. Les Anglais n’utilisent plus de coupons de rationnement et commencent juste à vivre comme ils le faisaient avant la guerre. Jack et Marjorie savent que quelque chose est sur le point de changer, mais ils ne savent pas encore quoi et ils utilisent leur fille comme une intermédiaire pour comprendre le futur. Et ce futur, tel que nous le connaissons, va se révéler surprenant. »

Jack Mellor, le père de Jenny (Alfred Molina)

Le père de Jenny, Jack Mellor, est un petit fonctionnaire qui ne rêve que d’une vie meilleure pour sa fille, au point que c’en est pour lui une obsession. Ayant grandi durant les années de restrictions de l’après-guerre, il aspire à passer à une nouvelle ère. Son interprète, Alfred Molina, déclare : « La mentalité de cette époque était très liée à la Guerre Froide. Les gens avaient une vision très étriquée de la vie qui se limitait au travail et à la famille. Tout était plutôt morose. D’un seul coup, ce personnage exotique qu’est David fait irruption dans le monde monochromatique de Jack. C’est un peu comme si un paon entrait dans un pigeonnier et étalait ses couleurs, il est aussi fascinant qu’effrayant. »

David (Peter Sargaard)

David, le prétendant plus âgé de Jenny, est joué par Peter Sarsgaard.
L’acteur américain explique : « L’arrivée de la pilule contraceptive au début des années 60 a préparé l’explosion de toutes ces choses qui ont été refoulées pendant si longtemps. Les gens mouraient d’envie de s’amuser et beaucoup d’entre eux étaient prêts à le faire sans se soucier des règles. C’est une chose qu’on retrouve chez David - il a attendu pendant huit ans - et maintenant il ne pense plus qu’à une chose : s’amuser. » Nick Hornby remarque : « Il aurait été difficile de faire croire au public que la relation entre Jenny et David avait un sens si nous avions présenté David comme Lynn l’a fait dans son texte. Lone Scherfig, la réalisatrice, a donc voulu adoucir leur relation et atténuer certains aspects de David, et renforcer les liens qui unissent les personnages de façon à susciter l’attention et la sympathie des spectateurs. »

Lone Scherfig explique : « Chaque acteur fait ce qu’il veut avec son personnage, chacun a son point de vue personnel dessus. Mon travail est de prendre en compte leur point de vue, mais aussi de voir l’histoire depuis le point de vue des spectateurs. » Peter Sarsgaard a été capable de laisser de côté tout jugement sur son personnage et ses actions. Il raconte : « Quand David est avec Jenny, c’est un peu comme s’il découvrait le monde pour la première fois. Il s’émerveille devant tout, les voitures, Paris, tout lui semble extraordinaire. Il ne s’agit pas de sexe, mais de la vie. David n’est pas un pervers, c’est juste un type qui veut profiter de la vie. »
Dominic Cooper, l’interprète du meilleur ami et associé de David, Danny, observe : « Comme David, Peter a quelque chose de très enfantin. Tout l’amuse. On sent chez lui quelque chose d’un peu dangereux, mais dans l’ensemble il semble être un garçon digne de confiance et très sympathique. »

Peter Sarsgaard et Carey Mulligan ont décidé que David devait séduire Jenny dans la scène où ils se rencontrent pour la première fois dans la voiture. L’actrice refusait de faire ce qui était écrit dans le scénario pour son personnage à moins d’être elle-même séduite. Heureusement, le charme de Peter Sarsgaard s’est révélé irrésistible… Lone Scherfig raconte : « David est très séduisant ; son charme agit de manière subtile, et une partie de mon travail était de séduire le public comme il séduit Jenny. Si on savait ce qui se passe derrière ce beau visage, l’histoire serait trop prévisible. Les spectateurs devaient donc l’apprécier et le trouver sympathique.

C’est un personnage très intéressant, et plus il montrait son vrai visage, plus je le trouvais fascinant. » Nick Hornby remarque : « J’ai beaucoup aimé l’idée que David était un aperçu de ce qui allait venir. Il est le produit d’une société qui, d’une certaine façon, ne veut plus des règles et de l’austérité du passé. Il veut goûter aux bonnes choses de la vie, pas seulement l’argent et la frime, il s’intéresse à ce qui se passe, il veut écouter de la musique, lire, voir des films. Il est bien plus intéressé par le monde qu’il n’y paraît au premier regard. »

