La chaleur au coeur de l'hiver : le tournageCraig Gillespie : « Nous avons décidé de débuter le tournage en hiver pour coïncider avec le scénario. Les grandes étendues de ciel vide renforçaient le sentiment de solitude. La neige et le froid étaient aussi des éléments importants parce que le film parle justement de chaleur humaine. Cette histoire a quelque chose du conte de fées et la lumière douce de l’hiver était parfaite pour l’éclairer. »
John Cameron (producteur) : « L’histoire se déroule dans le Midwest et s’étend de l’hiver jusqu’au printemps. Les paysages, les gens et les maisons ont tous quelque chose d’assez austère que notre directeur de la photo a su mettre en valeur. Que ce soit la photo, les décors ou les costumes, tout a été pensé dans cette optique. »
Pour capter la lumière naturelle désirée, il fallait aller le plus loin possible vers le nord tout en restant dans une zone qui permette de réunir une équipe et de trouver du matériel. Toronto était le choix le plus logique. Craig Gillespie voulait filmer un maximum de scènes dans des lieux authentiques pour ancrer dans la réalité cette histoire incroyable.
Un des extérieurs du film, la maison des Lindstrom, se situe dans la petite ville de Whitevale à l’est de Toronto. Abandonnée il y a plusieurs années pour construire un aéroport qui n’a finalement jamais vu le jour, Whitevale est aujourd’hui une ville fantôme.
Ryan Gosling : « Les gens ont vendu leurs maisons. Tout est vide et perdu en plein milieu de la campagne, c’est assez angoissant ! On dirait une ville de vampires ! Pour me sentir plus proche de mon personnage, je dormais dans l’appartement qui est dans le garage de la maison où nous avons tourné. Comme il n’y avait rien ni personne autour, c’est vite devenu très effrayant et j’ai fini par dormir avec les lumières allumées ! »
Emily Mortimer : « Nous étions tous très impressionnés par Ryan Gosling. Dormir dans un lieu aussi lugubre montrait à quel point il s’impliquait dans son personnage. »
Pour tous les acteurs du film, le plus étrange n’aura pas été de voir Ryan Gosling dormir dans un garage, mais d’avoir une pourpée en silicone en guise de partenaire.
Kelli Garner (Margo) : « Pour moi c’était très bizarre, parce que mon personnage est en concurrence directe avec Bianca pour obtenir l’affection de Lars. Je ne savais pas quoi faire avec elle ; la voir assise dans une chaise quand elle ne servait pas était vraiment étrange. Comme elle coûte assez cher, j’évitais de la toucher. En fait, je me sentais très mal à l’aise ! J’avais le sentiment que c’était un peu un objet sacré pour Craig Gillespie et Ryan Gosling, alors j’essayais de ne pas trop m’en occuper. »
John Cameron : « D’un point de vue pratique, nous avons travaillé avec Bianca comme nous l’aurions fait avec n’importe quelle actrice, c’est-à-dire avec beaucoup de respect. Personne ne faisait de blagues sur elle, nous voulions avant tout maintenir l’idée qu’elle était une vraie personne pour Lars. Nous avons donc demandé à toute l’équipe de la considérer comme telle. »
Ryan Gosling : « Bianca est une actrice très expressive. Même quand elle ne dit rien, elle communique énormément de choses. C’était assez incroyable à voir. Son jeu est d’une qualité rare. Pour être honnête, c’est très intimidant parce que contrairement à beaucoup d’acteurs qui arrivent devant les caméras en sachant ce qu’ils vont faire, Bianca improvise toutes ses scènes. C’est très difficile de s’habituer à une telle liberté quand vous lui donnez la réplique, il faut s’avoir s’adapter et ne pas essayer de la contrôler. J’ai beaucoup appris avec elle. Vraiment beaucoup ! »
Emily Mortimer : « Plus sérieusement, le ton du film était très délicat à maintenir parce qu’il était à la fois sérieux et comique. Le texte est bien écrit et nos répliques souvent désopilantes, mais il fallait toujours éviter de tomber dans la farce pour ne pas gâcher la profondeur de l’histoire. Lars essaye de surmonter sa peine, sa solitude, son inaptitude sociale, son sentiment de rejet et son incapacité à exprimer ses émotions. Nous connaissons tous plus ou moins cette histoire, ayant un jour ou l’autre rencontré un de ces problèmes. La présence de Bianca la rend rafraîchissante, étrange, différente et nouvelle. » Qui n'a jamais rêvé d'épouser un mannequin?En faisant surgir un personnage qui n’a rien d’humain dans sa vie et celle de ses proches, Lars va changer l’existence d’un village entier...
Lars Lindstrom n’a jamais quitté son petit village du Midwest. Modeste employé de bureau, il vit dans le garage aménagé de la maison de son enfance, désormais occupée par son frère, Gus, et sa belle-sœur, Karin. Replié sur lui-même, Lars évite tout contact humain. Sa vie sociale se résume à la messe du dimanche et quelques conversations avec ses collègues de travail. Il refuse toutes les invitations de Gus et Karin et fuit Margo, une jeune collègue, qui ne manque jamais une occasion de l’approcher... Le Monde selon LarsNancy Oliver : « J’ai vu beaucoup de choses étranges en surfant sur Internet. Un jour, je suis tombée sur le site de RealDoll, une société près de San Diego qui fabrique des poupées en silicones particulièrement réalistes. Cela m’avait beaucoup marquée parce qu’au-delà de l’usage qui en est fait, ces poupées soulignaient surtout le fait que certaines personnes sont incapables d’avoir des relations humaines normales. C’est exactement le problème de Lars : il n’a jamais connu l’amour d’une femme ou d’une mère et désire plus que tout un peu de tendresse et d’affection. » |
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