Qui n'a jamais rêvé d'épouser un mannequin?En faisant surgir un personnage qui n’a rien d’humain dans sa vie et celle de ses proches, Lars va changer l’existence d’un village entier...
Lars Lindstrom n’a jamais quitté son petit village du Midwest. Modeste employé de bureau, il vit dans le garage aménagé de la maison de son enfance, désormais occupée par son frère, Gus, et sa belle-sœur, Karin. Replié sur lui-même, Lars évite tout contact humain. Sa vie sociale se résume à la messe du dimanche et quelques conversations avec ses collègues de travail. Il refuse toutes les invitations de Gus et Karin et fuit Margo, une jeune collègue, qui ne manque jamais une occasion de l’approcher...
Alors que Gus s’est résigné au comportement de son frère, Karin, enceinte de leur premier enfant, essaye désespérément de sortir son beau-frère de son isolement et d’entretenir des relations familiales normales. Lorsque Lars présente Bianca à Gus et Karin, « une jeune femme mi danoise, mi brésilienne », ils sont très surpris. Pour Lars, Bianca est une jeune fille timide et vertueuse élevée par des nonnes et qui se déplace en fauteuil roulant. Gus et Karin acceptent tout de même d’héberger cette nouvelle invitée.
Emily Mortimer (Karin) : « L’arrivée de Bianca provoque un séisme dans la famille. Gus a peur que les gens ne prennent son frère pour un fou et ne sait pas comment réagir. Karin va essayer d’apaiser ses craintes et maintenir les liens fraternels. »
Craig Gillespie (réalisateur) : « Karin est une figure maternelle pour Lars. Forte et résolue, tout en étant douce et affectueuse, elle est le ciment de cette famille. »
Paul Schneider (Gus) : « C’est une situation vraiment très difficile pour Gus. Il doit non seulement vivre avec ce frère dont tout le monde se moque mais en plus jouer le jeu en faisant preuve de patience pour épauler la femme qu’il aime. L’arrivée de Bianca est cependant un véritable choc qui met à nu les problèmes entre les deux frères mais permet aussi de les exorciser. »
Karin propose à Lars d’emmener sa nouvelle amie Bianca chez le médecin de famille pour s’assurer que le changement de climat n’a pas affecté sa santé.
Patricia Clarkson (Dr Dagmar Berman) : « Au début, mon personnage ne sait pas comment s’y prendre. Elle sait que le jeune homme considère Bianca comme une personne réelle et demande à ce que tout le monde en fasse autant pour le ménager, jusqu’à ce qu’elle trouve un traitement approprié. A chaque nouvelle visite, Lars lui parle des problèmes de Bianca, qui reflètent ses propres difficultés. Mais il sent bien que le Dr. Berman lui cache ses véritables motivations, l’empêchant de se confier complètement à elle. Tout au long du film, mon personnage reste neutre, ouvert, tolérant et très patient avec Lars. »
Craig Giilespie : « Le Dr. Berman explique à Gus et Karin que le délire de Lars pourrait être l’occasion d’évacuer ses problèmes. Ils décident de jouer le jeu et demandent à la communauté d’en faire autant en accueillant Bianca. Bien que réticents au départ, la plupart des gens acceptent de les aider. Rapidement, Bianca devient pour tout le monde bien plus utile qu’on ne l’aurait imaginé. »
Nancy Oliver (scénariste) : « C’est une réaction qui illustre très bien la faculté d’intégration de l’être humain. Toute la communauté accepte Bianca et profite de ses « compétences ». Je me suis souvent demandée ce qui se passerait si tout le monde traitait les gens qui ont subi un choc psychologique avec humanité et tolérance plutôt que de les isoler. C’est ce qu’essayent de faire les habitants de cette ville. Même s’ils ne comprennent pas ce qui se passe dans la tête de Lars, ils font tout pour l’aider et ne pas le laisser isolé. »
Tolérance et entraide sont les principaux thèmes du film.