Alfred Molina note : « David teste les limites du père de Jenny, mais aussi ses préjugés. Le racisme était très présent dans toutes les classes de la société anglaise de l’après-guerre, pas seulement dans la haute société. Malgré les horreurs dont nous étions déjà informés, malgré ce qui s’était passé dans les camps en Europe, il y avait encore un fort courant d’antisémitisme en Angleterre.
C’est une chose qui faisait partie du scénario de Nick Hornby, il a parfaitement su replacer cette histoire dans son contexte. » Peter Sarsgaard se souvient : « J’ai joué un homme qui a le sentiment d’être un étranger, un homme qui prétend être une personne qu’il n’est pas. C’était assez troublant parce que pendant toute la durée du tournage j’ai fait exactement comme lui : j’ai essayé de me faire passer pour un autre. »

Pour les costumes de David, la chef costumière Odile Dicks-mireaux s’est beaucoup inspirée des films de l’époque, et en particulier de Sean Connery dans le premier James Bond, James Bond 007 Contre Dr. No. Elle explique : « C’était un look très moderne pour l’époque, une véritable transition entre les années 50 et 60. » L’idée de jouer une adolescente de 16 ans a d’abord créé chez Carey Mulligan une certaine panique. Elle raconte : « J’avais 22 ans quand nous avons tourné le film, et j’avais peur de ne pas être crédible dans la peau d’une jeune fille de 16 ans. Et puis je me suis souvenue de moi quand j’avais cet âge, et j’ai réalisé que je n’étais pas si différente, ma voix n’était pas plus aigue et je ne passais pas mon temps à rire bêtement.
La seule chose qui a changé, c’est qu’en vieillissant on réalise mieux que nos mots peuvent blesser les autres. On fait plus attention à ce que l’on dit, on devient davantage capable de se maîtriser. » Nick Hornby remarque : « Carey est hallucinante dans Une éducation. Je ne l’avais jamais vue avant que Finola me dise qu’ils allaient l’engager. Quand j’ai demandé quel âge elle avait, et qu’ils m’ont répondu 21 ou 22 ans, je me suis emporté et j’ai dit qu’ils allaient tout gâcher parce que Jenny devait avoir 16 ans. Je comprenais très bien pourquoi ils faisaient cela, mais j’étais persuadé que cela ne pouvait pas marcher.
Et pourtant, quand on la voit dans les scènes qui se déroulent à l’école, on se dit : « Eh ! Elle est bien trop jeune pour coucher avec quelqu’un ! Ce serait indécent ! » C’est vraiment incroyable, elle joue cette jeune fille de 16 ans sans qu’on doute une seule seconde qu’elle a bien cet âge, et quelques scènes plus loin, avec un peu de maquillage et une coupe de cheveux différente, elle se transforme en Audrey Hepburn. »

Odile Dicks-mireaux raconte : « Le long parcours de Jenny est ponctué par de nombreux changements. Au début, elle ressemble à toutes les adolescentes de 16 ans qui portent un uniforme d’écolière. Ensuite, elle est transformée par Helen. Cette première transition a été très difficile parce qu’il était important de montrer au public qu’elle était en train de devenir une autre personne, tout en restant une jeune fille. » Carey Mulligan a trouvé que porter un uniforme et tourner dans une salle de classe l’a aidée à ressembler à une adolescente et à penser comme telle. Elle explique : « Je me sentais hideuse dans cet uniforme et sans s’en rendre compte, toute l’équipe s’est mise à me traiter comme si j’avais 12 ans. Ils ont même arrêté de jurer en face de moi. Je me souviens que durant une scène dans la salle de classe, j’ai commencé à me dire : « Mon Dieu, qu’est-ce que je m’ennuie ! »
C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que j’étais redevenue une écolière et qu’il fallait que je me secoue un peu. »

Helen, la petite amie de Danny (Rosamund Pike)

La transition de Jenny de l’adolescente qui s’ennuie à la jeune femme presque adulte est encouragée par Helen, la belle et excentrique petite amie de Danny, l’associé et ami de David.
Le personnage est interprété par Rosamund Pike. L’actrice raconte : « Quand Helen rencontre Jenny, elle pense : « Chouette ! Une autre gamine avec laquelle je vais pouvoir jouer ! » Helen est très affectueuse, mais la protection qu’elle offre ne dépasse pas le domaine vestimentaire. Elle saura vous empêcher de vous habiller n’importe comment pour une soirée, mais je ne suis pas certaine qu’elle soit capable de vous empêcher d’avoir des rapports non protégés. » Dans son article, Lynn Barber avouait qu’elle était presque aussi amoureuse de Danny et Helen, les amis de David, que de David lui-même. Nick Hornby commente : « Danny et Helen ont une importance cruciale pour Jenny. Elle est bien sûr séduite par David, mais ce qui la fait basculer est de pouvoir passer du temps avec Danny et Helen dans leur maison, entourée de toutes les belles choses qui leur appartiennent, comme le violoncelle signé Lockey Hill et les peintures, et les superbes vêtements d’Helen qui lui en donnera même quelques-uns.

En réalité, Jenny est séduite par trois personnes. C’est pour cela qu’elle prend autant de risques avec sa propre vie. Son parcours a aussi été très influencé par sa rencontre avec Danny et Helen. » Dominic Cooper remarque : « Ce genre d’histoire se produit tous les jours et nous pouvons tous comprendre ce qui arrive à Jenny. En grandissant, on prend parfois de mauvaises routes, on fait des erreurs, des expériences qu’on n’aurait pas dû faire.

On oublie ce qui est vraiment important. Tout le monde a vécu cela, et je comprends très bien le fait de trouver fantastique et attirant un monde qui n’est pas le sien. » La productrice Amanda Posey note : « En lisant le scénario pour la première fois, beaucoup de gens se sont sentis touchés par la trahison, par l’idée d’avoir été trompé par une personne qui n’est pas celle qu’elle semblait être. Cela nous a fait comprendre que cette histoire était universelle. »

Le Professeur d’anglais (Olivia Williams)

L’actrice Olivia Williams, qui joue le professeur d’anglais de Jenny et son mentor, Miss Stubbs, raconte : « Je ne me suis jamais trouvée dans une situation semblable à celle de Lynn Barber ou de Jenny, mais avec une amie il nous arrivait de sortir et de prétendre que nous étions plus vieilles que nous ne l’étions. Nous allions boire et danser avec des hommes qui avaient une trentaine d’années.

Avec le recul, je me demande à quoi ils pouvaient penser. Que faisaient-ils avec des filles dont on voyait clairement qu’elles n’avaient que 15 ans ? » La productrice Finola Dwyer se souvient : « J’ai beaucoup discuté avec Amanda Posey des histoires que nous avons eues avec des hommes plus âgés quand nous étions au lycée, et nous avons fini par réaliser que presque tout le monde avait eu une expérience avec un homme ou femme plus vieux que soi.
Je pense que c’est universel, quand vous êtes jeune vous voulez avoir ce que vous n’avez pas, vous voulez échapper à ce qui vous paraît une vie ennuyeuse et rencontrer des personnes intéressantes et drôles qui vont transformer votre univers. »

Pour Lone Scherfig, Jenny reste l’actrice principale de sa propre histoire : « Même si David est bien plus vieux qu’elle, et donc un peu plus responsable, Jenny n’est pas vraiment une victime. Elle participe activement à ce qui se passe, elle fête ses 17 ans durant cette histoire et même si elle est encore innocente, elle n’est plus vraiment une enfant. Au final, cette histoire est celle de la perte de son innocence, et David est le grand méchant – c’est une chose que je devais sans cesse me rappeler parce que j’étais moi-même sous son charme... »

Finola Dwyer raconte : « Toutes les jeunes filles que nous avons auditionnées ont adoré le scénario parce qu’elles avaient presque toutes une histoire semblable à nous raconter, souvent à la grande surprise de leurs parents. » Lone Scherfig déclare : « J’ai toujours dit que dans un film, un enfant qui perd son innocence a autant de poids que la mort de 500 soldats. Tout dépend de l’importance qu’on donne aux choses. Jenny est à un tournant de sa vie, et c’est ce qui rend Une éducation aussi émouvant que bien d’autres où il se passe des choses beaucoup plus dramatiques. J’espère que peu de personnes ont vécu ce qui lui arrive dans le film, mais je pense que le public comprendra son histoire. »

Amanda Posey conclut : « Lynn Barber s’est beaucoup impliquée dans le projet et nous a beaucoup aidés jusqu’à ce qu’elle ait suffisamment confiance en nous pour nous laisser faire ce que nous voulions. En regardant Une éducation pour la première fois, elle a même dit qu’il était tellement passionnant qu’elle voulait absolument savoir ce qui allait arriver au personnage à la fin. Elle avait presque oublié que c’était sa propre histoire. »

Extrait du livre An Education

Avec le recul, je trouve ahurissant de ne jamais lui avoir posé de questions. La faute en incombe à Albert Camus… Une des règles de l’existentialisme tel que je le pratiquais avec mes disciples de la Lady Eleanor Holles School était qu’il ne fallait jamais poser de questions. Poser des questions montrait que vous étiez naïf et bourgeois, ne pas en poser que vous étiez sophistiqué et français. Et mon plus cher désir était d’être une personne sophistiquée.

Une éducation : Notes de production

L’histoire
Une éducation est l’histoire d’une adolescente qui devient adulte dans l’Angleterre du début des années 60, à cette période charnière entre l’après-guerre rigide et l’esprit de liberté de la décennie suivante. Le film a été tourné au printemps 2008 à Londres et dans ses environs, à Oxford et Paris, et sur les plateaux des studios de Twickenham.