Ryan Gosling (Lars) : « Les personnages sont montrés avec beaucoup de tendresse. Contrairement aux films où on se focalise sur la capacité destructrice de l’humain, celui-là croit en la bonté et l’altruisme des gens. J’ai beaucoup d’admiration pour Lars ; bien qu’il se sente très seul, il a fait le choix d’aimer sans rien attendre en retour. Il est fragile mais remarquablement généreux par nature. »
Emily Mortimer : « Dans ce genre de film, on pourrait s’attendre à ce que le type un peu étrange soit rejeté par la société. Mais ici, l’intégration de Bianca par la communauté participe aussi à celle de Lars. Ce sont des gens simples, ils font du mieux qu’ils peuvent. Ils prennent Bianca très au sérieux et avec le temps, ils vont même développer avec elle une relation personnelle. Pour Karin, cette poupée devient une amie, une personne avec qui elle peut partager des secrets, parler chiffons et elle s’amuse à l’habiller et la coiffer. C’est assez touchant parce qu’étant enceinte, elle ne cesse de prendre du poids et se sent de moins en moins sexy, contrairement à Bianca qui reste une créature de rêve.»
Avec Bianca, Lars fait ses premiers pas dans l’art difficile de la séduction. Alors qu’il lui fait visiter les endroits préférés de son enfance, il trouve le courage de lui donner la sérénade du haut d’une cabane perchée dans un arbre.
Ryan Gosling : « A un moment, il fallait que Lars se dévoile et montre sa fragilité. J’ai donc réfléchi à ce qui pourrait me rendre aussi vulnérable que lui et je me suis aperçu que le plus difficile serait de chanter... »
Les premiers effets bénéfiques de la présence de Bianca se font sentir quand Lars accepte une invitation chez un collègue de travail.
Nancy Oliver : « Même si sa petite amie est en silicone, il peut, grâce à elle, participer aux activités de la communauté. Elle lui donne le sentiment d’être normal. Tout le monde est un peu surpris au début, puis l’étrange couple devient le centre de toutes les attentions. Lars est très fier parce que Bianca est la plus sexy de la soirée. Avant cela, il était incapable de discuter avec autant de personnes dans une pièce. Cette soirée marque sa première occasion de s’épanouir. »
Alors que Lars sort progressivement de sa coquille, le Dr. Berman parvient à saisir la cause de ses problèmes : « Lars est atteint d’aphenphosmophobie, la peur d'être touché. De plus, il est perturbé par la grossesse de Karin et redoute l'arrivée du bébé parce que sa mère est morte en lui donnant la vie. Pour Lars, la naissance est étroitement liée à la mort et plus Karin avance dans sa grossesse, plus ses peurs s’intensifient. Le fait
que Karin soit pour Lars une sorte de substitut maternel ne fait qu’exacerber ses angoisses. »
L'évolution de Lars devient plus apparente quand sa peur de Margo se transforme en jalousie lorsqu’elle se trouve un petit ami, émotion qu’il n’imaginait pas. A mesure qu'il se prend d'affection pour Margo, sa relation avec Bianca se dégrade.
Craig Gillespie : « Au contact de Bianca, Lars a appris à se comporter avec les gens, et avec les femmes en particulier. Il est attiré par Margo et plus il essaye de rester fidèle à Bianca, plus sa frustration grandit. »La chaleur au coeur de l'hiver : le tournageCraig Gillespie : « Nous avons décidé de débuter le tournage en hiver pour coïncider avec le scénario. Les grandes étendues de ciel vide renforçaient le sentiment de solitude. La neige et le froid étaient aussi des éléments importants parce que le film parle justement de chaleur humaine. Cette histoire a quelque chose du conte de fées et la lumière douce de l’hiver était parfaite pour l’éclairer. » Le Monde selon LarsNancy Oliver : « J’ai vu beaucoup de choses étranges en surfant sur Internet. Un jour, je suis tombée sur le site de RealDoll, une société près de San Diego qui fabrique des poupées en silicones particulièrement réalistes. Cela m’avait beaucoup marquée parce qu’au-delà de l’usage qui en est fait, ces poupées soulignaient surtout le fait que certaines personnes sont incapables d’avoir des relations humaines normales. C’est exactement le problème de Lars : il n’a jamais connu l’amour d’une femme ou d’une mère et désire plus que tout un peu de tendresse et d’affection. » |
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